‹ Contribution à l'étude du traitement de l'invagination intestinale aigué du nourrissonChapitre 24 sur 26 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. I (POULIQUEN). — Désinvagination complète par lavement d'une invagination iléo-cæcale. Mort due à l'intervention. Vérificatrice par pâleur et hyperthermie.

L..., garçon de 7 mois, est pris le 5 novembre 1933, vers 16 heures, de coliques violentes et de vomissements ; la mère appelle une infirmière qui la rassure. La première selle sanglante n’est émise que le lendemain matin, l'infirmière rassure encore les parents et l'enfant n’est opéré qu’à la 26€ heure. |

Sous écran on constate que l'S iliaque est énorme, véritable dolichocolon.]l se remplit facilement mais vient, dans la fosse illiaque droite, cacher le cæcum ; en l’écartant on voit cependant que le cæcum se remplit tout en conservant une encoche sur la face externe : il est impossible d'affirmer qu'il y ait passage de baryte dans le grêle.

Après hésitation on opère, une petite incision est faite dans la fosse iliaque droite, mais pour trouver le cæcum on est obligé de l'agrandir vers le haut et en faisant cette manœuvre on ponctionne le côlon transverse avec la pointe du bistouri, ce qui oblige à faire une suture en bourse, d'où retard de deux minutes.

Le cæcum est extériorisé, et on constate que l'invagination a été réduite par le lavement, les parois cæcales sont cartonnées et un godet persiste à la face externe. C'est lui

ECS es

qu'on voyait à la radioscopie,pour le faire disparaître, ilfaut malaxer l'intestin. É

Fermeture facile de la paroi — ee de l'opération : 12 minutes environ.

L'enfant est fatigué, on le réchauffe, on lui fait des piqûres d'huile camphrée et des lavements hypersalés. Le lendemain la température monte à 40,2 ; le surlendemain 40,8 et l'enfant meurt le quatrième jour.

Obs. II (POULIQUEN). — Invagination dont la tête avait atteint l'ampoule rectale. Désinvagination complète par lavement. Pas de preuves absolues. Expectative suivie de guérison... + >

Le 14 avril 1934 est amené à la clinique de Pons que nous a$Ssistons, le jeune P. J..., 4 mois 1/2, de Landerneau. Il a été pris en pleine santé de vomissements, de crises douloureuses intermittentes. Son médecin, le docteur- Penquer, le voit quelques heures après, il diagnostique immédiatement une invagination, pratique un toucher rectal et perçoit le boudin, déjà dans l'ampoule. Il amène immédiatement l'enfant à la maison de santé. age

Un lavement est aussitôt administré ; la canule bute directement sur la tête du boudin ; le lavement marque un temps d'arrêt puis l’on voit avec une grande variété d'images typiques son cheminement jusqu'au cæcum ; celui-ci ne se remplit pas facilement, il semble qu'on ne pourra obtenir une réduction complète. %

La pression est augmentée, l'enfant est anesthésié et soumis à des manœuvres manuelles dénuées de brutalité, mais énergiques et prolongées. se

Le cæcum est complètement rempli ; il n’y a rien de suspectau niveau de son bord interne, mais pas unetrace de baryte n'a pénétré dans l'iiéon.

L'intestin est évacué par siphonage, abaissement rapide du bock au plancher, puis l'enfant est amené à la salle d'opération.

: ITést palpé sur la table ; on ne sent plus rien, l'abdomen est d'une souplesse parfaite, l’anesthésie légère et la fatigue: de l'examen en sont la cause. |

Devant le jeune âge de l'enfant, son aspect choqué, la palpalion négative et le pisse total du cæcum, l’expectative est décidée.

L'enfant est couché, surveillé de très près ; il dort avec calme, a une selle normale Reques heures après et rentre chez lui gUuéTT. Ée

Obs. III {POULIQUEN). — Désinvagination incomplète d’une iléocolique peu serrée. Par lavement. La palpation, sous-anesthé- ‘sie, complète la réduction. Preuve par la vérification. Guérison.

- Le 12 décembre 1933 est amené à la clinique un nourris-

son, François F.., 19 mois, porteur d’une invagination da-

tant de 18 heures environ. Le lavement baryté refoule le boudin jusqu'au niveau du: cæcum, mais malgré tous les efforts pratiqués, il est impossible d'obtenir sa +1Sparitons

La non désinvagination est certaine.

Pouliquen décide d'intervenir immédiatement.

L'enfant est placé sur la table ‘d'opération et anesthésié ; nous le palpons à ce moment ; l'abdomen est d’une sou; plesse parfaite, nous percevons parfaitement le boudin dans la fosse iliaque droite et en le malaxant énergiquement mais sans brutalité, nous le sentons fondre. sous nos doigts; il persiste une certaine induration dans la profondeur, on à l'impression de quelque chose de beaucoup moins volumineux et de moins dur: que le boudin précédemment senli. Nous sommes persuadés avec Pouliquen. que la désinvagination est complète et que c’est l'ædème et les: ganglions de la région qui donnent l'impression que nous ressentons.

. Néanmoins, une incision appendiculaire avec dissociation

est immédiatement effectuée ; l'on a aussitôt la preuve de la

réduction, mais, fait curieux, de- cæcum et: l'appendice

n'avaient pas participé à l'invagination : il s'agissait d'une iléo-colique peu serrée, la tête était sur le grêle, dont la terminaison était épaissie à 4 cm. de la valvule..

Cette observation démontre d’une façon absolue que le dogme de l’irréductabilité des iléo-coliques n’est pas absolu. Mais, en pratique, l'éventualité que nous avons rencontrée dans ce cas doit être une rareté sur laquelle il est impossible de compter.

Elle montre aussi l’utilité de la palpation tant au point de vue diagnostic que thérapeutique.

Obs. IV (due à l'obligeance du Docteur MÉriGoT. Service du Docteur Sorrel;. — Invagination au troisième jour. Sortant par l'anus. Complètement réduite par lavement opaque.

Le 19 mars 1934, l'enfant.., rentre dans le service pour prolapsus rectal, il s'agit en réalité d'une invagination aiguë au troisième jour ; le boudin sort d'environ {2 em. par l'anus, entraînant un certain degré de prolapsus rectal ; L'état général est très grave, l'enfant reçoit une transfusion de 100 cc.

L'intervention est pratiquée par le Docteur Mérigot ; il commence par réduire le boudin dans le rectum et cercle l'anus, puis, refoule l'invagination par lavement baryté sous écran ; cette réduction est assez facile jusqu'à l’angle hépatique, plus difficile ensuite. Le cæcum paraît bien rempli. Brusquement une traînée de baryte apparaît sous le transverse et l'opérateur se demande s'il ne s’est pas produit une rupture intestinale. L'intervention vérificatrice, im médiatement pratiquée, montre qu'il n’en est heureusement rien et que celte traînée est due au remplissage subit du grèle. Cette vérification opératoire de la réduction est pratiquée par incision de Walther, les anses ne semblent pas

enr

en trop mauvais état, le mésentère présente une réaction ganglionnaire.

La séreuse montre des voiles d’adhérences et quelques fausses membranes.

Quelques gouttes de chloroforme pour la fermeture de la paroi faite en un plan.

L'enfant quitte le sérvice guéri le 3 avril 1934.

L'interrogatoire de la mère apprend que depuis plusieurs mois il avait présenté des crises douloureuses avec émission de selles sanglantes. Mais ce n’est que le 16 mars que cette tendance à l'invagination se traduit par une invagination confirmée.

Celte rare et intéressante observation vient affirmer la facilité parfois grande de réduction des invaginations ayant progressé très loin dans le cache colique.

Ces invaginations ne se produisent que chez des nourrissons à méso très lâche et sont généralement peu serrées.

Grisel, au congrès de Rouen en 1904, avait déjà affirmé que le fait de trouver le boudin dans l’ampoule reclale ou à l’anus ne modifiait en rien le pronostic qui dépendait surtout de l’intensité de la striction.

Guilleminet disait, dans le Lyon Chirurgical, n° 4 (juillet et août 1933) : « c'est certain que les invagina- «tions très avancées avec boudin dans l'ampoule rec- « tale ou à l’anus relèvent particulièrement du lavement, « le cas que Tavernier nous a présenté, il y a deux ans, « était de cet ordre ».

L'observation que nous avons rapportée ici confirme entièrement cette manière de voir,

Obs. V (PouLiQuen). — Firation dans une invaginalion récidie

vante par coudure du grêle en épingle à cheveux.

1er Octobre 1930. hi

Il s’agit d'un adulte,le nommé René M. . qui est pris périodiquement de crises douloureuses abdominales siégeant dans la fosse iliaque HioRe et ne saccompagnant pas de température ; il est envoyé à Pouliquen pour appendicite.

Celui-ci, sur l'absence d’élévation thermique et la nature des douleurs, pense plutôt à une invagination chronique et intervient : il trouve que l'iléon est anormalement développé et qu'il y a dans le mésentère, à 4 cm. de la valvule, une cicatrice étoilée ; à la hauteur de cette cicatrice se produit au moment de l'exploration une contraction et il suffit d'une très légère poussée pour voir l'invagination se produire : c'est une iléo-colique. s Pour éviter sa reproduction, l’auteur plicature la fin de l'iléon en épingle à cheveux sur une longueur de quelques centimètres. L'appendice est enlevé. Suites opératoires simples, aucun trouble dans le cours des matières et des gags Ko Dur L'appendice enlevé est macroscopiquement sain. : Le malade a donné par la suite de ses nouvelles et n‘a jamais représenté d'accidents douloureux ni de troubles du transit.

Obs. VI (POuLIQUEN). — Société de Chirurgie, décembre 1922. Rapport de M. Vèau. Incision médiane. Suppuration. Eviscération au 9 jour au cours du pansement. Fermeture. Guérison. |

2 mai 1921 : ‘Garçon de 11 mois; docteur Loussot (Landivisiau), | Début : à 8 héurés crises intermittentes de coliques sans vomissements, selles sangüinolentes, tumeur dans l' hypocondre droit.

Opération à la sixième heure. Laparotomie sus-umbilicale,

Se

désinvagination très facile (variété iléo-colique, la tête de l'invagination se trouvant à 5 ou 6 centimètres de la valvule, sur le grêle) Fermeture laborieuse en deux plans. Le surlen-, demain de l'opération la fièvre monte à 40°, le 6 mai le médecin traitant constate une suppuration abondante de la paroi ; il fait des pansements quotidiens maintenus par des bandes d'adhésif, il n'enlève pas les fils, mais ils finissent par couper etle 11 mai la paroi lâche ; à la fin du pansement quelques anses grêles sortent, mais le docteur Loussot les rentre immédiatement et évite avec habileté l’éviscération totale. Il referme sous chloroforme et refait également sous chloroforme les pansements suivants.

Pas de réaction péritonéale ; guérison avec éventration.

Cette observation confirme la nécessité d’une surveillance chirurgicale prolongée. Les pansements sont du ressort du chirurgien ou d’un praticien très expérimenté, comme dans le cas ci-dessus.

Obs. VII (de MM. René BLocx et JomaiN). — Invagination réduite par lavement baryté. Récidive au bout de 6 mois. Intervention. Fixation.

Il s'agit d'un nourisson de 143 mois, P... M... qui entre le 16 février 1934 dans le service du docteur Leveuf à 12 heures pour une invagination intestinale aiguë datant de 4 heures.

Cet enfant a dans ses antécédants une autre invagination survenue 6 mois auparavant le 15 août 1933 qui fut réduite par lavement opaque à l'hôpital de Parthenay par les Docteurs Chambard et Jomain. La baryte ayant largement pénétré dans le grêle ils n’intervinrent pas et obtinrent une guérison parfaite.

A son entrée, le 16 février 1934, le nourrisson, fait curieux, est encore examiné par M. Jomain. Il est porté à la salle de

radiologie. On constate une image nette d’invagination à la partie moyenne du transverse et-le lavement la refoule

D ATATES

jusque dans la région sous hépatique, la désinvagination complète n'étant pas obtenue, l'enfant est opéré par M. René Bloch.

Incision de Walther, l’épiploon attiré amène le boudin. Après désinvagination, M. Bloch pratique la plicature du méso suivant son procédé.

L'enfant guérit.

Cette observation est intéressante car elle donne un argument aux partisans de l’intervention systématique avec fixation. Cependant l’enfant n’a nullement pâti de l’attitude observée la première fois, au contraire, elle lui a permis d’être opéré à 13 mois et demi au lieu de 7 mois et demi, par conséquent dans de beaucoup meilleures conditions pour supporter le choc opératoire,

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