‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 10 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire de ce médicament est relativement récente. C’est en 1920 seulement que Thomas-Alday Redonnet l’ohbtint par synthèse à l’Institut de Pharmacologie de Zurich. Les premiers ouvrages qu’il publia à son sujet nous renseignent déjà sur son action hypnogène et sa toxicité cons- tatées sur différents animaux.

La même année, E. Liebmann résumait ainsi ses observations recueillies sur une centaine de malades : « Administré par voie buccale, une dose de 35 à 60 gouttes provoque un sommeil calme dans les états d’insomnie dépendant d’une irritabilité accentuée de l’écorce cérébrale. Le réveil est parfait de bien-être et ce n’est que tout à fait exceptionnellement que l’on observe une prolongation de durée de l’action hypnotique. Ce médicament, excessivement maniable, agit parfois à toutes petites doses ; aussi, pour trouver la dose nécessaire qu’il est inutile de dépasser pour obtenir un certain effet, peut-on tâtonner en augmentant progressivement le nombre de gouttes; par voie souscutanée, la dose narcotique est de 2 à 3 centimètres cubes. Pour agir rapidement et d’une façon plus intense, 4 centimètres cubes et plus sont nécessaires; l’association avec la morphine donne d’excellents résultats. Dans l’insomnie

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habituelle, on ne doit pas injecter plus de 2 centimètres cubes. Par voie intraveineuse, ce médicament, à des doses de 3 ou 4 centimètres cubes, a déterminé souvent immédiatement un sommeil durable de plusieurs heures. Ce mode d'administration est surtout indiqué dans les cas d’excitation très intense, Administré par voie intraveineuse, le Somnifène s’est affirmé comme un excellent hypnotique pour combattre les convulsions qui menacent la vie ; enfin, on n’a jamais observé d’effets secondaires désagréables ; dans la plupart des cas la pression sanguine ne fut que peu ou pas influencée. »

En novembre 1920, G. et D. Bardet publient plusieurs observations d’anesthésie générale obtenue avec le Somnifène en injection intraveineuse. La narcose produite ne permettait pourtant pas de pratiquer une action chirurgicale importante et présentait l'inconvénient d’être suivie durant plusieurs jours d’une torpeur profonde. Cependant ce produit leur semblait utilisable en obstétrique : « Les barbiturates, disaient-ils, ne touchent pas le foie, ils provoquent à haute dose l’anesthésie sans toucher les organes de la vie animale ; la circulation, les fonctions des muscles lisses sont conservées mieux encore qu'avec les anesthésiques volatils. Il nous semble donc qu'il y ait là une indication favorable pour anesthésier les parturientes, et nous engageons vivement les accoucheurs à essayer cette anesthésie ».

En 1921, Wiki cherchant à diminuer la somnolence qui succède à la narcose substitua au diallyl un nouveau corps, Pallyl-isopropyl-barbiturate de diéthylamine.

En 1925, M. Cerné essaya d'obtenir l’analgésie obstétricale par voie intra-musculaire dans le service de M. Funck- Brentano. En même temps M. Cleisz et M'e Perlis utilisèrent la voie intraveineuse. Ils concluent à une action favorable à l'accouchement et à l'innocuité de l'injection. Régulièrement la sédation des douleurs avec abolition absolue de la conscience est obtenue chez les parturientes.

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