INTRODUCTION
Le 8 août 1884, le professeur Debove annonçait à la Société médicale des hôpitaux les bons effets qu'il avait obtenus par la réfrigération à l’aide du chlorure de méthyle dans le traitement des sciatiques. Il citait le cas d'un de ses malades traité en vain depuis plusieurs mois par divers moyens et notamment par des pointes de feu, qui, soumis à la congélation de son membre inférieur le long du trajet douloureux par des pulvérisations de chlorure de méthyle, marchait une minute après sans boiter, n'éprouvant aucune douleur : neuf mois après, la guérison s'était maintenue complète.
Cette communication eut un grand retentissement. Un nouvel agent entrait dans la thérapeutique et de nombreux travaux vinrent en démontrer l'efficacité. On reconnut bientôt que toutes les affections dans lesquelles l'élément douleur prédominait, étaient combattues avec succés par les applications locales de chlorure de méthyle. Dans toutes les névralgies, faciale,
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intercostale, sciatique, dans le lombago, le torticolis, dans certaines douleurs gastralgiques, le résultat fut inespéré.
L'application du chlorure de méthyle au traitement des orchites aiguës fut un peu plus tardive. L'honneur en revient tout entier au docteur Du Castel. Médecin de l'hôpital du Midi, il avait été vivement frappé des bons effets que retiraient les malades atteints d'épididymite blennorrhagique des applications de glace sur les bourses, suivant la méthode préconisée depuis longtemps par Diday, de Lyon. Il pensa que peut-être on pourrait faire bénéficier les malades de la réfrigération, sans les soumettre à un traitement qui les immobilisait de la facon la plus absolue, et qui, de plus, exigeait des soins que bien peu, en dehors de l'hôpital, pouvaient se procurer. Il s'adressa dans ce but au chlorure de méthyle, qu'il employa sous forme de stypage, suivant la méthode que venait de décrire peu de temps auparavant le docteur Bailly (de Chambly). Ces essais, commencés à la fin de l’année 1888, lui donnèrent toute satisfaction. Deux ans plus tard, il en apportait le résultat dans une communication à la Société de dermatologie et de syphiligraphie, le 8 mai 1890. Il montrait que la durée totale de la maladie se trouvait notablement raccourcie. « Soulagement immédiat, résolution rapide, tels sont les résultats manifestes du traitement de l'orchite par le stypage ». Les thèses de ses élèves, Duchaussoy et De Le Valle, vinrent illustrer les conclusions que M. Du Castel avaient formulées. Dans les quatre-vingts cas d'or-
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chites aiguës qu'ils avaient réunis, la durée moyenne du traitement était de sept jours, et la résolution était en général complète vers le douzième jour. Dans tous les cas, l'amélioration se manifestait dès le début ; la douleur cédait dès les premières applications du chlorure de méthyle.
L'année suivante, Fleury, élève d'Augagneur (de Lyon), confirmait dans sa thèse les bons eflets du stypage associé au traitement par la compression.
Malgré la confirmation des résultats annoncés, il ne semole pas que la méthode ait eu un grand retentissement dans les années qui suivirent et jusqu’en 1898 nous ne trouvons aucun travail digne d'intérêt sur la question; le stypage était bien employé par quelques praticiens, mais la méthode restait inconnue à la grande majorité des médecins. En 1898, dans une communication à la société de thérapeutique, M. le docteur Du Castel revenait à la charge, s'appuyant sur les résultats constants obtenus dans une pratique de plusieurs années dans son service de l'hôpital du Midi, d'abord, de l'hôpital Saint-Louis ensuite, où le stypage était la seule méthode employée. Il s'élevait contre l'immobilisation imposée aux malades atteints d'orchite. Il affirmait que le stypage associé à la compression ouatée permettait aux malades d'aller et venir, de se livrer à leurs occupations dès les premiers jours. Il annonçait entin qu'au chlorure de méthyle, on pouvait substituer la chlorure d'éthyle plus maniab'e, plus facilement à la portée de tous les praticiens.
Pendant notre séjour à l'hôpital Saint-Louis, nous
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avons été très vivement frappés par les résultats obtenus chez les malades atteints d’orchi-épididymite blennorrhagique parle traitement du docteur Du Castel. Bien que le sujet ne fut pas nouveau, nous avons cru pouvoir le choisir pour notre thèse inaugurale. La question, en effet, a bien son importance. Si nous contribuons à montrer qu'une maladie aussi fréquente que l'orchite blennorrhagique, qui frappe tant de gens à une période de l'existence où chaque heure a son prix, si nous contribuons à montrer, disons-nous, que cette maladie peut évoluer avec un minimum de troubles et souvent même sans entraver sensiblement la vie de celui qu'elle atteint, nous estimerons avoir fait œuvre utile.
Nous baserons notre étude sur douze cas d'orchiépididymites blennorrhagiques que nous avons pu observer nous-mêmes à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le docteur Du Castel. Que ce maître qui nous à permis d'accomplir ce travail reçoiveici l'expression de notre plus profonde gratitude pour la bienveillance qu'il n'a cessé de nous témoigner.
REECENIOUE DE-SIYPAGE
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Avant d'exposer les résultats obtenus, il nous semble nécessaire de décrire la méthode qui a été employée. Dans neuf cas, nous avons eu recours au chlorure de méthyle ; dans les trois autres cas, le stypage a été pratiqué au chlorure d'éthyle ; la technique a d’ailleurs été à peu près la même. Nous l'exposerons successivement pour les deux procédés.
Le chlorure de méthyle est, à la température et la pression ordinaire, un gaz incolore d'odeur alliacée qui a pour de nsité., 73. L'eau en dissout trois fois son volume. A la pression ordinaire de l'atmosphère, il se liquifie — à 33 et bout à — 23. C'est à l'état liquide qu’on le trouve dans le commerce. Cet état rend facile son transport et son emploi.
Le chlorure de méthyle est renfermé dans un récipient métallique spécial; l'appareil de Vincent est le modèle courant dans les hôpitaux. Nous empruntons sa description à la thèse de M. Duchaussoy. C'est un appareil cylindrique en cuivre rouge. Il est fermé à la