‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Encéphalite Épidémique par le Salicylate de SoudeChapitre 26 sur 27 · L'AB · texte numérisé non relu

L'AB

Dans l’observation X, le traitement est commencé le 13 avril; dès le surlendemain la température est redevenue normale, les algies, le strabisme et l'hypersomaie s’atténuent.

Dans l'observation XI le traitement est commencé le 4 avril; dès le lendemain les algies diminuent, dès le surlendemain la température retombe à la normale.

Dans l'observation XII, le traitement est commencé le 16 mars ; dès le lendemain algies et céphalée diminuent, la température commence à baisser.

D'autre part l'interruption prématurée du traitement a élé suivie de la reprise des symptômes : nous l'avons déjà vu pour l'observation |, dans l’observation XII (salicylate par voie buccale), c’est par deux fois que le malade se sentant mieux, croit de son propre chef devoir cesser le traitement ; ces deux interruptions ont été chaque fois suivies de rechutes.

Pour établir d’une façon absolue lefficacité du traitement salicylé contre le virus encéphalitique, il resterait encore à montrer que les malades ainsi traités ont échappé ultérieurement aux conséquences lointaines telle que la maladie de Parkinson. Il est malheureusement évident que seul un avenir relativement éloigné pourra nous fixer sur ce point.

Ajoutons enfin que cette action du salicylate de soude sur le virus encéphalitique semble trouver sa confirmation dans les résultats déjà obtenus au cours d'une série de recherches expérimentales entreprise actuellement au laboratoire de thérapeutique de la

Faculté de médecine par M. le Professeur Carnot et M. le professeur agrégé Harvier.

Dans une première expérience d'essai de neutralisalion ën vitro du virus par le salicylate, 2 lapins furent inoculés le même jour par voie cornéenne avec du virus encéphalitique.

Pour le lapin n° 1 (éémoin) le virus fut employé tel quel ; cet animal mourut le quinzième jour après l’inoculation. |

Pour le lapin n° 2 le virus ne fut employé qu'après avoir été mis en contact pendant une demi-heure dans l’étüve à 38 degrés, avec une solution de salicylate de soude à 1/20. Cet animal après avoir présenté les lésions de kératite habituelle, typiques le sixième jour, survécut.

Plus tard ce lapin n° 2 fut inoculé par voie intracérébrale avec du virus encéphalitique, il survécut encore, comme si du fait de sa première inoculation avec du virus neutralisé par le salicylate de soude il avait acquis l’immunité. Un lapin témoin, inoculé par voie cérébrale le même jour que ce lapin n° 2, mourul au sixième jour.

Dans une deuxième expérience d'essai de traitement préventif et curatif de lapins inoculés avec du virus encéphalitique, 4 lapins furent inoculés le même jour par. voie cornéenne.

Le lapin 1 (témoin) non traité mourut au quatorzième jour.

Le lapin Il (traitement curatif) fut traité à partir de son inoculation par des injections intraveineuses

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quotidiennes de 8 centimètres cubes d'une solution de salicylate de soude à 5 0/0, il mourut le quatorzième jour.

Le lapin IT (traitement préventif et curatif) avait été traité préventivement deux jours avant l'inoculation cornéenne et continua à l'être ensuite par des injections intraveineuses quotidiennes de 8 centimètres cubes de la solution de salicylate de soude à 5 0/0. Il mourut le treizième jour.

Le lapin IV enfin avait été traité préventivement pendant quatre jours avant l'inoculation et continua à l’étre après pendant vingt jours par des injections intraveineuses quotidiennes de S$ centimètres cubes de la solution de salicylate de soude à 5 0/0. L'animal maigrit après avoir présenté des symptômes d’entérite muco-membraneuse (entérite salicylée) et ne suc comba que le cinquante-cinquième jour. La durée de la survie (55 jours au lieu de 14) et les symptômes observés portaient à penser que la mort n’était pas due à l’encéphalite. Pour s'en assurer d’ailleurs une émulsion du cerveau de cet animal fut inoculée par voie intracérébrale à un autre lapin qui survécut.

Quelle que soit l'interprétation que l’on donne aux détails de ces expériences, il semble que les résultats d'ensemble permettent de conclure en faveur d’une action effective du salicylate sur le virus encéphalitique ; puisque, dans la première le salicylate a paru suffisamment neutraliser le virus in vitro pour permettre à l’animal de survivre à l'inoculation, et que, dans la deuxième, si dans les conditions de l’expé-

rience (quil ne faudrait pas entièrement assimiler à celles où se trouve un être humain atteint d’encéphalite) le traitement curatif institué a paru insuffisant même en le faisant précéder d’un traitement préventif de deux jours, par contre le fait d’avoir institué un traitement préventif de qnatre jours suivi d'un traitement curatif de vingt jours a paru arrêter chez le lapin l’évolution de son encéphalite.

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