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Et pourtant :
Botey (de Barcelone) (x), après expérimentation chez les animaux, pratiqua la ponction de la fenêtre ronde dans des cas de vertiges et de bourdonnements : « Chez deux malades, atteints de sclérose avancée avec bourdonnements, la perforation de la membrane ronde fat exéeutée facilement et rapidement... L’acuité auditive pour la voix qui n’était que de 20 centimètres, se maintint. Ceci prouve évidemment que cette opération est complètement inoffensive pour Faudition, car, même en supposant que l’on blesse l’extrémité vesti-
bulaïre des rampes du limaçon, donnant issue à l’en-
dolymphe et à la périlymphe à la fois, ces lésions partielles du labyrinthe n’influencent pas sensiblement l’acuité auditive dans le cas de sclérose avancée. »
Jenkins (2) rapporte le cas d’une jeune fille de 22 ans, atteinte de surdité nerveuse à gauche et de vertige. « Pas de réaction calorique. Rien dans l'état général. Il pense que la malade est atteinte d’une affection du labyrinthe se manifestant par une pression exagérée de la périlymphe. Il s’est proposé d'ouvrir l'espace périlymphatique. L'opération a été exécutée et trois heures après l’ouverture du canal semi-circulaire la malade à été prise d'un violent vertige avec nystagmus spontané et vomissements continuels. Deux jours après, le vertige ne paraissait qu'aux mouvements de la tête. Pas
1. Botey, la ponction de la fenétre ronde dans les vertiges, bourdonrements et quelques affections du labyrinthe (Annales O. R. L., 1897).
2. Jenkins, Société roy. de méd, sect. d’otologie (J.of laryngology, 1911, n° 5-8; 1912 n° 4).
de bourdonnements d'oreille. La voix haute entendue avant l'opération à 1 mètre est entendue maintenant à 4 mètres. Quinze jours après l'opération, la malade quitte l'hôpital. Un mois après l'opération, la malade, dans un excellent état de santé, entend la voix haute à 5 mètres. Les épreuves caloriques sont négatives. »
Nous ne voulons pas ici discuter de pareils faits. Au surplus, si chez deux de nos opérés, nous avons également observé quelques restes auditifs après l’intervention, nous devons faire remarquer que dans leur äppréciation entrent de nombreuses causes d'erreurs, qu'ilest probable que ces restes iront en diminuant, et qu’en tous cas ils étaient chaque fois inutilisables dans la vie courante, Et nous conservons donc notre formule : Trépanation labyrinthique — surdité totale.
IL. Au cours d'une otorrhée avec vertiges, l'évidement est parfois suivi d'une amélioration notable. — Lorsqu'on pratique un évidement pétro-mastoïdien au cours d'une otorrhée compliquée de vertiges &vec ou non une surdité labyrinthique plus ou moins complète, les choses évoluent différemment suivant les cas. Dans l’évolution la plus favorable, surdité et vertiges s’améliorent considérablement. Cela se voit surtout lorsque ces troubles sont récents et que, semble-t-il, les lésions non encore constituées peuvent rétrocéder.
II. L’évidement n'est suivi d'aucune amélioration. — Mais dans un certain nombre d’autres cas, surdité el vertiges persistent. Cela se voit plus volontiers lors-
que les accidents remontent déjà à une époque assez
lointaine. On est en droit de penser alors que les
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lésions, à la faveur du temps, se sont installées, irrémédiables, définitives, et l’on comprend alors que la simple radicale ne puisse rien contre elles.
IV. Les vertiges et la surdité qui ont persisté après l'évidement, résistent en général au traitement médical. — Lorsque ces accidents, surdité et vertige, n’ont pas été améliorés par l’évidement, ils manifestent une ténacité désespérante. La surdité reste telle qu’elle était avant l'intervention, s’aggravant même parfois. Quant aux vertiges ils se manifestent par des crises plus ou moins violentes avec souvent un état vertigineux continu sur lequel viennent se grefler ces paroxysmes avec une fréquence variable. Le nerf vestibulaire irrité, réagit, mais les lésions ne semblent pas pouvoir arriver à le tuer. Et l’on en trouve la preuve chez ces malades par la persistance des réactions vestibulaires, plus ou moins troublées sans doute, mais démontrant cependant toujours l’excitabilité du nerf. Ce fait est à opposer à ce que l’on observe dans les labyrinthites chroniques au cours des otites sèches où l’on peut voir apparaître la suppression fonctionnelle du vestibule, l'inexcitabilité totale du nerf aux diverses réactions, avec pour corollaire, la disparition des vertiges.
V. Le simple évidement pratiqué dans une otorrhée non compliquée de vertiges ou de troubles cochléaires, est suivi parfois d'une baisse notable de l'audition à caractère labyrinthique. — C'est là un fait qui, s'il n’est pas fréquent, mérite cependant d'être pris en considération, C’est en général au bout de quelques années
que cette surdité apparaît, après avoir paru même s’amé-