‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 6 sur 26 · APT: CO · texte numérisé non relu

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Rouvier, en 1923, nous donne les indications suivantes dues à son expérimentation.

Injecter primitivement trois centigrammes de morphine sans tenir compte du nombre des crises antérieures.

Une demi-heure après, quatrième centigramme.

Une demi-heure après, cinquième centigramme.

Ensuite, injection toutes les heures de un centigramme jusqu’à disparition des crises.

Faire une dernière injection de un centigramme une heure après la cessation des crises.

Puis, une heure après, 1/2 centigramme.

Une heure après, 1/2 centigramme.

Le total des injections ne devra dépasser 12 centigrammes qu’exceptionnellement.

Ce maximum est approximatif. Rouvier lui-même écrit : « La dose totale dépassera exceptionnellement 12 centigrammes. Quand, en effet, cette dose a été atteinte sans rémission aucune des crises convulsives, on peut suspendre sans inconvénient les injections de morphine pendant quatre ou cinq heures. Dans ces cas il semble exister une imprégnation des cellules nerveuses par les toxines qui atténue leur sensibilité à la morphine ».

Nous pouvons conclure, au sujet de la morphine, qu’elle a vraiment une action utile, plus rapide que celle du chloral, moins dangereuse que celle du chloroforme.

Toutefois son action n’est pas régulière et son emploi ne garantit pas le succès.

Elle a l’avantage de bénéficier des facilités de l'injection hypodermique.

La Méthode de Stroganoff.

La méthode de Stroganoff consiste dans l’association de la morphine et du chloral. L'idée de cette association fut conçue et réalisée à peu près en même temps (1875) par Nussbaum en Allemagne et par Claude Bernard en France.

Elle repose sur l'action paralysante exercée par la morphine sur les centres nerveux. Chez l'individu préalablement soumis à l'influence de la morphine, l'impression première produite par le chloroforme est moins vivement ressentie, d'où suppression ou tout au moins atténuation des phénomènes d'excitation primitive.

On a, par contre, reproché à la méthode morphine-chloroforme de favoriser les arrêts progressifs de la respiration et, finalement, la syncope respiratoire. Cet inconvénient parait avoir été exagéré; d’ailleurs, la syncope peut presque toujours être prévue quand on a soin de surveiller attentivement le malade.

Le traitement peut être ordonné de la façon suivante

A. 0 RO ds ere morphine... 0 gr. 015 PR DCS ERCPRRS CPPERUE » …. Ogr. 015 A 3 heures..... TETE chloral.... 3gr.

AD DOS esters à D Vises DER A T'AS, Li Ci ts Ml FE YRS DURE:

ÀA:B'hsntes Sc AE PVERARCS EN

Le chloral est administré en lavement sous forme de solution gommeuse.

Les résultats sont assez satisfaisants. Les statistiques accusent une mortalité qui varie de 6 % avec Stroganoft, Primo et Roth (1900 à 1910), à 10 % avec Fornster et Meyer (1916), et 17 © avec Essen Moller (1916).

Cette méthode mixte a l'avantage d’atténuer les inconvénients du chloroforme par l'injection préalable de morphine. Cependant les inconvénients de ces deux médicaments subsistent en grande partie. De plus elle est d’application délicate et les résultats restent incertains.

Traitement obstétrical.

Après avoir connu des partisans exclusifs, le traitement chirurgical semble actuellement s'efacer complètement

devant le traitement médical et ne devoir être discuté que lorsque ce dernier a échoué.

Les abus qu’on en a fait s'expriment en des statistiques assez contradictoires mais dont la comparaison est loin d’être encourageante.

De nos jours on paraît avoir renoncé à l'évacuation forcée de l’utérus dans la période pré-éclamptique malgré les résultats publiés par Essen Moller (30 cas avec 30 survies maternelles et 7 morts de fœtus) et les avis favorables de Baker, Spalding et Hauch.

Burmen et Durhssen étaient partisans d'intervenir dès la première crise

Winter, Hauch, Seitz et Brandt citent à l’appui de cette thèse des statistiques où le pourcentage de la mortalité varie de 0 à 19,

Winter a même tenté la césarienne vaginale dans 34 cas et accuse seulement une mortalité de 9 %.

La césarienne basse, pratiquée par Stweek, lui aurait donné six guérisons pour six cas traités. Il est encore difficile de se prononcer sur cette méthode.

La césarienne abdominale a été essayée depuis longtemps mais l’ensemble des résultats est désastreux.

A côté des 8,3 % de mortalité chez Zweidel et 7,8 % chez Engelmann se dressent les statistiques de Eurke et Hilmann en 1900 avec une mortalité de 51 et 60 %, celles de Prins en 1901 avec une mortalité de 42 %, de Croon en 1905 avec une mortalité de 50 %, de Routh en 1911 avec 4 décès pour 10 opérées, et de Reuben en 1914 accusant 98 décès sur 198 interventions.

Ces résultats dispensent de toute critique et condamnent suffisamment la césarienne abdominale comme traitement de l’éclampsie.

Cette méthode à part, il est difficile de juger des avantages de l’évacuation forcée de l’utérus.

Les résultats fournis par la Clinique Obshaussen (de Berlin) donnent, de 1900 à 1905, une augmentation de mortalité de 45 % due aux interventions pratiquées.

Fornstner ne craint pas d’affirmer que: « Les expériences faites jusqu’à présent montrent d’une manière irréfutable qu’en comparant deux séries de cas, les uns traités systématiquement par la méthode active, les autres d’après la méthode passive, les résultats de la dernière sont meilleurs que ceux de la première ».

Wessermarch (de Stockholm) constate, en 1916, « qu'une longue expérience a montré que le traitement actif n’a pas réalisé les espérances qu’il avait fait naître ».

Actuellement, la plupart des auteurs s'entendent pour ne recourir au traitement obstétrical pendant la grossesse que lorsque le traitement médical a échoué.

La vie de la mère est alors fortement menacée et celle de l'enfant n’est d'habitude plus même en cause ; il faut interrompre la gestation. À partir de sept mois et demi, lorsque les accès n’ont pas cédé au traitement médical, on peut espérer sauver l’enfant, pratiquement viable, en intervenant rapidement. Aussi est-il indiqué de provoquer le travail par des moyens plus ou moins rapides (ballon excitateur si on a le temps, dilatation bi-manuelle dans le cas contraire).

Pendant l’accouchement, plusieurs cas sont à considérer:

Si la dilatation est complète, l'extraction de l'enfant sera faite par les moyens les plus rapides (forceps, version. craniotomie si l’enfant est mort).

Si la dilatation est incomplète, attendre qu’elle se termine s’il s’agit d’une éclampsie de gravité moyenne. Autrement faire la dilatation digitale du col si elle est possible et terminer l’accouchement.

Ce n’est que lorsqu'on se trouvera en présence d’un col rigide, fermé, qu’on sera autorisé à intervenir chirurgicalement. La césarienne vaginale sera préférable.

Le traitement obstétrical reste donc une arme dangereuse et à laquelle il ne conviendra de recourir qu’après un échec complet du traitement médical,

NNN =

L'intervention est toujours grave pendant la grossesse. Au cours de l’accouchement elle devra se borner autant que possible à faciliter le travail.

Traitements adjuvants.

Les différents traitements étudiés précédemment sont surtout employés dans un but d’action directe contre la crise convulsive. Cette action sera plus efficace si parallelement on institue une thérapeutique d'ensemble qui combatte en même temps les autres symptômes de toxémie, d'hypertension et d’acidose suivant la prédominance de chacun d’eux et ses manifestations.

Traitements anti-toxiques.

La diététique se place au premier plan par son importance. Tarnier affirmait que « toute albuminurique qui aura pu suivre, pendant huit jours consécutifs, le régime lacté absolu n’aura pas d’accès éclamptiques ». Une fois la crise déclarée, Bonnaire recommandait le régime hydrique absolu (4 à 6 litres d’eau de Vichy) pendant l’état du mal, puis le régime mixte (eau et lait écrêmé), puis le lait pur (2 à 3 litres par jour). Lorsque tout danger sera écarté on ordonnera le régime végétarien, mitigé avec des œufs, des féculents, des pâtes.

Les purgations et les lavements purgatifs favorisent l’élimination des substances nuisibles. L'huile de croton associée à l'huile de ricin constitue un purgatif énergique. Le lavement purgatif provoque l'élimination de matières fécales abondantes, accumulées depuis très longtemps dans l’intestin.

Le lavage d'estomac, d’un emploi moins courant, a une importance égale et contribuera à l’évacuation des toxines.

Les diurétiques tels que la théobromine agissent en même temps comme anti-toxiques et comme hypotenseurs.

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