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que les partisans du sondage sont amenés à avoir recours à la taille dans un certain nombre de cas : perforation de la vessie compliquée de péritonite, phlegmon de la cavité de Retzius, infiltration urinaire, impossibilité d’arriver à la vessie par les voies naturelles, et, dans ce dernier cas, des efforts répétés ne sauraient qu'être préjudiciables au malade. |
M. le professeur Guyon, sous l’heureuse influence duquel le sondage avait fait tant de progrès, reconnait, lui-même, qu'il n'est pas exempt de certains inconvénients, principalement chez les vieillards ; les malades ne supportent pas toujours la sonde facilement, et ce n’est pas impunément qu’on peut condamner un vieillard à garder le lit pendant un laps de temps assez long, comme le demande le sondage.
Il est vrai, qu’ainsi que le fait remarquer M. Bazy, le sondage présente plus de facilité; mais, ce chirurgien ajoute qu'il se rallierait à la taille si ce n'étaient les conséquences de l'opération : incontinence du méat hypogastrique. ® |
C’est dire que nous nous éloignons des idées qu'avait émises M. Tuflier, quand il convenait que la taille est une opération d'urgence et qu’on ne doit tenter qu'à la dernière extrémité. :
La taille hypogastrique offre, en effet, bien des avantages. Pour nous, nous avons appris à regarder l’infection de la vessie comme un abcès ayant cet organe pour enveloppe.
Quel avantage de pouvoir inciser, d’avoir sous les yeux .a vessie qu'on peut laver, de pouvoir détruire, si on la voit, la cause de l'infection.
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Et pour le malade :
La température s’abaisse, le calme revient; son état s'améliore : il est soulagé. Pendant ce temps, l’urèthre se repose, la vessie de même ; enfin, la congestion des reins diminue et les’uretères, continuellement lavés par l'urine et ne baignant plus dans un liquide infecté, nor l'ascension des germes.
C’est donc le meilleur dfainage et le plus sûr, semblet-il.
Comment peut-il se faire qu’une opération qui parait présenter tant d'avantages, tant au point de vue du praticien qu'au point de vue du malade, ne rallie pas plus promptement tous les suffrages ?
Bien que pratiquée souvent, depuis que M. le professeur Poncet l’a préconisée, la cystotomie sus-pubienne est restée plutôt une opération d'urgence.
Il faut bien avouer que, dans ces conditions, il devait être assez difficile de se rendre compte de la valeur d’un procédé qu’on employait surtout 1 eætremts.
Aussi, lorsqu'on voulait faire entrer les résultats du sondage en ligne de comparaison, ce dernier semblait l'emporter dans le nombre des améliorations, et les statistiques qui furent publiées, tant par M. Michon que par l'Ecole de Paris, ne semblaient nullement encourageantes pour la méthode à laquelle l'Ecole de Lyon, plus hardie, . n’hésitait pas à recourir aussi souvent qu’au sondage. Pendant ce temps, au Congrès d’urologie de 1897, M. Genouville présentait une heureuse série de malades, chez lesquels, dans le cas qui nous occupe, il avait obtenu d'excellents résultats au moyen du sondage.
M. Tuffier, chargé d’un rapport sur la question, et qui avait, probablement, surtout présent à la mémoire le cas malheureux de ce malade de Marly, chez lequel il avait été appelé trop tard pour intervenir utilement, se montrait plutôt opposé au procédé en faveur duquel M. Picqué élevait la voix, et le sondage paraissait triompher d’une méthode qui ne semblait guère avoir de succès à son actif. »
Et cependant, si le sondage est une méthode relativement facile, un procédé que le malade semble devoir accepter plus aisément qu'une intervention sanglante, ‘combien de fois reste-t-il impuissant ? Combien de fois, après avoir essayé la sonde à demeure, est-on obligé de recourir à l’autre méthode ?
C’est qu’on redoute encore la taille hypogastrique ; mais, nous nous permettons de dire que les avantages d’un procédé ne devraient pas entrer en ligne de compte avec la statistique.
La taille est une opération essentiellement bénigne, de l’aveu de la plupart des chirurgiens ; à la condition, .bien entendu, qu’on n’y recoure pas comme à une ressource à tenter, mais comme à un moyen de traitement, ne s’attardant pas aux autres procédés tandis que l'affection peut gagner,
« Sur les lésions rénales ascendantes, dit M. Michon, la taille hypogastrique aurait un effet préventif..., elle permettrait, en détournant le cours des urines, de prévenir les lésions de néphrite descendante dont le point de départ est presque toujours une absorption d'origine uréthrale »; c’est qu’en effet, il y a une énorme impor-
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tance à ne pas laisser gagner l'infection, car, ainsi que le dit M. le P' Poncet, lorsqu'un opéré meurt de la cystostomie, ce n’est pas à l'intervention qu’il succombe: il est la plupart du temps emporté par la suppuration rénale: «on meurt malgré l'opération et non de l'opération». M. Lejars caractérisait sa pensée en disant que les malades opérés de la taille mouraient « par leurrein ».
Ii ya donc lieu d’attacher grandeimportance à la fonction rénale, et nous pensons que bien souvent, sila plupart des résultats n’ont pas été plus heureux, c’est que, dans les cas qui ont été observés, les malades chez qui on avait trop tardé à intervenir, se trouvaient déjà condamnés par ce côté de leur arbre urinaire.
Quels sont donc les signes principaux qui peuvent guider dans la nécessité de l'intervention ? ï
Dans ses leçons cliniques du vendredi, à la maison Du bois, M. Picqué nous dit:
« J’attache, pour ma part, la plus grande importance à la quantité d'urine rendue par les malades atteints d’infection vésicale. Je n'interviens que rarement chez les malades qui rendent par vingt-quatre heures, un chiffre d'urine insuffisant, parce que l'expérience déjà longue que j'ai acquise à cet égard, m'a démontré que l’intervention ne fait que rendre définitive l’anurie commençante.
-« Ce sont pour moi les mauvais cas et, qui pèsent lourdement sur le pronostic opératoire, de la taille hypogastrique, mais ils ne peuvent...
« Il faut encore séparer avec soin les cas où l'infection
vésicale est encore limitée à la vessie et à l’urèthre de | DM
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ceux dans lesquels l'infection ascendante a déjà gagné l’urèthre et le bassinet et qui sont caractérisés par la polyurie trouble ». ù
Or, ainsi que l’a si bien démontré au point de vue expérimental l’École Necker, chaque fois qu’un obstacle, retrécissement par exemple s'oppose à l'écoulement régulier de l'urine, ilse produit une distension ‘de l'uretère et du bassinet.
C'est dire que lorsque en plus de cet obstacle, l’on trouve la vessie sous l'influence d’une cystite, il y a lieu d'intervenir promptement si on veut agir avec fruit. Si on attend que la polvurie trouble se manifeste, c’est exposer gravement un malade puisque l'infection commence à se manifester déjà dans les voies supérieures et tend à gagner le rein : ainsi que le dit M. Michon, il est vrai qu’on ne peut savoir quelle force de résistance vitale peut renfermer le rein même d’un vieil urinaire ; mais, puisque les auteurs s'accordent à reconnaitre le danger de l'intervention quand le rein parait atteint, il semble qu’on ne doive guère tarder pour recourir à une méthode qui peut empêcher des lésions irréparables tout en agissant dans l'intérêt du malade.
Nous sommes donc partisan d’une intervention hâtive lorsque le malade paraît susceptible d’en retirer bénéfice, c'est-à-dire que, au lieu de s’attarder à un traitement par le rondage (car, loin d’être ennemis de ce procédé, nous pensons qu’on doit le tenter sans en prolonger l’épreuve), lorsqu'on ne voit pas survenir une prompte amélioration, il y aurait lieu de recourir à la taille hypogastrique.
Nous paraissons peut-être bien osé en nous permettant d'émettre ainsi notre opinion sur un procédé dont nous devions juger les résultats, et ce, avant d’avoir présenté ceux-ci.
Nous répondrons que nous n'avons fait ici, que reprendre les conclusions auxquelles était arrivé M. Martial Lagrange : dans ce travail, inspiré par le même maitre, nous devions malgré nous, partager les mêmesidées, et nous n'avons pensé mieux faire que de nous y rallier. | |
Les faits seront, du reste, les meilleures preuves pour juger et nous y arriverons sans plus tarder.