CONCLUSIONS
I n'existe pas un recul de temps suffisant pour pouvoir Juger de façon précise les résultats de la splanchnicectomie associée à l’opération de Heller en un temps.
Néanmoins, considérant le traitement chirurgical du méga-æsophage dans son ensemble, d’une façon générale nous aboutissons aux conclusions suivantes :
Dans le méga-œsophage, le but chirurgical est de remédier aux troubles fonctionnels engendrés par la gêne du transit au travers du segment cardio-æœsophagien et de rétablir un passage aisé du bol alimentaire.
Cette gêne apparaît due à deux facteurs essentiels :
1° Une sténose du segment terminal de l’æœsophage, réalisée par un anneau musculaire très serré;
2° L’atonie du segment œsophagien sus-jacent.
Il s’agit, d’une part, de créer une « incontinence permanente », d’autre part, de rendre dans la mesure du possible une certaine tonicité au conduit.
Pour ce faire, nous disposons de deux moyens :
a) L'opération de Heller qui sectionne l’anneau musculaire et agit aussi comme une sympathectomie locale;
b) La splanchnicectomie qui est susceptible de relâcher la striction cardio-œsophagienne et d’assurer au segment œsophagien sus-jacent une certaine tonicité.
Dans l’état actuel de nos connaissances, associer les deux méthodes semble satisfaire à nos exigences les plus importantes. Un écueil subsistait, d'ordre pratique et d’intérêt du malade. En effet, la disparition plus rapide d’un méga-
note
œsophage réalisée par lassociation du Heller et de la splanchnicectomie justifie-t-elle une opération de limportance de cette dernière intervention pratiquée par voie médiastinale en un second temps ? En somme, le résultat obtenu est-il en rapport avec une intervention supplémentaire dont l’importance est loin d’être négligeable ?
Cette question perd une partie de sa valeur si opération de Heller et splanchnicectomie sont réalisées en un seul temps, ce qui est possible ainsi que le montre l'opération pratiquée par le Professeur agrégé Magendie et dont l’observation a servi de base à notre travail. La question était de pouvoir aborder le splanchnique par voie abdominale haute.
Nous nous sommes efforcé, une fois l’opération de Heller normalement conduite, d'exposer un protocole opératoire valable pour une splanchnicectomie gauche d’après l’intervention effectuée.
Nous pensons que la splanchnicectomie droite peut être réalisée, d’après ce que nous avons constaté avec le Docteur Tingaud à l’amphithéâtre; et il est possible qu’en certains cas une splanchnicectomie bilatérale puisse être utile.
Naturellement, chaque cas clinique appelle des nuances dans la nature de l’intervention proposée.
Pour terminer, il nous semble intéressant de signaler combien la distribution exacte du splanchnique dans le territoire cardio-æsophagien serait utile à connaître d’une façon précise, de manière à pouvoir juger de la qualité de la sympathectomie partielle qu’on se propose de réaliser, de manière aussi à pouvoir agir avec plus de discernement et de façon encore moins empirique.