OBSERVATIONS
Parmi les observations d'asthme grave que nous avons recueillies depuis 1939, nous ne tiendrons compte que des cinq observations les plus caractéristiques dans lesquelles l’influence du traitement a été absolument incontestable et une sixième observation en cours de traitement.
Observation N° 1. — (Personnelle). — Mme S. H.… ‘est asthmatique depuis l’âge de 36 ans. Les crises apparaissent au moment des menstruations et durent de 8 à 15 jours. Dans ses antécédents on note règles douloureuses et insuffisantes. Fait sa première crise d’asthme un mois après une congestion pulmonaire à 36 ans, suivie d’une pneumonie à 37 ans. Les crises sont longues avec dyspnée presque permanrente de 36 à 40 ans, à partir de cet Âge et jusqu’à 44 ans, époque à laquelle la malade se présente à nous les crises sont de plus courte durée mais plus rapprochées. Depuis le début des crises cette malade a suivi un grand nombre de traitements étiologiques et symptômatiques qui n’ont donnés d’autres résultats que des soulagements de courte durée. Furent incriminés l'insuffisance ovarienne, les végétations,
l'insuffisance hépatique, ont été essayé divers traitements
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comme la désensibilisation alimentaire en passant par l’auto-hémothérapie, l’abcès de fixation, l’extrait de rate, adrénaline, avec ses succédanés et pour finir par un séjour au Mont-Dore. Malheureusement, aucune thérapeutique n’a été efficace et on décide à ce moment malgré l’absence d’antécédents héréditaires, plaidant en faveur d’un terrain tuberculeux et malgré une radiographie presque négative avec cependant une cuti-réaction hyperpositive, un essai de traitement par les sels d’or sous forme de crisalbine. La première injection est de deux centigrammes; on augmente progressivement d’un centigramme à chaque injection sans dépasser la dose de cinq centigrammes. Une grande amélioration est notée dès la quatrième injection avec disparition des crises d’asthme, diminution notable de la dyspnée, l’état général qui était déficient s’améliore rapidement, le sommeil devient calme et l’appétit normal. Au total, la malade a eu 20 injections. Résultat: disparition des crises depuis la fin de
Devant ces résultats, un traitement de consolidation par la tuberculine est entrepris, on commence par un demi-milligramme et on augmente d’un demi-milligramme tous les dix jours sans obtenir de réactions. Arrêt à
un centigramme et depuis lors aucune crise d’asthme.
Observation N° 2. — Docteur LE RocHaIs. — . Mlle V.., se présente à nous, . en, juillet 1939, à l’âge de 42 ans. C’est une malade qui présente une .dyspnée continue, un amaigrissement de vingt-sept kilos avec un véritable état rachitique. Nous relevons dans ses
antécédents une grand’ mère asthmatique. Son histoire
REP Ti NOR
est la suivante: De 1930 à 1937, règles abondantes, très fréquentes, en 1937, application de radium (Docteur FRü- CHAUD) pour lutter contre la dysménorrhée. Quelques semaines après, aménorrhée avec apparition des premières crises d’asthmes qui durent jusqu’en 1938. En 1938, réapparition des règles très peu abondantes deux fois dans l’année disparition absolue de l’asthme pendant toute Ja période qui précède, accompagne et suit les règles. En mai 1939, aménorrhée complète et réapparition d’un asthme subintrant qui ne cesse de s’aggraver et s’accompagne d’une altération progressive de l’état général jusqu’à l’époque où la malade vient nous consulter. Tous les traitements symptomatiques non seulement n’ont donné aucun résultat, mais ont semblé aggraver l’asthme. Un traitement à tendanca étiologique après endocrinogramme et dirigé dans le sens du dysfonctionnement ovarien (injections d’extraits de corps jaune à 10 milligrammes bi-hebdomadaire) a semblé donner une faible amélioration qui n’a pas tenue. Une radiographie montre un nodule calcifié du lobe supérieur droit avec de nombreuses travées bronchiques, dénotant une sclérose importante. Une injection de tuberculine provoque une crise d’asthme très violente qui aiguille le traitement. C’est là que nous commençâmes une série dd sels d’or qui, à la troisième injection, arrête net les crises, permet une
alimentation normale avec arrêt des vomissements et reprise du poids. Le traitement a été arrêté prématurément
(sept injections) en raison des hostilités, et depuis l’asthme n’a pas réapparu, la malade est revue de temps en temps sans éprouver le besoin d'aucune thérapeuti-
que.
eg 2e Observation N° 3. — Docteur JACQUELIN, Docteur LE Rocxais. — Mme M... âgée de 45 ans, soignée à] Stras-
bourg avant la guerre, pour asthme sérieux, les étiologies envisagées sucecsivement furent une polypose nasale récidivente et une insuffisance hépatique chronique. Les traitements étiologiques ne donnent que des résultats transitoires. Depuis 1940, à la suite d’épreuves morales continuelles, l’asthme devient subintrant. Les deux étiologies précédentes existent toujours et l’affection nasale est traitée rationnellement. Adressée au Docteur JACQUE- LIN pour avis, celui-ci conseille la chrysothérapie à la suite d’une épreuve de Pandorff très positive et qui persistait encore trois mois après. La radiographie n’a rien montré d’anormal. Le traitement entrepris selon
les règles habituelles a donné une amélioration au bout ï
de la sixième injection (traitement complexe, sel d’or plus hyposulfite de magnésium en injections intra-veineuses, auto-hémothérapie et soluprotine en intra-musculaire). A la fin du traitement (12 injections) l’asthme était complètement disparu. Quatre mois après, petite reprise, essais de tuberculinothérapie qui a donné une cessation de cette rechute.
Observation N° 4. — Docteur LE RocHais, Docteur BLANC. | |
Sœur X..., âgée de 25 ans, présente des crises d’asthme depuis sa formation à 15 ans; crises devenant de plus en plus accentuées et rapprochées (c’est l’asthme le plus grave que nous ayons eu à traiter). Nous la voyons pour la première fois alitée, n’ayant depuis quinze jours au-
cun répit, avec un état de mal asthmatique tout à fait impressionnant. Devant l'impossibilité de transporter la malade et devant la gravité de la maladie nous commençons sans autre examen les sels d’or en nous basant sur les antécédents collatéraux: un frère mort d’une méningite tuberculeuse et une sœur en sanatorium. Dès la deuxième injection de crisalbine, nous notons une atténuation nette des crises qui finissent par disparaître complètement à la dixième injection. Revue dès l’amélioration pour une examen plus complexe, l’épreuve de Pandorff a été positive sans exagération et la radiographie a décelé de nombreux petits grains calcifiés disséminés dans les deux champs pulmonaires. Nous précisons qu'aucun traitement adjuvant n’a été employé par crainte de réactions d’intolérance et aussi parce que nous n’avions pu pratiquer des examens prémonitoires. Seule la
crisalbine et le calcium ont été employés.
Observation N° 5. — (Personnelle). —— Mme L..., âgée de 58 ans, nous appelle en pleine crise d’asthme. Nous relevons dans ses antécédents une mère et une grandmère asthmatiques.
En 1919, fait une fausse grippe avec bronchite et sa première crise d’asthme trois mois après.
Depuis cette date, elle présente des bronchites à répétition chaque hiver avec quelques crises d’asthme en
L’année 1940 commence par une bronchite congestive des bases avec crises d’asthme subintrantes et gêne respiratoire continue qui ne tarde pas à s'installer peu
de temps après.
Hu ga re
L’amaigrissement est rapide, l’insomnie et l’inappétence tenaces.
Elle a toujours été bien réglée depuis l’âge de 14 ans et n’a jamais été malade sauf au moment de ses bronchites.
Dès le début des accès de 1940, l’adrénaline et l’éphédrine ne donnent que des résultats tout à fait transitoires.
Devant l’insuccès des traitements symptomatiques nous décidons de faire une radiographie.
Or, cette dernière nous montre: une sclérose bronchique bilatérale extrêmement marquée, à prédominance droite, nombreux nodules calcifiés périhilaires avec nom-
€ breux tractus trachéobronchiques opaques.
La réaction de Pondorff se montre hyperpositive.
L’examen somatique des autres appareils ne révèle
rien d’anormal.
Devant le test radiologique et clinique nous décidons
d’instituer un traitement par les sels d’or.
C’est la crisalbine qui est ‘employée avec auto-temothérapie additionnée d’hyposulfite de magnésium, or la malade fait une crise assez forte après les deux premières injections.
Nous changeons alors de méthode et employons le glucoconate de chaux comme solvant des sels d’or, en ‘réaspirant 10 cc. de sang qu’on injecte dans la fesse.
Le résultat ne se fait pas attendre: disparition complète des crises dès la troisième injection, diminution progressive de la dyspnée, reprise du poids avec sommeil calme et appétit normal.
RE à, ME La melade a eu douze injections, totalisant ainsi 0 gr. 54 de crisalbine.
Depuis cette date, la malade qui était vouée à une
inaction complète, a repris ses occupations et nulle crise
n’est venue la troubler.