‹ Contribution à l'Étude du Traitement Chirurgical Des Vertiges labyrinthiquesChapitre 11 sur 26 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Il n'entre pas dans ce chapitre d'entreprendre une symptomatologie générale des accidents vertigineux pouvant survenir au cours des otorrhées.Ils sont parfaitement décrits partout. Nous voulons simplement rapporter une série de cas concrets dans lesquels la violence des vertiges, qu'aucun traitement médical n'avait pu améliorer, nous a conduit à envisager et à pratiquer la trépanation labyrinthique.

Observations

Les deux premières observations rapportées ici nous ont été communiquées par MM. les docteurs Hautant et Ramadier. Ce sont elles qui ont fait l'objet de leur étude dont nous avons parlé plus haut. Les quatre autres nous sont personnelles.

L'examen acoumétrique de nos malades a été fait selon les règles habituelles.

L'examen veslibulaire a été pratiqué toujours de la

façon suivante :

1° Examen de l’équilibration

a) Epr. de Romberg.

b) Epr. de Stein. — Nous nous sommes bornés ici à

l'épreuve de la station sur une jambe, les yeux ouverts, puis fermés.

c) Epr. de Babinski- Weil. — Le sujet, les yeux bandés, faisait cinq aller et retour, parcourant cinq mètres dans chaque sens. | :

d) Epr. de l'indication. — Nous faisions étendre «les deux bras du malade, horizontalement et directement devant lui les deux index allongés comme pour « faire les cornes » et éloignés l'un de l’autre de toute

la largeur du corps ». Hautant.

2" Epreuves nystagmiques

a) ÆEpr. calorique. — En principe nous nous en sommes tenus à l'épreuve par l'eau froide. Epreuve fondamentale des canaux semi-circulaires elle a été étudiée dans de multiples travaux. Mais sa technique a été diversement réglée par les auteurs et les déductions que l'on en peut tirer ont peut-être été un peu trop précisées quant à ce qui concerne l’excitabilité vestrbulaire. Dans un article récent le docteur Hautant (1) a montré comment devait être pratiquée l'épreuve calorique et comment l'on devait interpréter ses résultats. Ce sont ces règles suivies dans l'examen des malades à l’hôpital Saint-Antoine, que nous avons suivies nous-mêmes ici. Nous les résumons très brièvement.

L'injection est faite avec un bock placé à © m.25 audessus du pavillon de l'oreille, ou avec un énéma dont on comprime la poire avec douceur.

L'eau doit être à 30 degrés, et l’on fait circuler dans

1. Hautant, le Réflèxe nystagmique. (Archives d'Ophtalmolog'ie, nOV. 1920).

— 31 — 4 le conduit auditif 30 centimètres cubes. Il suffit alors d'attendre vingt ou trente secondes pour voir le réflexe apparaître.

Chez un individu normal, le nystagmus ainsi produit est facilement constatable quand le regard est tourné vers l'oreille non injectée. Il s'accompagne en général de phénomènes subjectifs légers et fugaces : sensation vertigineuse, parfois nausées.

Mais le nystagmus vestibulaire peut être à l’état d’ébauche et dans ce cas difficile à mettre en évidence. LH suffit alors de placer devant les yeux du sujet des lunettes à verres dépolis ; le malade ne peut plus fixer et le nystagmus apparaît tandis que l'observateur aperçoit à travers ces verres dépolis les deux pupilles comme deux gros points foncés dont il peut suivre les oscillations.

Quant aux résultats de cette épreuve ils ont. été très étudiés par de nombreux auteurs qui ont cherché à mesurer l’intensilé des réflexes provoqués et par suite le degré d’excitabilité du labyrinthe postérieur. Et ils ont proposé comme terme de mesure, les uns, l'espace de temps écoulé entre le début de l'injection et l'apparition du aystagmus, les autres, la durée du réflexe, les troisièmes, enfin, la masse d’eau nécessaire à son apparition. Mais toutes ces mesures sont sujettes à de grandes variations individuelles (du simple au double), et en pratique il suffit simplement de chercher si le réflexe est normal, nui, ou diminué.

Le réflexe est normal : 1° si le nystagmus se mani-

feste sous forme de grandes oscillations ; 2° s’il varie

* avec les diverses positions de la tête ; 3 Si, en position

de Romberg, le sujet présente une ébauche de troubles de l'équilibre, et s'il accuse une sensation vertigineuse de rotation.

Le réflexe est nul: 1° Si les secousses nystagmiques manquent ainsi que les troubles de l'équilibre ; et cela après répétition de l'épreuve avec une très grande quantité d’eau à 20 degrés ou même à 15 degrés.

Le réflexe est diminué : 1° Quand l'amplitude des secousses est petite ; 2 quand les troubles de l'équilibre et la sensation verligineuse manquent ; 3 enfin, fait important sur lequel insiste le D' Hautant, quand « la répétition de l'épreuve avec une quantité d'eau plus grande et à plus basse température n’accroît pas l’intensité de la réaction. »

b) Æpr. rotaloire. — Nous l'avons pratiquée selon la règle habituelle, soit dix tours en vingt secondes.

c) Epr. voltaïique. — Appliquant les électrodes audevant des tragus nous avons recherché seulement les troubles de l'inclination, les bruits subjectifs, et parfois aussi le nystagmus. Mais .cette dernière recherche est souvent difficile soit que l'épreuve devienne fort pénible au malade soit que celui-ci pris de vacillement important il devienne vraiment délicat d'observer les mouvements de ses globes oculaires.

d) Epr. pneumatique. — Nous employions un spéculum de Siegle avec lequel nous faisions à notre gré la compression ou l'aspiration (1).

1. Voir Ramadier, L'épreuve pneumatique du vestibule dans l'hérédosyphilis auriculaire (Presse Médicale, 6 août 1921).

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