‹ Contribution à l'étude du traitement de l'anémie post-hémorragiqueChapitre 12 sur 19 · RECHERCHES SUR DE NOUVEAUX PROCEDES D’ADMINISTRATION DU FER · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR DE NOUVEAUX PROCEDES D’ADMINISTRATION DU FER

Les chapitres précédents nous ont montré que le seul point faible du traitement de l’anémie post-hémorragique était le traitement martial. En effet, bien que nous ayons à notre disposition de nombreuses préparations contenant du fer, le taux d’assimilation de ces produits est peu élevé par voie digestive.

Les modes d'administration parentéraux sont douloureux quand on s'adresse à la voie sous-cutanée ou intra-musculaire ou si on s’adresse à la voie intra-veineuse, ils ne permettent pas l’emploi de quantité importante.

Nous avons tenté de pallier à ces divers inconvé- . nients.

Etant donné le caractère constamment douloureux des injections intra-musculaires ou tout au moins

ROUES \ sous-cutanées, nous avons décidé de recourir à la voie intra-veineuse.

Parmi les sels de fer d'usage courant, nous allons rejeter immédiatement le perchlorure de fer qui est caustique et qui fait coaguler le sang, le saccharate de fer qui donne une solution colloïdale et non une solution vraie. Nous nous sommes adressés d’abord au citrate de fer ammoniacal qui donne une solution de pH = 7 stable.et limpide.

Nos expériences sur les animaux de laboratoire ont été favorables. Quatre lapins de 2 kilos 500 ont reçu dans la veine marginale de l'oreille une injection de 5 ce de solution à 10 %, de citrate de fer ammoniacal. Aucun inconvénient n’en est résulté ni immédiatement ni à plusieurs jours de distance.

Une injection de 10 cc a été pratiquée dans la veine saphène d’un chien, également sans incident.

Nous avons, alors, utilisé le produit chez l’homme.

Une première malade, Mme L.., 33 ans, a reçu 1 cc de la solution à 10 %. Elle a immédiatement présenté une rougeur intense de la face, une tendance syncopale et des vomissements.

Un deuxième malade, M. D... 44 ans, après avoir reçu une injection préalable de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine a été soumis à l’instillation goutte à goutte intra-veineuse de 10 cc de la solution diluée dans 500 ce de sérum. Il a accusé quelques nausées mais l'injection a pu être poursuivie jusqu’à son terme.

Une troisième malade, Mme S.., 45 ans, a recu une

AD Se

heure avant l'injection une piqûre sous-cutanée de 10 centigrammes de chlorhydrate de propyl-phénylacétate de diéthylamino-éthanol puis une instillation dans les mêmes conditions que le sujet précédent.

Vers la fin de Pinstillation la malade a présenté des vomissements qui ont persisté pendant environ une demi-heure. Nous avons donc rejeté ce produii.

Nous nous sommes adressés alors au lactate de fer en Solution à 5 % et additionnée d’une même proportion de citrate de soude. Quatre lapins ont subi sans inconvénient l'injection intra-veineuse du produit.

Un sujet adulte et bien portant après une injection de 1 ce a présenté quelques nausées.

Nous avons rejeté ce produit.

Nous nous sommes alors adressés au tartrate de fer. Ce produit a été essayé sur quatre lapins. Trois de ceux-ci l’ont bien supporté, l’un d’eux a manifesté de VPagitation et de la diarrhée immédiatement après Finjection. Nous n’avons pas utilisé ce produit.

Nous avons alors employé le glycérophosphate de fer en solution à 5 %. Quatre lapins ont supporté sans incident l'injection de 10 cc par voie intra-veineuse. Deux sujets, M. V.... 38 ans et Mme L.., 45 ans, ont recu 20 cc du produit dilué dans 500 ce de sérum physiologique en goutte à goutte par voie intra-veinéuse. Ils n’ont accusé aucun trouble pendant et après l'administration du médicament. Nous avons donc retenu ce produit comme utilisable en thérapeu-

tique humaine.

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