‹ Contribution À L'Étude Du Traitement De L'Intoxication Oxycarbonique Par Les Injections Sous-Cutanées D'OxygèneChapitre 8 sur 29 · I. — Étiologie · texte numérisé non relu

I. — Étiologie

C'est à chaque instant que la presse rapporte des cas d’intoxications par l'oxyde de carbone, Les causes pouvant en être volontaires ouaccidentelles. Les tentatives de suicide ont été effectuées par des moyens très ordinaires, gaz d'éclairage ou émanations de fourneaux à combustion lente. Les causes accidentelles sont beaucoup plus variées et plus intéressantes : dans la vie domestique, le mauvais fonctionnement des cheminées d'appartement “où le sens du tirage est renversé (mort d'Émile Zola), des petits fourneaux et poêles mobiles, dont la fonte rendue poreuse par la chaleur laisse filtrer les gaz toxiques, des petits brazeros et des fers de tailleur, les émanations de cheminées plus ou moins lointaines dont les gaz toxiques filtrant à travers Les parois des murs ont perdu leur odeur caractéristique; dans la vie industrielle, la coulée de l'acier au moment de l'ouverture des hauts fourneaux, les réparations de chaudières froides ou de canalisations souterraines de gaz, les émanations des moteurs à explosion dans les garages ou dans certaines voitures fermées (ambulance automobile). D'autres circonstances plus tragiques ont montré le rôle toxique de l’oxyde de carbone : les déraillements dans les tunnels, les grands incendies comme celui de l'Opéra- Comique, où vingt-sept personnes ont été trouvées mortes sans lésions apparentes, ni traces de brûlures. Dinoire a montré

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combien étaient énormes les quantités d'oxyde de carbone mises en liberté par la déflagration des mines et des projectiles de guerre : 900 litres par un obus de 115 millimètres, 70 mètres cubes par un obus de 420 millimètres, 15.000 mètres cubes par un fourneau de mine de 15 tonnes, et c’est à cet énorme dégagement de gaz toxique qu'il attribue les morts foudroyantes sans blessure : officiers trouvés morts dans des attitudes naturelles dans leur cagna, régiments entiers surpris au repos dans les abris tunnels du Mort-Homme, mitrailleurs intoxiqués dans leurs abris bétonnés, sapeurs-mineurs dans leurs sapes.

Si, au cours de cet exposé, nous avons énuméré côte à côte les accidents dus à l’oxyde de carbone et au gaz d'éclairage, c'est quil est prouvé aujourd'hui que l'oxyde de carbone constitue le seul élément dangereux du gaz d'éclairage; car les principaux composants de celui-ci : hydrocarbure, éthylène, méthane, acétylène, propylène et acide carbonique, sont d'une toxicité infime par rapport à l’oxyde de carbone dont la proportion varie de 6,6 à 30 p. 100. En effet, on trouve dans le gaz d'éclairage : C0? en quantité négligeable, 3.6 p. 100; du propylène, dont Bruneau a démontré l'innocuité dans sa thèse; du méthane, en présence duquel Les fonctions sensitives ou motrices restent constamment normales; des hydrocarbures et de l’acétylène non toxiques; enfin de l’éthylène, dont Layet a montré les effets inoffensifs par l'expérience suivante : il fait respirer un chien dans un milieu renfermant 50 litres d'air, 10 litres d'oxygène et 17 litres d’éthylène; le chien ne présente aucun trouble; en remplaçant l’éthylène par le même volume de gaz d'éclairage, Le chien ne tarde pas à mourir.

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