RE NES
Sans avoir fait un classement absolu, nous nous sommes attaché à rapprocher celles qui paraissaient présenter entre elles une certaine analogie : mais, nous le répétons, nous ne pouvons en faire de groupes bien déterminés, les caractères qu’elles offrent étant parfois si peu tranchés que, ainsi que le dit M. Martial Lagrange, pour reconnaitre le besoin d'intervenir, c’est souvent au tact clinique qu'on doit s’en rapporter.
OBSERVATION I. — Thèse Michon.
Rétrécissement de l’urèthre. — Infiltration d'urine. — In- Jection urinaire grave. — Cystotomie sus-pubienne. — Mort.
Féiix F..…., employé, entre le 26 janvier 1894 à l'hôpital Necker, salle Velpeau, service de M. le professeur Guyon.
Antécédents. — Fièvre typhoïde à 32ans; plusieurs blennorrhagies. À 45 ans, le malade eut un rétrécissement. Urèthrotomie interne en 1885 suivie de dilatation à l’aide de Béniqués, le malade se sonde lui-même pendant quatre ou cinq mois ; il cesse, et en 1893, il revient avecdes troubles de miction ; à l'examen on constate un rétrécissement dans la portion membraneuse de l’urèthre constitué par trois anneaux. Uréthrotomie suivie de dilatation.
Le 14 janvier 1894, les mictions deviennent douloureuses surtout à la fin et augmentent de fréquence; urines troubles ; jamais d’hématurie. On l’examine à cette époque et on constate au niveau du bulbe un rétrécissement très serré; urines troubles, fétides ; prostate petite. Des tentatives de dilatation ne réussissent pas.
A ce moment, le malade se plaint de douleurs dans le testicule gauche; le scrotum et la verge deviennent le siège d’æœdème sans fluctuation.
DE
Le 29 janvier, on fait des incisions qui laissent écouler de l'urine des tissus infiltrés ; on introduit des boules exploratrices dans l’urèthre ; aucune ne passe, la plus fine fait issue par une des incisions à travers une rupture de l’urèthre.
Le 1er février, l'état général empire, langue sèche, fuligineuse. |
L'urine sort par la plaie. Suppuration abondante.
L'état du malade s'aggrave, amaigrissement, cachexie,
Besoin constant d’uriner.
On décide d'intervenir. ÉNENE
On pratique la taille le 12 février ; après l'ouverture de la vessie, une urine fétide s’écoule. Température 36°.
Le malade reste dans un état comateux, malgré des Injeg ons d’éther. | ;
Pas d'émission d'urine depuis l’opération.
Décès,
Autopstie, le 14-février 1895. — Rétrécissement de la partie spongieuse de l’urèthre, vessie petite, à parois épaisses, à face interne brun-verdàtre couverte de débris flottants pseudo-membraneux, les embouchures uretérales sont peu dilatées. Epanchement hémiato-purulent assez abondant dans la cavité de Retzius.
Les reins et les uretères ant des lésions de dilatation ancienne très prononcées.
Le rein et le bassinet gauche, à l'état de réplétion, forment une tumeur de 18 cent. de long, de 12 cent. de largeur, irrégulièrement bosselée et fluctuante. L'uretère gauche, à l'état de réplétion mesure 5 cent. 1/2 de diamètre : il a le volume d’un gros intestin moyennement distendu, il est allongé et sinueux et formé, à partir du collet du bassinet, de deux courbes en forme d’S, fortement accusées, avec grosses dilatations ampullaires séparées par des sillons profonds ; ces coudes sont fixés par de solides adhérences.
À la coupe du rein gauche, lésions de pyélite ancienne. Le bassinet est relativement plus dilaté que les calices ; le contenu
est un pus vert, épais, très fétide ; des exsudats gris-verdâtres, pseudo-membraneux tapissent les cavités : il ne persiste qu'une faible épaisseur de tissu rénal qui est mou et putréfié en quelques points.
Le rein droit ne dépasse guère le volume normal ; l’uretère droit sinueux et bosselé, est dilaté, mais moins que l’uretère, gauche. Les lésions paraissent également moindres à la coupe. Le contenu ressemble à une urine louche, mais non à du pus. Simple dilatation aseptique.
Des plis et soudures empêchent le cathétérisme dés eipes.
Poumons emphy sémateux, congestion des bases.
Cœur sain, sauf léger athérome valvulaire. Foie sain, ue
OBSERVATION I[II, — Thèse Michon.
Hypertrophie de la prostrate.— Infection. — Sonde à demeure. Taille hypogastrique. — Mort.
Ferdinand V..., 78 ans, entre en 1894 à l'hôpital Necker, service de M. le professeur Guyon.
Antécédents. Blennorrhagie à 22 ans : a disparu sans laisser de traces.
Il y à quatorze ans, fluxion de poitrine, application d’un vésicatoire suivie de l’apparition de phénomènes de cystite aiguë. Mictions fréquentes, impérieuses, urines troubles. Son médecin, constatant qu’il ne vidait pas sa vessie, lui conseille de se sonder. Légère amélioration.
Il se sonde pendant dix ans, mais parfois avec difficulté.
Son état s'était un peu amélioré à la suite d’instillations au nitrate d'argent faite dans le service, il y a huit ans. Ce mieux a été passager. Le malade se sonde à nouveau.
Il y a quatre mois, hématurie suivie de l’expulsion d’un petit calcul. Depuis cette époque, l’état général s’aggrava ; perte de l'appétit, un peu de fièvre vespérale, langue sèche, dysphagie buccale.