‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 9 sur 26 · MT LEA · texte numérisé non relu

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sensorielle est capable d’entraîner des convulsions chez ces malades dont le système nerveux est dans un état d'hérétisme aigu.

Les hypnotiques et les sédatifs du système nerveux ont presque tous été employés. Parmi les plus importants nous citerons seulement lopium, le bromure de potassium, la valériane, le castoreum, le musc.

La scopolamine a été d’abord utilisée en psychiatrie, puis comme anesthésique chirurgical en Allemagne. En obstétrique elle fut essayée en association avec la morphine par Steinbuchel et Gauss. Osterloh l’a employée dans les mêmes conditions contre l’éclampsie. Les résultats en furent très médiocres.

Le sulfate de magnésie est vivement conseillé par Wodon (de Bruxelles). Il doit être employé en injections intramusculaires de 10 centimètres cubes d’une solution à 50 %. L’injection peut être renouvelée à une heure d'intervalle. Lee Dorsett a injecté jusqu’à 25 grammes de magnésie en 12 heures sans inconvénient. Il recommande d’avoir sous la main une ampoule de 10 centimètres cubes de chlorure de calcium à 10 % pour combattre, par une injection intraveineuse, les troubles respiratoires susceptibles de se manifester. Brouha et Spies ont expérimenté cette méthode et en donnent d’heureux effets.

Le sulfate de magnésie ainsi administré arrêterait presque toujours, dès la première ou la deuxième injection, les convulsions. Il n’exercerait aucune action sur les contractions utérines ; si le travail a commencé, il continue. Le sulfate de magnésie n’a aucune action sur le pouls, ni sur la pression sanguine; aussi, si celle-ci dépasse 150 mm., la saignée reste indiquée. Ce médicament aurait une action diurétique très nette.

Cependant, Wodon (1926) reconnaît qu’il est un groupe d’éclamptiques qui ne tire guère de bénéfice de cette théra-

peutique. C’est celui des malades qui présentent des convulsions éclamptiques par l’urémie.

Les résultats du sulfate de magnésie sont-ils dus à ses propriétés anesthésiantes ou sont-elles tout autres? Jusqu’à présent nous ne pouvons qu’admettre empiriquement son action efficace.

Traitements hypotenseurs.

Nous avons dit précédemment le rôle de la saignée dans la thérapeutique hypotensive et l'importance qu’elle devait atteindre pour être efficace dans ce sens.

Tous les hypotenseurs connus peuvent être appelés à jouer leur rôle dans l’éclampsie dont l'hypertension est un des symptômes les plus constants. On peut leur reprocher pourtant une action trop éphémère, qu’il s’agisse du nitrite d’amyl, de la trinitrine ou du nitrite de soude.

Traitement de l’acidose.

Wodon, dans une de ses publications, en 1928, a montré l'importance de l’acidose incompensée qui accompagne la crise de convulsions éclamptiques. II conseille de lutter contre cette acidose par l’administration de boissons bicarbonatées ou de lavements si l’état de la malade le réclame.

Il serait facile d’étendre cette brève étude des médicaments appelés à jouer un rôle comme adjuvant dans le traitement de l’éclampsie.

Au cours de ces dernières années, l’opothérapie en particulier a ouvert un vaste champ d’exploration aux cliniciens. Hofbauer, en Allemagne, préconise l’opothérapie ovarienne, Wessermarch procède à l’ablation du corps jaune. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Lange, Hergott, Fruhinsholtz, Charni et Moussu pensent que l'insuffisance thyroïdienne et parathyroïdienne a une influence dans l’éclosion de certaines éclampsies.

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Ces différentes théories ont toutes à leur appui quelques cas heureux, mais il est difficile de déterminer quel a été la part véritable de la méthode suivie dans les résultats obtenus. Actuellement, cette voie paraît abandonnée.

Les méthodes chirurgicales ont également à leur actif quelques innovations qui sont restées sans lendemain. Il en est ainsi de la trépanation décompressive tentée par Zangemester pour lutter contre l’œdème cérébral. La ponction lombaire préconisée par Bar ne semble pas davantage avoir amélioré le pronostic de l’éclampsie. On pourra y recourir toutefois dans les cas de coma prolongé ou de céphalée violente.

Nous pouvons constater à la fin de ce chapitre, et le nombre des méthodes employées pour lutter contre l’éclampsie, et l’imperfection des résultats obtenus.

Les convulsions de l’éclampsie restent difficiles à vaincre et nécessitent trop souvent des excès médicamenteux préjudiciables à la santé de la mère et à la vie de l'enfant.

Cette partielle impuissance de la science médicale n’a rien d’exceptionnel pour nous surprendre. Elle nous incite seulement à poursuivre nos efforts en vue de résultats meilleurs.

À la suite de Larribère nous avons étudié les effets du Somnifène dans les états d’éclampsie. Nous avons pensé avec lui que cette méthode méritait une plus large expérimentation, et nous serons heureux d’avoir pu contribuer à ces recherches si elles doivent apporter quelque soulagement à ces malades dont la maternité augmente l'intérêt et un peu d’aide aux praticiens trop souvent désarmés en pareilles circonstances.

RTE (pe DEUXIÈME PARTIE

Le Diéthyl-Isopropyl- Allyl- Barbiturate

de Diéthylamine ou Somnifène.

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