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Réserve globulaire. — 1° Nous avons dit que lors d’une hémorragie aiguë, de nombreuses hématies s° trouvaient mises en dehors de la circulation dans les lacs sanguins de la circulation de retour.
La preuve en est qu’une fois l’hémostase assurée et ie sang perdu remplacé par un volume équivalent de liquide physiologique, on ne voyait le plus souvent qu'une diminution relativement faible du nombre des globules rouges. Mais cette réserve hématique n’existe
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comme telle que dans l’hémorragie aiguë. En effet, un sujet qui perd chaque jour une petite quantité de sang ne constitue pas une pareille réserve ; tous les globules rouges appartiennent à la circulation et même l’hémorragie arrêtée, on n’assistera à aucune amélioration du taux des globules. Or, il peut arriver au’à la suite de ces hémorragies répétées, des anémies extrêmement graves soient constituées. Les taux globulaires peuvent être comparables à ceux qu’on observe dans l’anémie de Biermer et l’hémostase ne les améliore pas.
Or, de pareils abaissements, non seulement sont dangereux par eux-mêmes et peuvent, sans que rien s’y ajoute, mettre en danger la vie des malades, mais surtout ils peuvent empêcher la mise en œuvre d’une thérapeutique efficace.
C’est ainsi que le malade de notre observation n° 1 était porteur d’une anémie hémorragique si importante qu’elle avait fait juger inopérable le cancer gasrique dont il était atteint, parce qu’on pensait, à juste titre, que son état sanguin ne lui permettrait pas de supporter une gastrectomie. Indiquons imimédiatement qu'après avoir reçu le traitement que nous préconisons, il a pu être opéré avec succès.
Le traitement d'urgence de ces carences hématiques est donc la greffe sanguine, autrement dit la transfusion. Mais, reconstituer par la transfusion la totalité de la réserve érythrocytaire est sinon une œuvre impossible, du moins un travail délicat, pénible et coûieux. Il s'agirait, en effet, d’injecter à de tels malades
trois ou quatre litres de sang ; cela s’est fait et nous l’avons vu réaliser plusieurs fois, mais une telle opération ne trouve sa justification que dans les cas d’urgence extrême, quand il s’agit de mettre en une vingtaine d'heures, un malade à même de subir une intervention chirurgicale ou de résister à une infection grave. Le plus souvent, la reconstitution sanguine intégrale est inutile. La transfusion n’est pas une transfusion de remplacement ; elle combat l’anémie d’une façon seulement modérée quant au chiffre et à côté de ce travail purement mécanique, elle vise également à l’excitation de l’activité de la moelle, comme nous l’avons dit plus haut.
C’est pourquoi, le plus souvent, quand on a, par ‘exemple, devant soi, un délai d’une semaine environ, on pourra se contenter d’une transfusion de deux ou trois cents grammes. Ce n’est qu’en cas d’urgence extrême que la transfusion de remplacement sera utilisée. Rappelons, à cet égard, que la quantité approximative nécessaire sera déterminée par la règle de Mariotte et KerwickK :
. Où P — le poids du sujet, H le taux d’hémoglobine % et
Q — la quantité de sang à injecter.
Une telle injection de sang sera réalisée non par transfusion, mais par perfusion, c’est-à-dire en injection lente, goutte à goutte, à une vitesse ne dépassant
pas si possible 100 centimètres cubes à l'heure.
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