‹ Contribution à l'étude du traitement de l'anémie post-hémorragiqueChapitre 10 sur 19 · SECTION · texte numérisé non relu

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Réserve martiale. —— La réserve martiale est toujours d'appréciation difficile. Beaucoup de sujets,

sains en apparence, sont atteints de carence martiale.

Des travaux de statistique faits en Angleterre ont montré que dans les classes populaires la carence martiale était de règle, surtout chez les femmes. [’apport quotidien de fer par l’alimentation qui doit être de 5 à 7 milligrammes était nettement inférieur dans la plupart des cas, si bien que les anémies ferriprives étaient extrêmement fréquentes et peut-on dire. plus fréquentes qu’un état sanguin normal chez les enfants, les femmes et presque la moitié des hommes. Encore qu’une enquête semblable n’ait pas été menée en France, il est malheureusement vraisemblable que les résultats n’en seraient guère différents.

La reconstitution de la réserve martiale est donc presque toujours une nécessité absolue car cette réserve peut être beaucoup moins abondante qu’on ne serait tenté de le croire. De plus, il faut faire entrer en ligne de compte la nécessité d’une quantité importante de fer tissulaire, non seulement pour entrer dans la composition des ferments oxydants auxquels Warburg attribuait un rôle de premier plan, mais encore parce qu’il semble, comme l’ont montré Fontès et Thivolle qu’une certaine quantité de fer tissulaire soit nécessaire pour faire équilibre au fer hémoglobinien.

Une notion non moins importante est le fait que,

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même fourni en quantité suffisante par l’alimentation ou la thérapeutique, le fer ne s’accumule pas dans l’organisme chez un sujet sain. Depuis longtemps, Hayem avait remarqué que le fer était éliminé chez l’homme normal par les urines, en particulier. Depuis, Fontès et Thivolle en particulier, ont souligné l’importance de l’élimination cutanée. Tout cela tend à prouver que d’une part les réserves de fer de l’organisme sont souvent moins importantes qu’on ne serait tenté de le croire et d’autre part que le fer ne saurait en aucun cas constituer dés stocks importants à cause de son élimination rapide.

Ceci posé, comment constituer ou maintenir une réserve importante de fer dans l’anémie post-hémorragique ?

Depuis longtemps, on s’est adressé pour cela à la thérapeutique par voie buccale. D’innombrables préparations ont été préconisées. Celles qui sont le plus couramment employées sont le protoxalate de fer, le caséinate de fer, le perchlorure de fer, le citrate de fer ammoniacal et le fer réduit.

Fontès et Thivolle préconisent le globinate de fer.

Toutes ces préparations se montrent efficaces. Malheureusement, l’absorption digestive est lente et seulement partielle. On estime qu'il est difficile à l'organisme d’assimiler plus de 15 milligrammes de fer par jour. À ce taux, la reconstitution des réserves ne peut être que lente. En effet, 15 milligrammes de fer, c’est moins que ce qu’il faut théoriquement pour constituer l’hémoglobine de 250 grammes de sang, et

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nous l'avons vu, la reconstitution des réserves martiales absorbe encore la plus grande partie du fer apporté à l'organisme.

Fontès et Thivolle ont établi que les préparations les plus favorables ne donnaient pas un rendement supérieur à 30 % em hémeoglobine. Le plus souvent, d’ailleurs, ce rendement. varie entre 15 et 20 %.

Comment pallier au caractère si fâcheux de lPassimilation martiale ? Plusieurs solutions peuvent être envisagées.

La première consiste en l’adjonction au fer de métaux tels que le cuivre ou le manganèse qui se substituent en partie au fer dans certains organes et libèrent ce dernier pour la formation d’hémoglobine.

Ce procédé est souvent efficace et il constitue, en tous cas, un correctif heureux à la thérapeutique par voie buccale. #

2° On a pu songer aussi à adjoindre à la thérapeutique par voie buccale des injections parentérales. Mais de telles injections sont considérées comme étant d’une application diffieile. En effet, les sels de fer sont douloureux en injections sous-cutanées ou. intramusculaires ; tel est le cas du citrate de fer, de Fascorbinate de fer, ete. etc.

On a utilisé aussi la voie intra-veineuse mais à notre connaissance la seule formule d'usage courant est celle de Gros qui emploie le cacodylate de fer à la dose de 1 centigramme par injection, une injection tous les deux jours (la formule de Gros comprend également du lactate de cuivre, & milligramme, et du cacodylate de soude, 2 centigrammes).

ML

Nous verrons quil est. possible d'utiliser d’autres produits d’une facon plus efficace.

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