‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Épididymite BlennorrhagiqueChapitre 22 sur 31 · MT AE · texte numérisé non relu

MT AE

que nous avons observé, il résulte que dans les cas d’orchites non compliquées, le chlorure d’éthyle s'est montré presque aussiefficace que lechlorure de méthyle. Six et sept stypages ont en effet suffi dans nos observations VIII et IX pour obtenir la guérison. L'action sur la douleur serait peut-être un peu moins énergique avec le chlorure d'éthyle. Dans l’épididymite compliquée de funiculité, le stypage au chlorure d’éthyle semble agir aussi lentement que ceux au chlorure de méthyle. Dans l'observation X nous avons vu que douze stypages avaient été nécessaires pour amener la guérison.

En résumé, nous pensons que le chlorure de méthyle et d'éthyle ont à peu de choses près la même action thérapeutique et que dans la pratique on peut employer l’un pour l'autre. C'est là, croyons-nous, une notion importante qui contribuera à généraliser la méthode du stypage. Un des grands inconvénients du chlorure de méthyle était de nécessiter une instrumentation particulière. Un siphon d'un prix assez élevé que l’on ne pouvait faire remplir que dans les grands centres. Le chlorure d’étyle est d'un transport et d’un maniement beaucoup plus facile, on le trouve absolument partout.

Nous avons vu les avantages que comportait le traitement de l'épididymite blennorhagique; il nous reste à étudier si cette méthode peut entrainer des inconvénients sérieux qui seraient susceptibles d’en restreindre l'emploi.

La douleur produite par l’application du pinceau imbibé de chlorure de méthyle est assez vive. C'est une sensation de brûlure qui est fort désagréable ainsi que

d'ailleurs il est facile de l’éprouver soi-même. La douleur est cependant supportable, elle cesse presque immédiatement après l'application. Tous nos malades ont bien supporté les stypages, à l'exception d'un seul (Observation VI) qui se plaiguait très vivement lorsqu'on appliquait le pinceau.

Une critique plus sérieuse qui pourrait être admise au traitement par le stypage c'est l’action irritante du chlorure de méthyle sur les bourses. On pourrait craindre la formation de phlyctènes ou d'eschares pour peu que l'application fut un peu prolongée. Il y a là certainement un danger sérieux, il faut prendre de grandes précautions pour assurer l'intégrité des téguments, intégrité indispensable pour la continuation du traitement. Avec le manuel opératoire que nous avons indiqué, l’action du froid est absolument limitée et les chances de pousser la réfrigération trop loin très tninimes. C'est pourquoi nous préférons l'emploi du pinceau trempé dans le chlorure de méthyle liquide à la méthode des pulvérisations directes et même à celle du stypage avec le tampon. Parlemploi du chlorure de méthyle, le danger devient absolument nul. Parmi tous nos malades nous n’avons observé qu'une fois (Observation III) à la suite d’une application trop libérale de chlorule de méthyle, la formation d'une phlyctèneayant les dimensions d'une pièce de cinquante centimes. Cette phlyctène se cicatrisa très vite et ne mit aucun obstacle à la continuation du traitement. Ce que nous constations bien souvent c'était une desquamation légère de l’épiderme. Il est une petite complication qui

Er ou

s'observe fréquemment à la suite des applications locales de chlorures de méthyle, dans les régions à peau fine et surtout chez les bruns, c’est une pigmentation quelquefois indélébile. Si la pigmentation peut constituer un inconvénient sérieux lorsqu'elle se produit au niveau des régions découvertes elle a une bien mince importance au niveau du scrotum. Elle est d’ailleurs loin d'être la règle. Nous nel’avons observé que quatre fois sur nos douze malades et d’une façon générale chez ceux qui avaient reçu le plus de stypages.

De ce qui vient d'être dit nous pouvons donc conclure que le stypage constitue une méthode absolument inoffensive, facilement supportée par les malades d’une efficacité non douteuse dans les cas non compliqués. En comparant le stypage aux autres modes de traitement de l'épididymite blennorrhagique nous verrons que bien peu de méthodes présentent de tels avantages.

Page 1