‹ Contribution à l'étude du traitement de certaines affections des voies digestives par le massageChapitre 4 sur 20 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le but de ce modeste travail est de donner de nouvelles preuves du rôle bienfaisant du massage dans le traitement de certaines aflections du tube digestif, remède qui sera bientôt facilement à la portée de tous par suite des progrès accomplis et de l'extension que prend chaque jour le massage dans la thérapeutique. Il se trouve que les affections contre lesquelles le massage agit avec le plus de fruit sont les plus banales les plus fréquentes; et entre toutes, au premier rang se place la constipation ; au second rang, la dilatation d'estomac.

Banalité de l'affection, facilité du traitement et inocuité absolue quand le massage est pratiqué par des mains exercées guidées par un diagnostic approfondi, c’est là un rapprochement heureux sur lequel nous avons voulu insister de nouveau dans le présent travail.

« Pourquoi la France, qui avait fait paraître le premier traité de massage, écrit M. Dujardin-Beaumetz dans l’introduction du livre de Murrel traduit par M. Jennings, n’a-t-elle point gardé sur ce point sa supériorité, et a-t-elle

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laissé la Hollande et l'Allemagne perfectionner le manuel opératoire ? Pourquoi a-t-elle abandonné les recherches expérimentales démontrant l'utilité du massage, jel’ignore; peut-être beaucoup de nos confrères ont pensé que c'était faire déchoir la médecine que de s'occuper de pareilles manœuvres, et qu’il fallait le laisser entre les mains des gens subalternes. Aujourd’hui cette erreur est dissipée, malheureusement un peu tardivement ; aussi nous efforçons-nous de rattraper le temps perdu. Le massage, accepté par tous les médecins, devient même pour certains d’entre eux l’unique objet de leurs travaux et d'ici peu, nous n’aurons rien à envier sur ce point aux nations voisines. »

Et cette adoption du massage par la médecine a déjà eu, et aura surtout, dans un avenir prochain, des résultats féconds pour la thérapeutique, résultats parmi lesquels deux surtout doivent être considérés et placés en vedette.

D'abord la disparition graduelle des empiriques qui pullulent dans tous les pays, sévissant surtout dans les campagnes où les protègent et les recommandent aux ignorants les traditions conservées depuis des siècles ettransmises de père en fils, et enfin le côté mystérieux de leurs pratiques, qu'ils exagèrent volontiers, comprenant bien qu'ils auront ainsi plus d’action sur l'imagination et la crédulité publiques. Parmi eux, il faut l'avouer, il en est d’habiles, de fort habiles même, qui ont su, par un long exercice et une pratique active, demander au massage beaucoup des services qu'il peut rendre, et cela, avec d'autant plus de succès, que la plupart des médecins, leurs concurrents, qui devraient

être pour eux siredoutables, n'ontle plus souvent, du moins

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dans les campagnes, que des notions imparfaites de cet art, ou même n’en ont pas du tout.

Mais sices gens sont habiles, ils sont loin d’êtreinoffensifs, etvraimentons’étonnequelenombredes accidentsqu’ils provoquent ne soit pas plus grand, étant donnée leur ignorance absolue des principes les plus élémentaires de l'anatomie et de la pathologie. Confiants dans leur dextérité manuelle, ils ne savent reconnaître quand leurs manipulations sont absolument contre-indiquées, et c'est à cela qu'on doit d’avoir vu masser des gens atteints de phlébite des membres inférieurs, etces gens mourir d’embolie ; d'avoir vu masser des estomacs atteints d’ulcères et le patient mourir à la suite d’'hémorrhagies répétées, et une fois même de perforation hâtée par la manœuvre, etc., etc.

Le jour où ce sera le médecin qui «opérera lui-même », les statistiques du massage seront débarrassées de ces accidents en général faciles à éviter, car le diagnostic préalablement fait viendra, dans certains cas, mettre un ve{o formel. C'est qu'en effet, et nous avons hâte de le dire, s’il est regrettable que ce moyen thérapeutique ait été si longtemps dédaigné par la science officielle, il est dangereux de suivre l'enthousiasme, souvent intéressé, de certains de ses adeptes qui veulent en faire un procédé de guérison à peu près infaillible s'adressant à peu près à tout le monde. C'est là une erreur grossière ; qui plus est, c'est là un danger permanent. Les médecins, en prenant sous leur autorité les pratiques du massage, peuvent seuls réduire au silence ces charlatans, éhontés sur la poursuite du gain qui les préoccupe, et détromper le public, qui, toujours le même, attiré

par le bruit, la réclame, l'invraisemblance même des résul-

tats proclamés, va où on bat la grosse caisse et s’en revient 4.7.4 la gracerde/Dien:

Enfin il est une autre conséquence importante de l’adoption générale du massage par la médecine. Le massage est excellent, il est indiqué dans un grand nombre d’affections, mais là même où il agit le mieux, il faut bien se convaincre que, généralement, il ne suffit pas. C’est souvent le meilleur des moyens thérapeutiques à employer, mais il ne doit pas être le seul moyen thérapeutique. Si cela est vrai, même pour les affections traumatiques, où, cepen- ‘dant, à la rigueur, son intervention seule n’est pas blàmable, que sera-ce pour les affections du tube digestif, qui seules nous occuperont ici. Nier l'influence heureuse du massage dans ces affections n'est pas possible ; nier la nécessité de lui adjoindre les autres moyens thérapeutiques comme l’antisepsie interne, par exemple, est tout simplement ridicule. Et c’ést encore au médecin seul qu'appartient de savoir allier ceux-ci à celui-là.

Nous sommes heureux, en terminant ce chapitre préliminaire, d'offrir publiquement à M. le docteur Laborde, directeur des travaux physiologiques à la Faculté, qui a toujours eu pour nous une sympathique sollicitude et nous a toujours encouragé et suivi dans nos études, l'assurance de notre vive reconnaissance et de notre respectueux dévouement.

Nous adressons nos remerciements à M. le docteur Kræmer, de Munich, dans la clinique duquel nous avons eu l’occasion de voir les heureux résultats du massage, et

qui ne nous a pas ménagé les bons conseils; ainsi qu’à

notre excellent ami, le docteur Neusser, de Vienne, auquel nous lient les meilleurs souvenirs.

Enfin que M. le professeur Mathias Duval, qui a bien voulu accepter la présidence de notre thèse, reçoive, avec nos

remerciements, l'hommage de notre vive gratitude.

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