‹ Contribution à l'étude du traitement de certains asthmes graves et rebelles par les sels d'or et la tuberculineChapitre 14 sur 28 · RAPPORTS DE L'ASTHME ET DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE L'ASTHME ET DE LA TUBERCULOSE

La coexistence de l’asthme et de la tuberculose, connue de longue date, n’a pas été, sauf les dernières années, mises assez fréquemment en évidence, ni assez souvent, l’étiologie tuberculeuse incriminée. (JACQUE- LIN, BANDELIER, BUFALINI GROSSFELD, etc... ).

Deux cas sont à considérer,

1) pour certains, l'asthme se greffe souvent sur un terrain tuberculeux évident (TROUSSEAU, LANDOUzY) et en règle générale la tuberculose à prééxisté à

l’asthme,

2) pour d’autres, la tuberculose vient compliquer

un asthme déjà existant.

Dans tous les cas, il faudra rechercher systématiquement cette étiologie possible en suivant un plan

bien précis :

a) Etude des antécédents familiaux,

Pour BESANÇON l’asthme se voyait souvent dans les familles où on relève la tuberculose dans les ascen-

dants chez la mère ou la grand-mère en particulier.

De pe

En outre il existe une corrélation entre: le potentiel décroissant de la tuberculose et l’augmentation en

virulence de la tendance asthmatique.

Aussi, dans certaines lignées héréditaires, les manifestations diathésiques suivent une marche dégressive en faisant place à un processus tuberculeux progressif.

Les crises d'asthme s’espacent et diminuent d’intensité quand la maladie tuberculeuse s’améliore et

vice-versa (FERRER, JIMENEZ Diaz).

b) Antédédents personnels.

Ou bien les asthmatiques présentent des manifestations de tuberculose pulmonaire évidente, généralement fibreuse ou plus fréquemment des manifestations plus discrètes (érythème noueux, adénopathie, pleurésie séro-fibrineuse, etc...) (JACQUELIN).

Ou parfois même des syndromes atypiques qu’on peut rattacher à la tuberculose (cortico-pleurite, poussées répétées de pneumopathies n'ayant pas fait leur

preuve).

C) Critères radiologiques.

- Un fait est certain : Les radiographies de nombreux asthmatiques révè-

lent certaines particularités caractéristiques.

Ce sont des séquelles ganglionnaires ou parenchy-

EE ? te

mateuses, grappes ganglionnaires hilaires surchargées avec calcification, de la péribronchite avec fibrose pulmonaire, un passé bronchique chargé (Dupan). une adénopathie hilaire bilatérale, ganglions calcifiés avec arborisations bronchiques (BALMES) et enfin des phénomènes d’hypertrophie hilaire, avec un ensemencement fin des sommets ou une prolifération complexe

des hiles (MELQUIADES CABAL).

En résumé nous ne tiendrons compte que des anomalies indiscutables témoins d’une atteinte bacillaire, soit la sclérose apicale avec image de périlobulite ou de tramite, soit les scissirites et les calcifications parenchymateuses ou périhilaires, en somme toute anomalie dans laquelle on reconnaît implicitement le rôle

d’une tuberculose discrète et larvée. à

D) Tests tuberculiniques.

Dans cette catégorie d’asthme les cuti-réactions sont anormalement intenses ou anormalement persis-

tantes.

Les scarifications faites suivant la technique de

PonNDorFFr décèlent une hyperallergie manifeste.

Les intradermoréactions à doses progressives (Tuberculine-test) provoquent parfois une réaction générale avec fièvre et réaction ganglionnaire mais aussi une réaction focale : apparition ou réapparition d’asthme au cours d’une accalmie; ou même plus fréquem-

ment encore exacerbation des crises.

PA Le ME

C’est là pour certains auteurs une preuve quasi spécifique de l’origine tuberculeuse de l’asthme (Jac- QUELIN ).

E) Caractères cliniques:

Les crises d’asthme greffées sur une tuberculose pulmonaire présentent des caractères un peu spé- Ciaux :

Allure catarrale avec fréquence de poussée bronchitique, ou congestion pulmonaire et cortico-pleurite à répétitions, fièvre ou fébricules intermitentes avec ou sans intrication d’un dysfonctionnement endocrinien (acrocyanose, stase veineuse, insuffisance surrénale et hypotension, hyperthyroïdie, avec altération de l’état général et amaïgrissement) (JACQUE- LIN).

Ajoutons enfin les examens de laboratoire: qui confirment aussi la fréquence de cette intrication (MEL-

QUIADES CABAL).

F) Les statistiques :

Quant aux statistiques, elles sont nombreuses et inégales, mais toutes plaident pour l4 fréquence de la

coexistence de l’asthme et de la tuberculose.

Certains précisent que la fréquence est de 75 % (BurALINI, Bonamour et F. MULLER) pour d’autres, elle est de 66 % (A. JAcQUuELIN), de 60 Z pour JIME-

AIG

NEZ Diaz et de 33 % pour À. LUMIERE portant sur

une statistique de 640 asthmatiques.

Mais cette différence de vue ne s’explique à notre avis que par l'insuffisance des épreuves mises en jeu

dans la découverte du terrain tuberculeux.

G) En somme en se basant sur ces divers criières on peut considérer que près de 70 % des asthmes graves (JACQUELIN) relèvent de l’étiologie tuberculeuse

à des degrés divers.

Soit que cette tuberculose atténuée agisse localement à la manière d’une épine irritative pulmonaire, épine produisant des lésions de névrite au niveau des terminaisons vago-sympathiques (BESANÇON) et déclenche l’asthme qui sera grave parce que fixe au pou-

mon et sans dérivation possible.

Soit que cette tuberculose provoque de l’asthme par le truchement des- toxines bacillaires issues de foyers torpides et qui auraient une affinité élective pour le système vago-sympathique (DuDAN) en déter-

minant une sensibilisation générale de l’organisme.

L’ultravirus a été également incriminé comme facteur du déséquilibre humoral (BERNARD) ou bien la tuberculose comme facteur du trouble de l’équilibre vago-sympathique sans en être la cause unique( Mox-

TAGNA et RIMOLDI).

Enfin pour d’autres encore, il existe une prédis-

position spéciale qui faciliterait l’association de la tuberculose et de l’asthme (GROSSFELD).

Qu’enfin, ainsi que le pensent COURMONT, PONCET et JACQUELIN, la tuberculose modifie le terrain par une action toxicogène lente (au même titre que l’hérédo-syphilis) et crée des perturbations endocriniennes et neuro-végétatives secondaires, en constituant un nouveau terrain, voire même une hérédité de terrain dont l’asthme peut-être une résultante! plus ou moins éloignée.

En résumé, grâce à l’étude des antécédents héréditaires et personnels, grâce aux examens systématiques, cliniques, radiologiques et de laboratoires, la notion de l’étiologie tuberculeuse de certains asthmes graves peut-être établie avec certitude.

Cet asthme tuberculeux, ou pour être plus précis, cet asthme tuberculinique n'étant pas un mythe, il était logique de penser qu’une thérapeutique anti-tuberculeuse par les sels d’or et la tuberculine pouvait

avoir sa raison d’être.

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