‹ Contribution à l'étude du traitement de l'obésité Par le Corps ThyroïdeChapitre 18 sur 25 · AE RER · texte numérisé non relu

AE RER

senre de vie du malade, qui conserve son alimentation ordinaire ;

4° Nous devons dire cependant qu’au bout d'un temps variable l’amaigrissement cesse, malgré la continuation du traitement, probablement par suite d’accoutumance. Il est fort possible que, la médication reprise après quelque temps de repos, les malades maigriraient de nouveau.

Voyons maintenant quelles sont les doses à employer. Nous ne parlerons pas par lobes, c'était là une mauvaise manière de donner le corps thyroïde, comme le faisait remarquer Marie, et comme nous l'avons déjà dit précédemment.

- Les auteurs anglais ont fait prendre à leurs malades des extraits. La glande fournit environ 20 0/0 d'extrait, et 27 à 28 0/0 de poudre sèche. En introduisant5 cenligrammes d'extrait dans une tablette, celle-ci représente environ 25 centigrammes de glande fraîche, etil faut 7.centigrammes de poudre pour correspondre à un poids de 25 centigrammes de glande (Cotillon).

Chauffard, en donnant 10 centigr. d'extrait de corps thyroïde de mouton par jour, dose qui fut doublée peu après, faisait prendre à sa malade une dose qui correspondait à 50 centigrammes et 1 gramme de thyroïde, Les résultats obtenus furent bons.

Buquin, employant la médication thyroïdienne de la même manière, eut des résultats sensiblement identiques.

Dans nos observations, la dose a élé de 4 à o grammes de glande fraîche deux fois par semaine, où À gramme tous les jours sous forme de pastilles, soit en somme huil grammes de glande par semaine.

Mossé donnait le corps thyroïde cru, en nature, à la dose de 4 à 5 grammes, en moyenne deux grammes. Gette dose de un gramme par jour est Suffisante, puisque les résullats qui ont été 6btenus sont là pour justifier ce que nous avançons. On y trouve en outre cet avantage, c'est que, sauf exception, on n’a pas besoin de suspendre le médicament à cause du thyroïdisme. Il faut noter aussi que, avec des doses faibles, les malades maigrissent lentement, régulièrement, sans écarts, sans chutes brusques, ce qui est préférable.

Quel est le corps thyroïde qui a le plus d'action ? Tous les grands animaux domesliques ont été mis à contribution. La glande qui a eu le plus de vogue est sans contredit celle de mouton, mais on utilisa aussi la glande de bœuf, de veau, de porc et de chèvre.

Charrin choisit la glande de bœuf ou de veau, la malade remarquant l'efficacité moindre du thyroïde de mouton. Gley et Vassale, dans la préparation de leurs extraits, se servaient également de glande de veau ou de bœuf pour les mêmes raisons.

L'action de ces différents corps thyroïdes est, croyons-nous, à peu de chose près la même, elle

Abe doit cependant varier suivant la nourriture, la race, la santé, etc., de l’animal, c'est là une question qui serait intéressante, mais qu'il est bien - difficile pour ne pas dire impossible de résoudre.

Il nous reste à voir, pour terminer ce chapitre, quelles sont les indications et les contre-indications de la méthode.

Cette méthode est indiquée toutes les fois que l'on a. affaire à une personne dont. le poids est sensiblement supérieur au poids moyen d’un sujet de même âge et de même taille, et dont les grands appareils sont sains.

L'examen des grands appareils a en effet une énorme importance. Le rein, le cœur et le foie doivent fonctionner d’une façon normale pour que l'on soit en droit de soumettre le malade à la médication. Nous savons que l’albumine a été notée, que des symptômes d’inloxications assez graves ont été signalés, que des troubles cardiaques (tachycardie, petitesse du pouls, battements de cœur, etc.…..), ont été rapportés au cours du traitement.

Ainsi done nous pensons que la médication est contre-indiquée toutes les fois qu'il y aura une altération notable du rein, du foie, du cœur et des vaisseaux. Que tout'au moins, si l’on risque la médication malgré ces lésions, on devra surveiller le malade d'une facon rigoureuse et suspendre le traitement à la moindre alerte.

(CHAPEBRE V

Physiologie de la médication thyroïdienne.

Quels sont les effets physiologiques de la glande ingérée, et comment se produit cet amaigrissement si particulier, et si remarquable.

Vermehren, assistant de Bowitz, de Copenhague, après l’ablation du corps thyroïde a trouvé une notable-diminution de l’excrétion de l'azote urinaire, et sous l'influence du thyroïde une notable augmentation de cet azote qui pourrait atteindre le triple de la quantité normale.

Le corps thyroïde serait donc un agent puissant de dénutrition par accélération des combustions.

Bleibtreu ét Wendelstadt ont remarqué également que, chez l’homme sain, l’ingestion de la glande produisait une augmentation de l’excrélion de l’urée. Dans les observations de Charrin et Buquin, l’urée était supérieure à la normale après

PRES l'ingestion de la thyroïde, et l’on sait que chez les obèses le plus souvent elle est inférieure à la normale.

Canter, chez un chien auquel il faisait prendre 2 à 6 gr. de thyroïde par jour, constata également cette augmentation. Scholtz arriva aux mêmes conclusions. |

Par contre Richter fut amené à une conclusion toute différente en procédant de la manière suivante :

À un homme de 26 ans, bien porlant, pesant 71 kil.. il donna pendant six jours une ration alimentaire abondante fournissant 2.980 calories environ ; soit en chiffres ronds 44 calories par kilog.

Les matières albuminoïdes y figuraient pour. 500 La graisse — SA TOBU Les hydrates de carbone — -.. 4400

Cet homme reçut ainsi 120 gr. d’azote, et en élimina 90, soit au total 30 gr. de gain.

Pendant les quatre jours suivant il prit des lableltes thyroïdiennes, et suivit un régime.

I recut pendant ces quatre jours 80 gr. d’azote, el 1l en élimina 67, soit 13 gr. de gain.

Pendant les six premiers jours il engraisse de 400 gr.

Pendant les quatre jours de médication il maigrit de À kil. 500 (1).

Lépine, rapportant cette expérience, conclut

Bien que largement nourri, le sujet à maigri « mais sans perdre d’azote, bien au contraire il a « continué à emmagasiner de l'azote, moins « cependant que pendant la période prépara- « toire » (13 gr. en quatre jours au lieu de 30 gr. en six Jours, soit 3 gr. au lieu de 5 gr. par jour).

Ces expériences sont, on le voit, tout à fait contradictoires et demandent un contrôle sérieux et de nouvelles observations pour que l’on puisse définitivement dire si, chez les sujets soumis à la médication thyroïdienne, les produits azotés éliminés par les urines sont en plus grande quantité, en plus petite quantité ou en quantité normale.

Chez le chien, Canter relate la diminution des phosphates dans les urines, Vermehren leur augmentation. Scholtz a trouvé qu’il y avait dans les fèces une augmentation des phosphates, d’où, d’après l’auteur, un véritable « diabète phosphatique intestinal ». |

Vermehren, Canter, Scholiz, ont constaté la présence des chlorures dans l'urine en plus grande proportion que normalement.

(4) Ce sujet a vu son poids augmenter de 500 grammes après la cessation du traitement. Nous pensons que cette augmentation est due à la perte de poids trop rapide, 3 livres en quatre jours.

La quantité des urines émises en 24 heures nous a paru être sensiblement normale, s’il y a eu une diurèse plus abondante, celle-ci n’était que trop minime pour qu'on puisse y attacher quelque importance.

Un fait nous paraît digne d'attirer l'attention, c'est l'influence manifeste du corps thyroïde sur le système nerveux.

Nous savons que les obèses, enclins de par leur obésité à la somnolence, à la torpeur, à l’apathie, sont véritablement métamorphosés sous linfluence de la médication. Nous avons déjà montré, et on peut le voir dans nos observations, que leur caractère se transformait souvent d’une façon tout à fait surprenante. Soumis au traitement, ils restent difficilement tranquilles, eux, si paisibles auparavant. k

Outre ce changeméënt de caractère, cette irrilabilité quand les effets du thyroïde sont plus marqués, nous avons déjà dit que l’on pouvait voir survenir chez eux de l’insomnie, de l’agitation et même du délire.

Nous avons passé sous silence, au moment des accidents pour y revenir, les symptômes cardiaques. Nous les avons simplement signalés sans chercher à les interpréter.

Cette accélération des batlements du cœur, cette fréquence des pulsations, ces battements des caroides, ces contractions cardiaques signalées par quelques auteurs, quelle en est la cause ?

ste

Vermehren se demande si la (hyroïdine agit sur les ganglions intra-cardiaques, sur le bulbe ou sui le myocarde. Les expériences de Vodheat, lendraient à prouver que le thyroïde exerce son action sur le myocarde.

Il est alors assez difficile, en admettant cette action musculaire, de s'expliquer les battements carotidiens que certains auteurs ont rapporté !

Pourquoi ne pas admettre que le corps thyroïde ingéré dans l'obésité agit à peu près à la facon du thyroïde dans la maladie de Basedow. Dans le goitre exophthalmique que rappelle un peu le thyroïdisme, ne note-t-on pas des crises d’amaigrissement souvent considérables, coïncidant avec les paroxysmes de la maladie. Pourquoi ne pas voir dans le goitre exophtalmique à ce moment une hypersécrétion du thyroïde (Huchard) déversant dans l'organisme en trop grande quantité un principe actif cause de ces accidents,

L'action du thyroïde sur le système nerveux nous paraît incontestable, et nous nous demandons si tous les symptômes du thyroïdisme (lachycardie, irritabilité du pouls, élévation de Ia température, insomnie, agitation, délire, polyurie, parapiégie, tremblement, etc...), no sont pas dus à une action particulière de la (hyroïdine sur le système nerveux.

Nous ne serions pas plus éloignés de croire que l’amaigrissement est dù à la même sélection des principes actifs sur les cellules nerveuses.

Nous ne faisons qu'émettre cette hypothèse, laissant à d'autres le soin de la vérifier, ou de la détruire, par des expériences physiologiques appropriées, n'ayant pas la compétence nécessaire pour les entreprendre. :

Si cette hypothèse était démontrée vraie, cela tendrait à prouver l'influence du système nerveux sur la production de l’adipose généralisée ; et notre thérapeutique dans l’obésité serait comme ‘ae doit être, pathogénique.

Il serait maintenant in + de savoir quels sont les principes utiles dans le corps thyroïde.

Baumanu, professeur de chimie à Fribourg en Brisgau a trouvé que le corps thyroïde de différents animaux, mouton, porc et homme contient dans les conditions normales de liode en quantité relativement considérable sous forme d’un composé stable appelé par lui {hyroïodine.

Pour le préparer on a recours aux manipulations suivantes :

On fait bouillir la glande dans une solution d'acide sulfurique au dixième. On obtient ainsi un liquide de couleur brune qui, par le refroidissement, laisse déposer un précipité finement floconneux.

Ce précipité est dissous dans une solution de soude caustique au centième, puis précipite à nouveau au moyen d'acide sulfurique dilué.

On lave, et on sèche.

« La thyroïodine est un corps amorphe, brun,

représentant en poids de deux à cinq pour cent de corps thyroïde frais. Il est insoluble dans « l’eau, peu dans l'alcool, mais soluble dans les milieux alcalins. »

D’après Roos la thyroïodine a le même effet chez l’homme et les animaux que le corps thyroïde, et le corps thyroïde agirait par l’iode qu'il contient ?

Nous ne pouvons que mentionner ces fails, n'ayant pas eu à nous servir de la thyroïodine. D'ailleurs ces expériences sont poursuivies par Baumann el Roos.

CS

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