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par poussées successives et s'accompagnait de FEENEe généralisées et de prurit, ces caractères semblent se rapporter à une dermatite herpétiforme de Dühring dont il est sorti de l'hôpital complètement guéri.
Tout au début de mars 1993, il a été atteint de catarrhe du nez et du pharynx qui a persisté plus d’unesemaine. Puis environ douze ou quatorze jours après ce début ilest devenu irritable, colérique, impulsif ; ila fini par trembler et par manier maladroitement ses plats et le 15 mars il a dû s’aliter.
Etat actuel. — On est frappé tout d'abord par le facies du malade à la fois vultueux et étonné, par son état d’agitation, par ses sueurs profuses et par des tremblements amples, généralisés aux quatre membres et qui ressemblent plutôt à des secousses. Loin d’être enléthargie, le malade a nettement de l’insomnie avec agitation depuis deux ou trois nuits. Malgré son excitation iln’a pas de troubles de la mémoire ni d’incohérence des idées. Il se plaint lui-mème d’un violent mal de tête et aussi de douleurs vagues et presque géné-
ralisées, quoique surtout prédominantes dans les membres.
Le pouls est à 104 et la température à 39°2.
Les urines fébriles ne renferment ni sucre ni albumine.
La respiration est rapide (38 à la minute) quoique l’auscultation thoracique ne décèle rien d’anormal.
Il n’y a pas de raideur de la nuque, ni de paralysies des muscles externes de l'œil ni de la face. Mais on est tout de suite frappé par une dilatation relativement considérable de la pupille droite qui ne réagit pas à la lumière et mal à l’accommodatiou, tandis que la pupille gauche qui paraît être de dimension normale ne réagit pas non plus à la lumière et
mal à l’accommodation.
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Le réflexe consensuel est aboli, Il n’y a pas de chute (qui frappe) des paupières supérieures. Néanmoins il y a impossibilité de les relever tout à fait complètement.
Indépendamment des gros tremblements ou secousses dont ils sont le siège, les membres supérieurs ont un certain degré d’incoordination motrice. Le malade porte très maladroitement le bout de son index au bout de son nez. Il n’y a
pas de trouble marqué de la démarche.
Le signe de Romberg est faiblement positif. Mais ce qui frappe surtout aux quatre membres c'est l’exagération généralisée à peu près uniformément et extrêmement marquée de tous les réflexes tendineux. Le signe de Kernig est positif. La ponction lombaire n’est pas pratiquée.
Ayant lu quelque temps avant dans le Paris-Médical une publication du professeur Carnot et de Blamoutier sur l’emploi dans l’encéphalite du salicylate en injections intraveineuses je résolus (ne pouvant d’ailleurs recourir à des injections intra-veineuses assez fréquentes) de l’employer exclusivement en ingestion mais à très hautes doses, et je commençai par une dose de 1 gr. 50 toutes les trois heures (soit 12 grammes par jour).
17 mars. — La céphalée et les douleurs des membres sont déjà notablement calmées, ainsi que l'excitation psychique. L'insomnie toutefois persiste quoiqu'à un degré moindre. Les secousses des membres persistent aussi ; mais peut-être déjà un peu moins marquées. La mydriase de la pupille droite et l'exagération des réflexes tendineux sont les mêmes, La polypnée est diminuée. La température vespérale est à 38 degrés. On continue le salicylate de soude à la dose de
8 grammes par jour.
24 mars. — ily a deux jours le malade se sentant mieux a cru devoir suspendre le salicylate de soude. Dès le lendemain, le mal de tête, le malaise général, la surexcitation mentale et la fièvre, dit-il, ont réapparu. Le malade attribue lui-même cette rechute à la suspension du médicament, Je constate une température vespérale de 384. À mon très grand regret l’entourage du malade n’a pas vonlu faire l’ef. fort nécessaire pour prendre la température matin et soir. Je rétablis le salicylate de soude en indiquant d’en abaisser
la dose quotidienne à 6 grammes au bout de quelques jours.
Le 9 avril, après reprise du salicylate le 24 mars, le malade s’est trouvé de nouveau amélioré ; puis comme devant, il cesse de nouveau la médication de lui-même vers le 5 avril et certains symptômes reprenant, il me fait appeler quelques jours après. À ce moment je constate que la mydriase de l'œil droit, les troubles de la réflectivité pupillaire et l’exagération des réflexes tendineux sont à peu près les mêmes qu’au début, mais les tremblements des membres sont moindres ainsi que l’incoordination motrice. L’excitation, le mal de tête et les malaises des membres sont des symptômes plus mobiles qui ont disparu par l'emploi du salicylate mais qui sont revenus en partie à la suite de sa suppression. Je prescris à nouveau du salicylate de soude à la dose de 6 grammes par jour à prendre durant un mois au moins. Le malade par économie ne voulant avoir la visite d’un médecin que lorsqu'il croit en avoir lui-même besoin.
10 juillet 1923. — Le malade ne m'avait pas fait rappeler et comme d'autre part j'avais appris qu’il avait repris en partie ses occupations, j'étais fort curieux de connaître son
état et de savoir ce qu’il était advenu à la suite de ma der-
nière prescription. Je le priai donc de consentir à se laisser examiner. {lm’apprit qu'à la suite de ma dernière visite du 9 avril, il avait continué pendant plus d’un mois à prendre 6 grammes de salicylate par jour, puis avait fini par le supprimer et n'avait pas eu de rechute depuis. Je constate actuellement que la mydriase de l'œil droit a disparu, que la réflectivité pupillaire à la lumière et à l’accommodation est normale ; que les réflexes tendineux sont redevenus normaux, qu'il n'y a plus de secousses ni de tremblements musculaires, ni d’incoordination motrice, quele sommeil est bon. L’ex-malade dit seulement qu’il est moins capable d'effort
prolongé qu'avant sa maladie.
Que déduire de ces observations ?
Si on fait abstraction de l'observation I dont la malade est morte, mais où il s'agissait d’une forme particulièrement grave et où le traitement institué par voie veineuse ne put être continué un temps suffisant, et si on fait également abstraction de l’observalion IX dont le malade a cependant été nettement amélioré, mais où il s'agissait d'une forme déjà ancienne puisque la première atteinte d’encéphalite remontait à plus de trois ans et où une partie de la symplomatologie (lenteur des mouvements) qui a persisté relevait déjà du syndrome de Parkinson pour lequel nous avons déjà fait des réserves quant à l'efficacité du traitement ; une première constatation s'impose, c’est que toutes ces observations se sont terminées par la guérison clinique.
À vrai dire on pourrait objecter que ces observa-
tions ne sont pas encore tellement nombreuses et que d’autre part la guérison spontanée de l’encéphalite épidémique n'est pas tellement rare qu’on ne puisse penser qu'il ne s'agisse 1à peut-être que d’une série heureuse. Néanmoins cette coïncidence serait déjà remarquable.
Mais un fait surtout nous a paru important en faveur de l'efficacité du traitement salicylé, c’est la concordance entre l'institution de ce traitement et ie début de l’amélioration des malades. Concordance qui ressort nettement de la plupart des observations.
C'est ainsi que dans l'observation I, la malade dont l’état allait progressivement en s'aggravant reçoit du salicylate pour la première fois le 12 décembre ; dès le 14 au soir son agitation diminue, dès le 15 au matin sa température de 38°% est tombée à
Dans l'observation Il le traitement est commencé le 26; dès le 28, la température tombe de 38 à 37v2 et le malade sort de sa léthargie.
Dans l’observation V, le traitement est commencé le 26 avril; dès le 29 l’état du malade est complètement modifié, il n’a presque plus de myoclonies.
Dans l'observation VI, le traitement est cominencé le 2 mars; dès le 5 l’état est considérablement amélioré. RE
Dans l'observation VIII, le traitement est com mencé le 8 mars: dès le lendemain les secousses myocloniques ont cessé, dès le 13 l’hypersomnie.
diminue.
P. Barry