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traitement salicylé par voie veineuse en injections quotidiennes de 4 gr. 5o, que cette amélioration a élé en s’accentuant pendant les cinq jours qu'a duré ce traitement, pour parvenir à un état réellement satisfaisant qui s’est maintenu huit jours ; au bout desquels, malgré l'administration quotidienne de 6 grammes par voie buccale, la malade est retombée dans l’état du début et est morte. Il ne s’agit là, il est vrai, que d’une observation unique, dont il est toujours possible de discuter l'interprétation ; elle semble cependant montrer la plus grande efficacité de la voie veineuse d’une façon tellement nette et tellement impressionnante que jusqu’à nouvel ordre il y a lieu d’en tenir compte.
Posologie et Technique
L'introduction du salicylate de soude dans le traitement de l’encéphalite est évidemment de date trop récente, son emploi porte sur un nombre de cas encore trop restreint pour qu'il soit possible dès maintenant de poser les règles fixes d’une posologie précise. Ce n’est qu'ultérieurement qu’une expérience plus longue permettra de le faire.
Actuellement il nous semble que la dose de 3 grammes par injection intraveineuse quotidienne soit à recommander dans la majorité du cas d'intensité moyenne. Nous avons vu qu’avec cette dose on maintenait les malade sous l’action constante du
médicament, cette dose est en outre admirablement tolérée ; les seuls incidents auxquels nous avons pu assister ont consisté en quelques vertiges, frissons et élévations de température, tout à fait transitoires, avec des doses d'au moins 4 grammes et là encore de façon tout à fait exceptionnelle.
Pour plus de prudence d’ailleurs on peut tâter le terrain en commençant le premier jour par 1 gramme, en continuant par 2 grammes le deuxième pour arriver à 3 grammes le troisième. Enfin il sera bon de contrôler l'élimination du salicylate par l’examen des urines.
Il vasans direqu’une atteinte plus grave du malade justifiera l'emploi de doses plus fortes étant donnée l’innocuité du traitement salicylé même à doses éle-
vées.
Rappelonsavec Schlesser que le salicylate employé doit être parfaitement pur,en particulierne contenir ni molécules d’acide libre, ni phénols,ni traces defer; qu'il doit être débarrassé de toute impureté par recristallisation, la solution doit être limpide, incolore, neutre au tournesol; traitée par SO‘ H° elle ne doit donner aucune effervescence (élimination du carbonate de soude). La solution doit être conservée dans des ampoules en verre neutre non coloré, les verres colorés contenant souvent des traces de fer.
Enfin il semble que le traitement salicylé doive
être continué pendant un temps assez prolongé. Les circonstances de l’observation I que nous venons
de rappeler montrent, en effet, la possibilité de rechutes après un traitement arrététroptôtet, d'autre part, ceci s’accorde bien avec les résultats des travaux récents qui ont montré la persistance d’un virus en activité dans les centres nerveux longtemps après la guérison apparente, ce qui prouve que cette guérison apparente n'implique pas fatalement que le malade soit absolument« blanchi », et qu'il est donc prudent de continuer le traitement pendant un certain temps après, sans qu’il soit d’ailleurs encore possible actuellement de préciser la durée exacte de ce temps.
Les solutions du salicylate de soude à employer en injections intraveineuses doivent êtretrès diluées. En solution concentrée en effet le salicylate est très irritant ; cette irrilation, au niveau de la veine qui a servi à l'injection, a pour résultat l’oblitération de celle-ci et au bout de quelques injections, on risque d’être obligé d'interrompre le traitement, faute de pouvoir trouver une veine perméable. C’est en particulier ce quis’est produit pour la malade de l’observation Î de Carnot et Blamoutier.
On se met à l’abri de telles complications en utilisant une solution très diluée à 5 o/o. Avec une solution aussi diluée, en outre, l’infiltration accidentelle d’une petite quantité de liquide dans le tissu cellulaire périveineux n'aurait pas d’inconvénient sérieux. Dans la pratique le plus simple est d’ailleurs de faire préparer de petites ampoules stérilisées d'une solution-mère concentrée, qu'on dilue au
moment de l'emploi dans la quantité de sérum physiologique nécessaire.
Quant à la technique proprement dite des injections c'est celle de toutes les injections intraveineuses, il est certain que comme d'habitude pour les pratiquer on pourra employer une seringue, malheureusement l'obligation où l’on est de se servir de solutions très diluées, soit 80 centimètres cubes pour 3 grammes, alors que les plus grosses seringues d'usage courant sont de 20 centimètres cubes, aura l’inconvénient de nécessiter l'emploi de trois seringues pour une seule injection, au cours des changements on risque de déplacer l’aiguille et de la faire sortir de la veine. 11 nous semble donc plus pratique de se Servir d'une ampoule du modèle des ampoules à sérum munie d’un tube de caoutchouc auquel est fixé un embout. Après avoir enfoncé l’aiguille dans la veine comme pour une prise de sang il n’y a plus qu'à adapter l’embout et à laisser passer l'injection.
Il faudra éviter de se servir d’aiguilles trop fines telles que les aiguilles à injections hypodermiques dont on se sert généralement pour injecter à la seringue, avec celles-ci, en effet la pression de la colonne de liquide dans l’ampoule et dans le caoutchouc étant très inférieure à celle que l’on exerce à la main par le piston de la seringue, l'écoulement ne pourra se faire que par un goutte à goutte extrêmement lent rendant l'injection interminable. Pendant sa durée le malade risquera de déplacer l'aiguille par de faux mouvements, enfin l’abaissement du niveau
du liquide dans l’ampoule se fera d’une façon tellement imperceptible que nous n’aurons aucun moyen de contrôler le passage de l'injection.
Les très grosses aiguilles à prise de sang en déchirant les veines et en favorisant les hématomes pourraient présenter des inconvénients pour des injections répétées.
Le mieux est de prendre un calibre intermédiaire.
Pour éviter la perle dans le tuyau de caoutchouc d’une partie de la solution à injecter, il suffira d’y faire passer à la fin de l'injection une petite quantité de sérum physiologique, ou bien on pourra se servir d’une ampoule graduée dans laquelle on mettra une quantité de solution notablement supérieure à celle que l’on désire employer et l’on arrêtera l'injection dès que la chute du niveau du liquide dans l'ampoule correspondra à la dose que l’on voulait injecter.