INTRODUCTION
A la faveur de l’asepsie et plus tard de la guerre, le traitement sanglant des fractures a pris une rapide extension.
Avec les difficultés de la chirurgie osseuse, certaines méthodes d’ostéosynthèse, non encore mises au point dans leurs moindres détails, ont donné des résultats fort dissemblables aux chirurgiens qui les ont expérimentées.
L'ostéosynthèse à prothèse externe innovée en 1900 par LOMBOTTE, a, au même titre que les autres méthodes de synthèse, donné de bons et de mauvais résultats. La technique et le matériel qu’elle nécessite ont été transformés par plusieurs chirurgiens qui ont cherché à rendre cette opération simple, rationnelle, alors qu’elle était à ses débuts d’application difficile malgré ses principes excellents.
Nous n’avons pas la prétention dans ce modeste travail d'ajouter quelque chose de nouveau à cette question. Apportant simplement les quelques observations que M. le Professeur MassaBuauU a bien voulu mettre à notre disposition nous nous sommes donnés comme but de classer les critiques qui ont été faites à la prothèse métallique perdue, et qui font suffisamment, semble-t-il, ressortir les avantages qu’auront dans certains cas les ostéosynthèses à prothèse
externe,
Ag. nt:
Donnant une description des différents appareils employés nous terminerons en indiquant la technique de lintervention et les indications de cette méthode.
Mais avant d’aborder ce sujet, nous tenons à exprimer ici notre reconnaissance à M. le Professeur MAssABUAU qui a bien voulu nous fournir le sujet de cette thèse et en accepter la présidence.
Nous prions aussi M. le Professeur GUIBAL qui nous a donné de précieux conseils, d’agréer l’expression de nos since-
res remerciements.
CONSIDERATIONS GENERALES SUR L'OSTEOSYNTHESE A MATERIEL METALLIQUE
Les facteurs d'infection étant réduits aû minimum par. une asepsie rigoureuse, de nombreux chirurgiens purent aborder les os avec moins d’appréhension. Certains s’appliquèrent dans les cas où le traitement orthopédique d’une fracture aurait donné de mauvais résultats à réunir une plaie osseuse de la même manière qu’une plaie des téguments.
Deux grandes méthodes d’ostéosynthèse naquirent de cet esSOT. |
Ayant toutes deux pour but, après réduction de la fracture à ciel ouvert, de maintenir solidement les fragments osseux bout à bout; elles s’opposèrent par les moyens employés à assurer cette coaptation.
L'une: ostéosynthèse à prothèse métallique perdue, emploie un matériel de contention qui restera définitivement au contact de los.
L'autre: ostéosynthèse à prothèse externe, ne laisse. le matériel dans la plaie que pendant le temps nécessaire à la
consolidation du cal.
Dans les deux cas, une immobilisation rigoureuse doit
être obtenue. Elle est la base même de toute consolidation; sans elle l’ostéite raréfiante s’installera sûrement au contact du métal « la plupart des échecs et des ennuis que lon :
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à connus Jusqu'à présent avec les procédés les plus courants d’ostéosynthèse, n’ont pas d’autres causes que la méconnaissance de ce principe. » BŒvER.
Or, quel que soit le matériel employé dans la prothèse perdue: plaques vissées au contact de los, manchons, rubans, agrafes métalliques, il est rare que les fragments osseux tiraillés sans cesse par d'importantes forces musculaires, soient fixés d’une façon immuable. Les points osseux fixés de part et d'autre du trait de fracture au matériel contentif sont souvent trop rapprochés pour que los puisse résister longtemps aux tractions musculaires sans subir au niveau de cetie soudure une légère déviation.
La consolidation se fait mal du fait de cette mobilité anormale. Et si on ne parvient pas par un moyen de contention externe (plâtre, gouttière, etc), à assurer une immobilité complète il ne sera pas rare de voir des retards de conso'idation, des pseudarthroses, des inflexions secondaires d': cal, des fractures itératives, etc.
Dans le cas coutraire, un des grands avantages de l’ostéo synthèse sera perdu. La mobilisation des articulations sus et sous-jascentes, entravée par l'appareil de contention suajouté, deviendra moins facile, impossible parfois.
Si les fragments sont fixés d’une manière solide, ils le seront souvent par un matériel de synthèse trop volumineux pour être toléré.
De nombreux auteurs se sont attachés à étudier, in vitro l'influence d’un matériel de synthèse métallique sur l’évolution des tissus vivants. Il semble résulter de ces recherche; que les divers métaux ont une action cytotoxique différent :. Les moins nocifs d’entre eux: zinc, argent, tantale, Tungs tène, nickel, étain et alliages d’aluminium couramment employés, ont malgré tout une influence inhibitrice sur la croissance des cellules conjonctives et osseuses. Ces expé-
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riences semblent bien prouver les retards de consolidation des cals en rapport direct avec un métal.
Sous l'influence nocive de ce matériel au contact même du foyer de fracture, à la faveur des décollements et des iuctions périostiques que nécessitent la pose des plaques et des lames, de gros cals peuvent se former. Ces gros cals provoqueront &es douleurs tenaces par irritation des troncs nerveux voisins.
L'intervention elle-même qui oblige le chirurgien à travailler dans un foyer qui doit être traité avec douceur, contribue à l’augmentation des délabrements qui y sont créés par le traumatisme, à une destruction plus importante du périoste, et oblige à redoubler de précautions aseptiques.
D’après LEVEUF, l'os se regénère surtout par un périoste dont l’activité circulatoire est augmentée de façon temporaire. Les matériaux calcaires viendraient d’après lui de la circulation générale par l'intermédiaire des vaisseaux du périoste, Cette théorie expliquerait bien ces retards de consolidation fréquente après ostéosynthèse à prothèse perdue.
Les dangers précédents obligent souvent le chirurgien à réintervenir pour enlever le matériel de synthèse. Et ici, de sérieuses difficultés se dressent encore; le corps étranger étant en totalité ou en partie enclavé dans l'os nouveau qu’il faudra sculpter.
Dans les fractures ouvertes, par conséquent infectées, aussi minutieuses que soient les précautions de désinfection du foyer, il n’est pas sans inconvénients de mettre à son contact un matériel qui sûrement augmentera l'infection.
Chez l’enfant, tous ces inconvénients du matériel perdu sont à leur maximum, non seulement il est mal toléré, mais encore il donne des raccourcisements préjudiciables. On a