‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Encéphalite Épidémique par le Salicylate de SoudeChapitre 21 sur 27 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Due à l’obligeance du P' Dopter)

(Dans cette observation et les deux saivantes le salicylate de soude a été administré par voie buccale au lieu de la voie

veineuse.)

M. K. R..., Saint-Cyrien, 22 ans.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires. Dans les antécédents personnels une poussée d’ictère catarrhal il y a six ans.

Le début de l'affection remonte au 1° mars 1923. Depuis quelques jeurs, déjà le malade éprouvait de l’apathie, de la fatigue générale et éprouvait de la difficulté à suivre ses cours,

Il n'avait goût à rien, ditil. Vers cette époque s’installe une somnolence qu’il n'arrive à vaincre que difficilement et en montrant beaucoup de volonté. Il ne peut plus assister à l'étude facultative du soir et est obligé de monter se coucher au dortoir. Il s'endort, aussitôt couché, jusqu'au lendemain matin et l’arrivée de ses camarades venus de l'étude ne le réveille pas. IL s'endort aux cours et plus particulièrement à

ceux où il faut fournir une certaine attention. Il dormirait

toute la journée si on ne le surveillait pas. Indépendamment de cette somnolence impérieuse il éprouve de la fatigue générale et des douleurs au niveau des genoux et des jambes les deux crêtes tibiales sont douloureuses spontanément et lorsqu'il les touche ; la céphalée est intermittente ainsi que des douleurs dentaires. Chaque fois qu'il monte un escalier il éprouve une douleur sourde dans la région de la nuque s'irradiant vers la colonne vertébrale. Il n'a plus de goût pour ses études, l'effort intellectuel le fatigue.

10 mars. — Devant tous ces symptômes il va consulter le médecin de l’école : 37°5 (axillaire), celui-ci pense à de l’embarras gastrique et lui ordonne une purgation.

Le 2$ mars il part en vacances pour les fêtes de Pâques, mais il est pris de fièvre (38°9) qui l'oblige à s'aliter pendant quelques jours. Mais la température faisant sa réapparition dès qu'il fait le moindre effort (le fait d'aller rendre visite à des camarades) le malade appelle un médecin qui lui fait une piqüre d’électrargol. Celle-ci n'amène aucune amélioration. Le malade fait appeler le médecin de la place de Paris qui l’hospitalise au Val-de-Grâce le 12 avril 1993.

Il est placé au 1*° Blessés dans le service de M. le Professeur Rouvillois qui, pensant à une ostéomyélite de l'adolescence fait radiographier les deux genoux et les deux jambes. La radiographie est négative. Une radioscopie pulmonaire pratiquée en même temps ne donne aucun résultat. M. le professeur Dopter appelé en consultation porte le diagnostic d'encéphalite léthargique et fait passer le malade dans son service. Le malade éprouve dans les jambes, dans les genoux, à la nuque et aux dents, les mêmes douleurs précitées, dès

qu’il s'étend sur son lit il dort. On constate la même fatigue

DA

cérébrale et la même apathie. Au point de vue fonctionnel, l'examen des différents organes est négatif et l’appétit est conservé. La température oscille entre 37°5 et 3802. Il existe de la diplopie, un léger strabisme et quelques secousses myocloniques intermittentes (dont on se serait aperçu pendant son sommeil).

On institue un traitement au salicylate de soude per os : 6 grammes par jour à partir du 13 avril.

Quarante huit heures après la température était à la normale et s’y maintenait, en même temps les douleurs s’atiénuaient pour disparaître totalement au bout de trois à quatre jours. Le strabisme s’atténuait parallèlement. Enfin le sommeil restant toujours très profond pendant la nuit, diminuait progressivement; si bien que vers le 12 avril toute somnolence diurne avait disparu.

La fatiguec cérébrale et intellectuelle s’'amende également et au début du mois il peut lire, écrire quelques lettres, et soutenir une heure de conversation.

Pendant ce temps d'amélioration toutefois le malade perd ses cils (troubles trophiques).

Il sort le 10 mai paraissant complètement guéri.

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