IT. — INTESTIN
« Les mouvements de progression de la bouillie alimen-
taire sont déterminés par les contractions péristaltiques de
l'intestin. Ces contractions sont opérées par les deux couches de fibres musculaires de l'intestin, les fibres longitudinales et les fibres circulaires. La portion d’intestin dans laquelle va s'engager la masse alimentaire vient en quelque sorte au devant d’elle par la contraction des fibres longitudinales, et la portion d’intestin qui est derrière le bol alimentaire chasse celui-ci en avant par la contraction de ses fibres circulaires, et ainsi de suite. Lorsque l'intestin renferme en même temps des gaz, le mouvement de progression est accompagné d'un bruit de gargouillement bien connu » (Béclard).
Quand on examine l'abdomen d’un animal qu’on vient de
mettre à mort, on observe ces mouvements de l'intestin qui se propagent d’ailleurs sur une certaine longueur. Les mouvements qui s’opèrent sur le vivant sontidentiques, peut-être un peu plus lents. — « On constate le même phénomene quand on excite directement l'animal vivant, à l’aide des excitants mécaniques et galvaniques. La contraction est locale, lente à se produire et lente à disparaître. »
De l'intestin grêle, les matières alimentaires se rendent dans la première partie du gros intestin ou cœcum, puis remontent dans le colon ascendant, franchissent le colon transverse, descendent par le colon descendant, traversent l'iliaque, le rectum et sont expulsées par l'anus. On sait que grâce à la valvule de Baubhin les aliments ne peuvent refluer dans l'intestin grêle.
Les mouvements du gros intestin sont les mêmes que ceux de l'intestin grêle: « ils sont lents et se manifestent par place; c’est sur le colon ascendant qu'ils sont le plus mar-
qués. Dans l'iliaque les matières ralentissent leur descente:
d’ailleurs, entre deux expulsions, les matières s'accumulent dans la portion du rectum sus-jacente au releveur de l'anus, puis dans le rectum en entier, puis dans l’iliaque; or au moment de la défécation (normale, bien entendu), il n’y a que les matières sous-jacentes à l’iliaque qui sont expulsées. C'est ce qui a fait appeler l'iliaque le « régulateur de la défécation » (Béclard).
L'intestin grêle est placé sous l'influence du grand sympathique, de même quele gros intestin. La partie inférieure de ce dernier qui reçoit des filets cérébro-spinaux jouit toutefois d'une certaine sensibilité én rapport avec la contraction du sphincter qui est soumise à la volonté.
Ceci nous amène à dire un mot de la défécation. On sait que peu après, par une excitation obscure de la muqueuse rectale inférieure, les contractions expulsives de l'intestin ont vaincu la résistance des deux sphincters ; pour cela elles s’appuientsur différentssoutiens.Cesontd’abordles muscles abdominaux et le diaphragme; leur action, faible dans la défécation facile, devient extrêmement puissante quand l'effort est nécessaire ; de proche en proche, leurs contractions compriment les divers organes abdominaux, et font cheminer ainsi de force les matières intestinales selon la direction qu’elles doivent prendre. | |
Puis vient le releveur de l’anus. « Ce muscle, complété par l'ischio-coccygien, ferme par en bas la cavité de l'abdomen, commele diaphragme la ferme par en haut. A l’état derelâchement, lereleveur de l’anus présenteune voussure dont la concavité regarde enhaut. Dansles mouvements dela défécation, il agit en se contractant, c'est-à-dire en se rapprochant de la direction horizontale et en effaçant sa concavité. Il s'é-
ire
lève du côté du diaphragme en même temps que celui-ci s’abaisse vers lui, et que les parois abdominales antérieures rentrent du côté de la colonne vertébrale. L’abdomen représente dans son ensemble une poche contractile qui presse sur les organes contenus dans son intérieur, à la fois par en haut, par en bas et en avant. Le muscle releveur de l'anus vient, par conséquent, puissamment en aide aux muscles abdominaux et au diaphragme. Il a encore une autre action; il élève le rectum en haut, et le fait en quelque sorte glisser de bas en haut sur la masse fécale, qui se trouve mise ainsi à découvert. Les contractions abdominales chassent en même temps cette masse au dehors, et une contraction du sphincter externe dense a pu passer » (Béclard).
Enfin il est incontestable que le rectum, par les fibres musculaires circulaires et longitudinales, a une action manifeste et que, lorsque les matières fécales sont peu résistantes et qu'il n’y a pas encombrement, le rectum peut, presque seul, suffire à la défécation.
Comment le massage agit-il sur l'intestin ?
Murrel résume fort bien son action ainsi: Il agit probablement de trois manières: 1° en augmentant les sécrétions intestinales et autres; 2° en stimulant l'action péristaltique des intestins ; 3° en comprimant mécaniquement les matières accumulées vers le rectum.
Hünerfauth avait déjà écrit : « L'utilité du massage abdominal est surtout évidente dans les cas d'atonie des couches musculaires de l'intestin, ce qui est la cause principale etessentielle de la constipation chronique. Il fautinsister sur ce point, car l'application usuelle du massage aux articula-
tions fait que bien des médecins négligent les avantages du
massage abdominal ; 1] ÿY en a même qui l'ignorent complètement. »
Trèves, parlant du inassage, dit: « Quant à son effet, dans le cas d'accumulations fécales, il doit agir en grande partie comme moyen mécanique, modifiant la forme et la position de la masse stercorale ; il paraît aussi agir comme stimulant direct de l'intestin; car, peu après le commencement des manipulations, surviennent des mouvements péristaltiques, pouvant être assez intenses pour produire de véritables coliques. Il est possible que ce résultat soit dû à la stimulation directe du plexus d'Auerbach, auquel on attribue la fonction régulatrice du rythme péristaltique. La stimulation de la peau des parois abdominales peut aussi avoir une certaine influence; cette région est animée par des filets venant des sept derniers nerfs dorsaux. Ces mèmes nerfs contribuent en grande partie à constituer les nerfs splanchniques. Il n’est pas nécessaire d’insister sur le rôle de ces derniers dans le système nerveux abdominal ; on n’a pas encore établi exactement l'influence qu’ils exercent sur l'intestin; mais, en ce qui concerne le mouvement, ils paraissent renfermer, et des fibres excitatrices et des fibres inhibitrices. Cette explication du mécanisme du massage n’est pas entièrement satisfaisante, mais ne serait pas de nature à supporter une critique sévère. »
Berne inscrit parmi ses conclusions : « Le massage, tout en provoquant la sécrétion plus abondante du suc intestinal, stimule la contractilité du gros intestin par action sur le. système nerveux intra-viscéral. En dehors de tout phénomène réftexe, le massage agit mécaniquement et facilite le.
cheminement du contenu de l'intestin. »
Ce ner Ni
Buehler (Correspondenzblatt für Schweizer Ærzte, mars 1888) reconnaît au massage une action très manifeste sur le rôle et la force des muscles abdominaux dans le traite-
ment de la constipation.
IIT. — NUTRITION GÉNÉRALE.
Enfin le massage a une action évidente sur la nutrition.
On a démontré, en effet, que la quantité d’urée augmentait dans les urines à la suite d’un massage général (1). Gopadze a même soutenu que l'assimilation des substances azotées était activée par le massage. Dans une série d'expériences faites sur quatre étudiants en médecine qui étaient soumis au régime alimentaire et chez lesquels on dosait l'azote, tant dans les aliments que dans les déjections, un massage général de 25 minutes, fait une fois par jour, trois heures après le repas, amène une diminution dans le chiffre des matières azotées contenues dans les feces. L'expérimentateur en conclut à une assimilation plus grande des
substances azotées. (Dujardin-Beaumetz.)
(1) Desexpériencestout à fait récentes, publiées par M. le docteur Bum, dans la Wiener med, Press, *803, n°1, et qui sont la confirmation de se expériences précédentes, montrent que le massage active la sécrétion urinaire, et que cet effet est dû aux substances qui passent des muscles dans le sang. D'autres expériences ont montré que l'élimination de l'urée était accrue pendant les deux premiers jours de massage et diminuait ensuite. Chez un autre sujet le résultat a été inverse,