‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Encéphalite Épidémique par le Salicylate de SoudeChapitre 3 sur 27 · DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE TRAITEMENT CAUSAL Æ · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTS PROCÉDÉS DE TRAITEMENT CAUSAL Æ

Quels sont donc les procédés dont nous disposons dans la lutte contre le virus encéphalitique ?

Ou plutôt d’une façon plus générale quels sont les moyens dont nous disposons pour combattre un agent pathogène quelconque ? Ils relèvent de deux grandes méthodes :

L'une consiste à agir contre lui en utilisant les propriétés anti-infectieuses de tel ou tel agent chimique.

L'autre consiste à essayer de tirer parti des réactions de défense naturelles de l'organisme dans sa lutte contre les agents infectieux, soit que, comme dans la vaccinothérapie, on provoque ces réactions de défense par l’inoculation d’une infection atténuée : soit que, comme dans la sérothérapie, où fournisse au sujet les anticorps élaborés par un autre organisme.

1° Procédés utilisant les réactions de défense de l'organisme

Dans ce groupe on doit comprendre la méthoae de Fochier ou méthode des abcès de fixation.

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On sait que cette méthode consiste dans la provocation d'un abcès par l'injection hypodermique de 1 à 2 centimètres cubes d'essence de térébenthine et qu’on avait attribué les heureux effets qu'elle semblait avoir donné dans le traitement de certaines maladies infectieuses à ce qu'on avait ainsi excité les réactions de défense générales de l’organisme et en particulier la leucocytose.

Ayant joui dans la grippe d’une faveur considérable, il était assez naturel que la méthode fut essayée aussi dans l’encéphalite, étant donnés les rapports qui semblaient exister entre ces deux affections.

Préconisés au début par Pic de Lyon et par Netter les abcès de fixation dans le traitement de l’encéphalite ont été ensuïle et sont encore recommandés par maints auteurs. Cet engouement pour une méthode qui avail quelque apparence de succès s'explique facilement par l'impuissance évidente de la ‘plupart des autres médications employées.

Les défenseurs de la méthode font valoir que, parmi les cas où ils ont pratiqué des injections de térébenthine, ceux dans lesquels s’est produit un abcès ont donné une proportion de guérisons infiniment plus considérable que ceux dans lesquels l’abcès ne s'était pas formé.

Il est vrai qu’on peut toujours se demander si ces constatations impliquaient bien une relation de cause à effet entre la formation de l’abcès et la guérison ; et si l’absence de réaction locale à la térébenthine n'était pas due simplement à ce qu'il s'agis-

sait de sujets naturellement moins résistants ou dont les réactions de défense avaient été paralysées par une infection plus virulente, les mêmes causes expliquant en même temps la termiuaison fatale; tandis que, les individus en état de faire les frais de leur abcès avaient pu en même temps faire ceux de leur guérison.

L’abcès de fixation n’aurait été ainsi que la pierre de touche des facultés de réaction de l’organisme, qu'un élément de pronostic.

Quoi qu’il en soit d’ailleurs du rôle de l’abcès de fixation dans la marche de la période aiguë de l’encéphalite, il semble bien en tout cas qu'il soit insuffisant à arrêter définitivement l’évolution de l’affection, à neutraliser complètement le virus et, par là même, à éviter les complications ultérieures ; au point que, dans un article récent du Journal médical français, Th. Alajouanine pouvait écrire que bien des parkinsoniens post-encéphalitiques portaient sur eux la cicatrice d'anciens abeès de fixation,

témoignant ainsi de leur inefficacité.

Quant aux procédés thérapeutiques, qui utilisent les réactions de défense spécifiques de l'organisme, comme la vaccinothérapie, la sérothérapie et leurs variantes ou dérivés comme les injections sous-cutanées, intrafessières ou intrarachidiennes de sérum ou de plasma de convalescents, l’autohémothérapie, les injections intraveineuses ou sous-cutances du propre liquide céphalo-rachidien du malade, ils ne

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paraissent pas jusqu'ici avoir donné beaucoup de résultats.

D'autre part les travaux de MM. Levaditi et Harvier ont montré la réussite incomplète des tentatives de vaccination expérimentale et l’échec des essais de neutralisalion du virus par le sérum de convalescents.

Enfin si l'on rapproche ces faits de la possibilité de rechutes de l’encéphalite, de la fréquence des formes prolongées, de la persistance du virus dans les centres nerveux longtemps après la guérison apparente de la phase aiguë, on peut se demander si toutcs ces constatations ne constituent pas autant de témoignages de l'insuffisance habituelle des réactions de défense naturelles de l'organisme dans leur lutte contre le virus encéphalitique.

. Dans ces conditions il peut paraître assez logique de supposer que pour l’encéphalite, comme pour le paludisme, comme pour la syphilis, ce soit plutôt dans l’ordre de la chimiothérapie que l’on ait des chances de trouver une thérapeutique efficace.

2° Chimiothérapie

Dans cet ordre d'idées le novarsénobenzol; la quinine, l’électrargol, ont été tentés sans résultats bien appréciables, semble-t-il.

Des différents médicaments essayés jusqu'ici un seul reste communément employé et paraît jouir

d’une certaine efficacité, c'est l’hexaméthylène tétramine (urotropine ou uroformine).

Mais pour encourageants que soient les résultats qu'il a pu donner, ils ne sont cependant pas tels que l’on doive considérer la question du traitement de l’encéphalite épidémique comme définitivement résolue et qu’on ne doive continuer à rechercher si d’autres produits ne seraient pas susceptibles de donner des résultats égaux ou supérieurs.

C’est dans ces conditions que MM. Carnot et Blamoulier ayant signalé en février dernier les eflets remarquables qu’ils avaient obtenus dans deux cas par l’emploi du salicylate de soude, il nous a paru intéressant d'essayer de réunir les observations d’encéphalite où le même traitement aurait été appliqué et de voir s’il semblait y avoir donné les mêmes

heureux résultats.

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