‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 23 sur 26 · SA · texte numérisé non relu

SA

Le 3 juillet à 1 heure, on pratique une saignée de 300 cc. puis on sonde la malade. Les urines, dosées dans la matinée, renferment 6 grammes d’albumine par litre.

Vers 3 heures, la malade recommence à s’agiter et, presque aussitôt, apparaissent les premières convulsions de l’éclampsie, La malade doit être maintenue dans son lit.

Une injection de à cc. de Somnifène est faite pendant la période de convulsions cloniques.

Aussitôt la malade s'endort, Ce sommeil se prolongera toute la journée et une partie de la nuit sans incidents.

Le 4 juillet, au début de la matinée, la malade fait quelques mouvements dans son lit puis passe lentement de l’état d’inconscience à l’état de veille. Cependant elle a du mal à se rappeler les événements qui ont précédé ses accès d’éclampsie.

Elle parle avec difficulté et répond avec peine aux questions qui lui sont posées,

Un examen rapide nous indique :

Température : 37°8. Pouls : 95. Respiration : 20. Tension artérielle : 15-8.

Le 5 juillet la malade est calme, somnole une grande partie du temps. Dans ses moments de lucidité elle recouvre progressivement sa mémoire, répond avec plus de facilité lorsqu'on lui parle avec insistance.

Les jours suivants l’amélioration se confirme, tous les symptomes inquiétants disparaissent. La malade est au régime hydro-lacté.

Le 8 juillet. — Tension : 13-7. Diurèse : 1.300 cc.

La mère perçoit les mouvements du fœtus. Les bruits du cœur sont normaux.

Le 22 juillet la malade se lève.

A partir de ce moment l’état de la malade reste satisfaisant. Cependant, par intermittence, les urines renferment des traces d’albumine.

Le 16 septembre, sa grossesse étant à terme, la femme entre en travail. L'accouchement a lieu normalement le 17 à midi. L'enfant pèse seulement 2 kil. 800 mais se montre vigoureux.

Les suites de couches sont régulières et la mère et son enfant peuvent quitter la Maternité bien portants le 27 sepembre.

CGCONCEUSIONS

Dans tous les cas où nous l’avons employé, le Somnifène nous a donné des résultats intéressants.

Régulièrement nous avons pu enregistrer la guérison maternelle. Une seule fois (obs. n° 3) celle-ci a été retardée par l’apparition d’un léger foyer de congestion bi-latérale. Au cours de l’accouchement (Obs. n° 2), le Somnifène nous a permis d'arrêter définitivement les crises et d'intervenir facilement pour abréger la période d’expulsion. Au cours de la grossesse, nous notons un cas d'accouchement prématuré (Obs. n° 4) survenu au huitième mois, mais nous pouvons supposer qu'il en aurait été autrement si la malade nous avait été confiée dès le début de ses crises. Dans deux autres cas (Obs. n° 3 et n° 5), la grossesse s’est poursuivie jusqu’à terme, respectivement 27 jours et 73 jours après la guérison de l’éclampsie. Dans un cas (Obs. n° 1) l’accouchement a eu lieu quelques jours seulement avant terme.

Le traitement ne semble avoir porté aucun préjudice à l'enfant.

La mort de l’un d’eux au sixième jour (Obs. n° 4) ne saurait être imputée au Somnifène. Nous avons eu d’autre part un enfant né étonné (Obs. n° 2) mais ranimé facilement. Dans les autres cas l’enfant n’a pas souffert.

Le Somnifène s’est toujours montré efficace contre les crises convulsives. Une seule fois nous avons dû renouveler la dose de 3 centimètres cubes. Nous avons pensé que la dose initiale de 3 centimètres cubes n’était pas assez forte et, dans les cas suivants, nous avons injecté d’emblée

4 centimètres cubes. Une seule fois (Obs. n° 5) les antécédents nerveux de la malade nous ont incité à injecter en totalité l’ampoule de 5 centimètres cubes.

En résumé, les propriétés hypnotiques et sédatives du Somnifène nous paraissent trouver utilement leur emploi dans les convulsions de l’éclampsie. C’est un médicament à effet rapide et régulier et ne présentant qu’un minimum de toxicité aux doses usuelles.

Il est d’un maniement facile et peut permettre au praticien de traiter les malades à domicile, sans nécessiter sa présence continuelle.

L’injection de 4 centimètres cubes nous semble être la dose optima. Le traitement général de léclampsisme ne devra pas être négligé.

Vu, BON 4 IMPRIMER :

Le Président, JGUYOT- Vu:

Le Doyen, C. SIGALAS.

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