‹ Contribution à l'étude du traitement de certaines affections des voies digestives par le massageChapitre 18 sur 20 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Antecedents. — J. B., 35 ans. Souffre depuis fort longtemps de mauvaises digestions. Appétit très-bon, toutefois, mais mange très-vite. Boit peu. Ne fume presque pas.

N'a jamais été malade. Les digestions ont commencé par être un peu pénibles, elles sont maintenant douloureuses.

État actuel. — Poumons, cœur normaux.

Foie, déborde de 1 cent. 1/2 les fausses côtes.

Rate, un peu hypertrophiée.

Estomac, notablement délabré dans les cinq ou six heures qui suivent les repas. La pression au niveau de l'épigastre est douloureuse. Écoutant, on n'entend pas de clapotement. Aucun épaississement appréciable des parois.

Crampes douloureuses gastriques, surtout à jeun; les aliments les atténuent plutôt. Sensation de plénitude, de

pesanteur, de douleur après les repas; puis renvois acides,

pyrosis, depuis quelque temps vomissements. Au lever, bouche amère et nausées.

Selles de plus en plus irrégulières. Alternative de diarrhée, quelquefois fort longue, et de constipations. Les selles sont maintenant douloureuses, bien qu'il n'y ait ni mucosités, ni sang. Besoin persistant, soulagement rare. L’abdomen est le plus souvent ballonné, le palper révèle encombrement du colon descendant.

Le 26 novembre 1889. Après avoir constitué une hygiène alimentaire assez sévère sans constater d’amélioration bien notable, on fait un lavage d’estomac après un repas composé de bœuf rôti, de purée de pommes de terre et d’une faible quantité de pain, et l’on trouve, six heures et demie après, l'estomac encore rempli d'aliments.

On commence l'emploi du massage, combiné avec celui de compresses chaudes sur l’épigastre. Cachets de rhubarbe.

3 novembre. État général meilleur, ni nausées, ni pyrosis, ni vomissements, ni Vertiges, ni crampes. Sommeil tranquille.

9 novembre. Amélioration croissante. Selles spontanées, mais encore insuffisantes. On a supprimé la rhubarbe.

28 novembre. Les digestions et les selles sont normales. L'état général est excellent. Le régime alimentaire est tou-

jours recommandé. Tout traitement est abandonné.

OBsERVATION V.

W. Sch., 46 ans.

Pas d’antécédents.

Les symptômes sont à peu près les mêmes que dans l'observation précédente; les vomissements sont toutefois plus abondants, plus répétés, les céphalalgies sont pour ainsi dire continues; l’abdomen est considérablement et constamment distendu. Pression douloureuse sur le colon transverse et le colon descendant, État général et appétit excellents, mais le malade a presque renoncé à manger.

On a essayé à plusieurs reprises les lavages d'estomac. De chaque séance, le malade sort rompu et reste abattu pendant deux ou trois jours.

On a commencé ensuite un régime alimentaire sévère. Salol. Benzo-naphtol. Les résultats n'ayant pas été ceux qu'on attendait, on commence le massage le 11 novembre

Le 16 décembre, le balonnement du ventre a presque entièrement disparu. Les selles sont spontanées, mais ne surviennent que tous les deux ou trois jours. Les céphalalgies seules sont persistantes.

Le 14 janrier 1893. Tous les phénomènes douloureux ont disparu. Selles régulières. État général très-satisfaisant. Mal de tête apparaissant de loin en loin.

Le traitement a cessé.

Page 1