‹ Contribution à l'Étude du Traitement Chirurgical Des Vertiges labyrinthiquesChapitre 3 sur 26 · Hautant, Zndications et technique de la trépanation laby · texte numérisé non relu

Hautant, Zndications et technique de la trépanation laby

rinthique (Rapport présenté à la société française d'O. R. L., 1913).

Nous savions déjà que le vertige est dû à une irritation de la voie vestibulaire. Nous savions également que la trépanation d’un labyrinthe infecté fait disparaître le vertige, immédiatement et définitivement. Nous savions enfin que celte opération, en ouvrant largement et en détruisant d’une façon plus ou moins complète le labyrinthe membraneux postérieur, amène la mort des terminaisons du nerf vestibulaire. D'où la conclusion, que la trépanation du labyrinthe, en détruisant les terminai-

sons irritées du nerf vestibulaire, amène la cessation du vertige.

Dès lors, et généralisant cette conclusion tirée de la seule suppuration du labyrinthe, il était naturel de penser que tout vertige relevant d’une irritation quelconque intra-labyrinthique, était justiciable de l’ouverture de l'oreille interne.

C’est là, peut-être, une opinion juste. Mais la trépanation du labyrinthe entraîne, comme nous le verrons, après elle une surdité totale, définitive. Et loin de nous la pensée de la proposer comme une méthode générale de traitement de tous les vertiges d’origine intra-labyrinthique, encore qu'il soit bon de savoir que nous possédons sans doute là une méthode de traitement rapide, efficace et sans danger.

Nous n'avons en vue ici que les grandes crises vertigineuses, survenant au cours des otorrhées en évolution, mais sans suppuration du labyrinthe, ou après la cicatrisation post-opératoire, et s’accompagnant d’une surdité plus ou moins complète, à type labyrinthique. Dans

ces cas l'impossibilité habituelle d’un travail régulier,

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l'inutilité presque complète d’une oreille: à peu: près totalement assourdie, l’état de conservation parfaite de l'oreille opposée, nous ont amené, après échec de tous les traitements médicaux en usage à envisager la possibilité d’une destruction du labyrinthe comme unique ressource et seul moyen de mettre un terme à l’état si pénible des malades.

On nous objectera peut-être que nous n’avons pas le droit de conclure de ce qui se passe dans la suppuration du labyrinthe à ce qui peut se passer avec d’autres causes d’irritation vestibulaire, telle la sclérose, et parce que la trépanation du labyrinthe fait disparaitre les vertiges dans le premier cas, elle doive les faire disparaître dans le second. Cette objection, que nous nous sommes faite à nous-même aurait pu avoir sa valeur. Il suffit de se rappeler ce qui se passe dans les bourdonnements d'oreille où la section du nerf auditif échoue le plus souvent. C’est le but de ce travail de montrer que, dans les cas précis que nous envisageons, la trépanation de l'O. I. réussit toujours.

On nous reprochera sans doute encore notre radicalisme. Certes, il est réel. Mais, et ce sera notre deuxième but, nous pensons pouvoir démontrer qu’il est des circonstances'où cette méthode s'impose véritablement. Qu'un otorrhéique vienne nous consulter, grand vertigineux, l'oreille suppurante presque complètement assourdie, l’autre saine. Nous lui proposerons franchement ia trépanation labyrinthique et pourra-t-on nous reprocher notre radicalisme ? Que s’il entend encore,

alors, nous mettrons entre ses mains ce moyen de le

guérir, le laissant seul juge de sa situation. Et pourrat-on encore ici nous reprocher notre radicalisme ?

Au surplus, nous ne sommes pas les premiers à avoir tenté ce traitement chirurgical des vertiges, et quelques auteurs avant nous avaient eu l'idée et avaient essayé de guérir, en ouvrant le labyrinthe, certains cas, parti- culièrement intenses, de vertiges. Mais les observations que nous avions pu recueillir étaient fort rares, la technique employée mal précisée. Il ne s'agissait que de cas isolés, différents par leur étiologie et dont les résultats ne pouvaient être comparés entre eux, et personne n'avait tenté d'en dégager des indications générales.

Nous essaierons de le faire.

Voulant, on le conçoit, être extrêmement prudent, nous avons tout d’abord trépané une oreille évidée, parfaitement cicatrisée, et presque totalement assourdie. Il s'agissait d’une jeune fille, chez laquelle, un mois après une radicale, étaient apparus des accidents vertigineux intenses, survenant presque chaque jour, parfois plusieurs fois par jour. L’audition, qui, depuis l’opération, avait baissé lentement mais régulièrement, était nulle. L’oreille depuis quinze mois était complètement cicatrisée. Le cas nous sembla favorable. Le docteur Hautant trépana cette malade. A dater du jour de l’opération les vertiges disparurent. Encouragé par ce succès, notre maître décida de continuer, et de pratiquer, à nouveau, le cas échéant, la trépanation du labyrinthe.

C'est le résultat d’une série de cette intervention, dans les cas que nous avons précisés, que nous apportons ici.

Notre travail comprendra les chapitres suivants :

a) Physiologie pathologique du vertige labyrinthique.

b) Historique destraitements et plus particulièrement du traitement chirurgical de ce vertige.

c) Etude clinique.

d) Anatomie pathologique.

e) Diagnostic.

f) Indications opératoires.

g) Technique.

h) Résultats.

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