‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 3 sur 26 · QU TRAITEMENT DE L'ÉCLAMPNIE · texte numérisé non relu

QU TRAITEMENT DE L'ÉCLAMPNIE

PAR LE NOMNIFENE

ENEROEDUETION

Au cours de la grossesse, pendant l’accouchement ou dans les jours qui suivent, la femme peut présenter une affection caractérisée par des accès convulsifs, épilepti- : formes, et suivis habituellement de l'abolition plus ou moins complète et plus ou moins prolongée des facultés intellectuelles et sensorielles. C’est ce syndrome qui porte le nom d’éclampsie (èx\guraw, faire explosion).

Mais si brusque soit la crise d’éclampsie, elle n’en est pas moins précédée très souvent par des symptômes dont l’ensemble permet de déceler un état pré-éclamptique, et. s’il n’est pas trop tard, de prévenir par une diététique et une thérapeutique rigoureuses l’irruption de l’attaque.

L’albuminurie et l’anasarque sont les manifestations les plus précoces et les plus souvent constatées de cet état pré-éclamptique, auxquels viennent s'ajouter en dernier lieu la céphalée très intense et persistante, des troubles de la vue consistant en éblouissement, en vertige, en perte momentanée de la vision, une douleur épigastrique violente et des vomissements.

Malheureusement, la négligence de l’intéressée laisse trop souvent le médecin traitant dans l’ignorance de ces signes prémonitoires. L’examen périodique des urines n’est

ne he

pas pratiqué, la parturiente n’est pas visitée pendant le cours de sa grossesse, et son entourage accorde trop peu d'attention aux phénomènes insidieux qui ne peuvent révéler leur importance qu’à un esprit clinique averti.

C’est pourquoi, dans la majorité des cas, c’est la seule manifestation dramatique de la crise d’éclampsie qui amène le médecin au chevet de la malade.

Dramatique en effet cette soudaineté des accidents dont la gravité dénonce une intoxication extrême qui met en péril la vie de l’enfant et celle de la mère et menace cette dernière de complications redoutables : congestion méningitique, hémorragie cérébrale, œdème aigu du poumon, apoplexie utéro-placentaire.

En présence d’un tel tableau il faut agir rapidement. Les moyens employés actuellement sont nombreux mais aucun ne s’est montré jusqu'alors exempt de critique.

C’est que la pathologie de l’éclampsie nous reste entièrement inconnue. La théorie ovulaire, la théorie hépatique, la théorie rénale, la théorie anaphilactique, la théorie endocrinienne, etc rivalisent d’ingéniosité, se renouvellent sans cesse, mais restent toujours du domaine de l’hypothèse. Aussi, tant que la pathogenèse de cette redoutable affection nous demeure obscure, aucun traitement rationnel ne peut être institué.

À défaut de traitement spécifique nous devons combattre chaque fait pathologique indépendamment, chaque symptôme suivant son intensité.

Nous n’avons pas la prétention d’édifier dans ce travail un traitement général de l’éclampsisme, mais seulement d'ajouter notre modeste contribution à l’étude des moyens mis en œuvre pour combattre un de ces symptômes, la crise convulsive, qui reste sa manifestation dominante.

Cette complication a vu se dresser longtemps contre elle la saignée qui connut plus de faveur encore lorsqu’en 1905

PR

on découvrit, d’après les travaux d’Ambard, l'hypertension constante des éclamptiques.

À partir de 1848, les anesthésiques tels que le chloroforme et l’éther connurent une vogue générale, à peine diminuée depuis 1867, date qui marque la découverte du chloral. Celui-ci reste encore une des meilleures armes employées contre l’éclampsie. À côté prend place la morphine dont l’emploi nous fut indiqué vers 1910 par l’école Algérienne.

La méthode de Stroganoff, qui utilise alternativement la morphine et le chloroforme, a de nombreux partisans.

Nous citerons pour mémoire le Veratrum Viride, employé surtout en Amérique, très discuté en raison des doses toxiques qu’il faut atteindre et qui le rendent dangereux à manier.

Parallèlement à ces méthodes purement médicales, l’intervention obstétricale dans les cas graves conserve encore de nombreux défenseurs.

Ces différentes thérapeutiques déjà anciennes se sont enrichies au cours de ces dernières années par l’emploi des produits chimiques de la classe des Barbituriques, qui possèdent des propriétés hypnotiques et sédatives remarquables.

Parmi les derniers produits connus de cette famille des Barbituriques, il faut placer le Somnifène, dont nous avons eu l’occasion d’apprécier la valeur dans les traitements de tous les états d’agitation, au cours de dix-huit mois d’internat à l’Asile Départemental d’Ille-et-Vilaine, à Rennes, sous la direction de MM. les Professeurs Sizaret et Quercy et en collaboration avec MM. Dodard des Loges et Lancelot, internes.

Les résultats obtenus nous ont engagé à poursuivre l'étude de ce produit, et c’est à la suite de différentes publications parmi lesquelles nous devons citer celles de M. Larribère, Chef de Clinique obstétricale à la Faculté d'Alger, que nous avons été conduit à l’essayer contre les

Lui 10e

crises d’éclampsie. M. le Docteur Legros, médecin de la Maternité des Hospices Civils du Mans, a bien voulu faciliter notre tâche en nous permettant de pratiquer ces essais dans son service. Nous avons donc traité tous les cas d’éclampsie qui se sont présentés. Nous apportons cinq observations.

Au cours de ce travail nous nous proposons, après une brève étude des différents traitements actuels de léclampsie, d'examiner le Somnifène aux différents points de vue : Hstorique, Chimique, Physiologique et Clinique.

Il nous a paru nécessaire de préciser en quelques lignes la technique de son emploi en injection intraveineuse.

Nous exposons ensuite les différentes observations que nous avons recueillies et les conclusions que nous croyons pouvoir en tirer.

200 à Réel

Page 1