‹ Contribution à l'étude du traitement de l'obésité Par le Corps ThyroïdeChapitre 17 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Action du corps thyroïde sur la nutrition.

Son emploi dans le traitement de l'obésité.

Ses. avantages sur les autres méthodes.

Les doses à employer.

Ses indications, ses contre-indieations.

Le ‘corps thyroïde administré en vue de différents traitements "myxœdèmes, psoriasis et autres dermatoses fait maigrir, c’est un fait d'observation indéniable. Dufournier, en 1893, disait déjà : «Il « faut admettre que le suc thyroïdien à une action « puissante sur l'organisme, et en particulier: sur « la. nutrition », et il ajoutait plus loin : « Il est « indéniable que les liquides extraits des organes « sont des modifications de la nutrition. » Nous n'admettons pas cette dernière proposition sans:

.réserve. Nous savons en effet que, dans quelques cas, le thymus administré par erreur dans le

LE VE ot myxœdèmen’avait pas donné les mêmes résultats que le corps thyroïde au point de vue de l’amaigrissement. Nous n’admettons pas non plus, jusqu’à plus ample informé, l’opinion de Raimond Cannizaro qui pense qu'il « doit exister chez le « même animal, en dehors du corps thyroïde, « d’autres organes ayant les mêmes fonctions. » (Deutche Medec. Woch., an. 92, p. 184.) Buquin, dans sa thèse, rapportant les expériences faites par Charrin sur des lapins avec du liquide provenant de macérations pancréatiques qui furent négatives, dit : « Elles prouvent que « nous aurons affaire en étudiant les effets du « corps thyroïde, non pas à une action banale « due à un tissu organique quelconque, mais « bien à une action particulière spécifique d’une « cellule déterminée. » |

Charrin et Roger constatèrent un amaigrissement considérable chez des lapins à qui ils administraient pendant trois ou quatre jours, et cela quotidiennement, un extrait provenant de 50 à 75 centigrammes de thyroïde de mouton.

Sans avoir recours à aucun régime, sans changer l'alimentation du malade, sans toucher aux habitudes, au genre de vie du sujet, l’administration du corps thyroïde le fait maigrir dans des proportions notables. C’est ainsi que si nous prenons nos observations, l’amaigrissement a été dans un certain nombre de cas très considérable.

— JT —

Dans les observalions de

Mackensie, le mal. a maigride 8 liv.1/2 en 2m. soit 4.90% Chauffard, E HA EN à D RARE UE TE 2 Charrin, — 46 AB LATE GNT Buquin, = 10 4 — 400 Dans les observations communiquées par le D' Barth, No XI, le mal. a maigride 26 liv. en 4m. soit 11.20 % * No XII, — 7 800 4 — 45967 No XIII, 14 2 — 8.20, N° XIV, — 4 2 — 4.6 % Pers n° XV, 4% EN Er S À |

Nous avons également relevé les observations de myxædémateux traités par le thyroïde, où se trouvait noté le poids au début et à la fin de la médication, ainsi que le laps de temps écoulé du début à la fin. Voici le résultat que nous avons trouvé :

Observ. de Dreyfus-Brissac, amaigr. de 28 % en 9 mois

— Darvies, — 20.0 2421r.1/9 — Clavert, — 1920220011)?

— ; .: Pasteur (1), — 25.9 % 4sem.

= Laache, — 3.94% 3 mois — Dunlop, — 24,7 % 4 — —— Maire et Guerlain, — ADF EYS HN — Brissaud et Souques, — LENS dE = Canter, OUEN LATE

(1) Dans cette observation, on dut suspendre le traitement au bout d’un mois, la malade maigrissant dans des proportions véritablement effrayantes.

Jo —

Leichtenstern, dans un cas de myxæœdème, a vu également sa malade maigrir de 8 kilogrammes après six semaines de traitement. Vendelstadt, employant des pastilles dont chacune élait. dosée -à 30 centigrammes de corps thyroïde (quatre: par jour), a eu de bons résultats dans 25 cas d'obésité. La diminution de poids à varié de 1 à 5.kil. pendant la première semaine et de 4 à 9: kil. après quelques semaines de traitement.

Celte diminution de poids est donc constante d'äprès nos observations, elle est plus considérable dans le myxædème que dans l'obésité; mais même dans le traitement de l’obésité, les résultats n’en sont pas: moins remarquables, puisque dans le cas de Charrin l'amaigrissement a été de 170/0, et dee 10 0/0 chez la malade qui a été soignée à Broussais (Obs. XY.). i

Tous les malades ont maigri, sans inconvénients, accusant au contraire une santé excellente, un entrain, un retour des forces, une vivacité d'intelligence contrastant avee leur somnolence et leur torpeur habituelles.

Ainsi done, amaigrissement assez rapide, suffisant en tous cas (1 kil. par semaine; en moyenne), sans accidents, sans toucher à: l'alimentation, tel est le résultat de la médication:thyroïdienne, tel qu’il ressort de nos observations.

Cette médication réussit-elle toujours ?

Pour nous, personnellement, nous. n’avons Jamais constaté d’insuccès,. mais. Leichtenstern

AU rapporte que sur 27 obèses traités par celle médication, il a eu trois insuecès.

Noorden, allant plus loin, dit qu'il a vu nombre d'obèses qui espéraient se faire maigrir, grâce aux tablettes, mais qui furerit déçus dans leur attente. Par contre, il ajoute que chez trois hommes et quatre femmes quine pouvaient maigrir, malgré le régime, 60 à 96 centigrammes d'extrait thyrotïdien par Jour amenèrerit des résultals satisfaisants.

Charrin rapporte ‘également un cas où le résultat fut nul.

Nous ferons remarquer que ces insuccès son peu nombreux-par rapport aux cas dans lesquels on a eu des résultats, que ces insuccès tiennent peut-être à une différence de qualité de la glande, c'est d'ailleurs l'avis de Fox, de Plymouth. Ensuite, quel est en médecine le médicament qui réussit partout et toujours, chez tous les sujets? C'est que précisément à côté de la maladie qui est peu, il faut voir le malade qui est tout, et probablement dans ces cas, pour une cause que nous ne connaissons pas encore, mais qu'on découvrira peut-être dans la suite, l’action du corps'thyroïde ne pouvait se faire sentir.

D'après Noorden, le (iyroïde à une action puissante sur l’adipose due au ralentissement des processus decombustion, il ne paraît pas influencer la‘polysarcie ‘résultant de Fa‘suralimentation chez. des sujets dont les échanges organiques se font

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normalement. Nons ne pensons pas que les raisons données par Moosden pour expliquer les insuccès soient valables. Parmi nos malades, en effet, on en trouve au moins deux gros mangeurs et qui, certainement, devenaient obèses par suraliméntation.

Ces insuccès sont d’ailleurs trop peu nombreux pour nous arrêter plus longtemps.

Nous avons insisté assez longuement sur les accidents reprochés à cette méthode, pour n'avoir plus à y revenir sans tomber dans des redites inutiles.

Voyons maintenant sila médication thyroïdienne présente des avantages sur les méthodes employées jusqu’à ce jour en vue du traitement de l’adipose ; en d’autres termes, s’il est préférable de suivre le traitement que nous préconisons. Tout d’abord, il a réussi là où les autres moyens avaient échoué. comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire ; ce qui à une certaine importance.

Les différents modes de traitement jouissant d’une certaine vogue autrefois avaient un but unique : faire maigrir le malade en le soumettant à un régime difficile, ennuyeux, désagréable, que les obèses ne suivaient qu’à regret.

La plupart de ces régimes sont connus sous le nom de leurs auteurs : ce sont ceux de Harvey ou Banting, d'Ebstein, de Voit, de Demuth, de OErtel, de Germain Sée, de Robin et Dujardin-Beaumetz. Nous en oublions, et beaucoup, mais tous ces ré-

ce ir es

simes se ressemblent par plus d’un point. Entrer dans des détails serait inutile ; qu'il suffise de savoir que presque tous reposent sur l’usage d’une ration alimentaire iusuffisante. Le tableau suivant, que nous empruntons à Manquat (Trailé de thérapeulique, p. 781), montre la valeur nutritive des principaux.

Matières Matières Matières albuminoïdes grasses. hydrocarhon, Ration normale (Munch). 100 56 450 Harvey et Banting (Voit). AZ 8 81 BbstémAVon.r Re", 102 2107580 47 ŒrielVoi se 155—178 25—40 70 -110

Si on les examine avec soin, on constate que dans tous les matières hydrocarbonnées ne sont données qu’en petite quantité. Les matières albuminoïdes occupent le premier rang dans ces traitements ; elles figurent dans l'alimentation des obèses soumis au traitement pour un taux supérieur à celui de la ration normale. Les matières grasses ne sont qu'à l’élat de traces dans le régime de Harvey; par contre, Ebstein les donne en grande quantité pour éviler l’inanition de se produire.

Ces régimes, quand ils élaient suivis d’une façon méthodique régulière, pendant un laps de temps suffisant, donnaient des résultats, mais ils avaient trop souvent le grave inconvénient de débiliter le malade, et alors étaient plus nuisibles qu'utiles.

On a préconisé aussi de limiter la durée du sommeil chez les obèses, surtout le matin, et dans la journée; les exercices modérés, la gymnastique. L'iodure de potassium aurait donné de bons ré- -sultals, ainsi que certaines eaux comme Châtel- Guyon. Pr

De ces différents moyens, les plus efficaces élaient les régimes, maison maigrissait parce que l’on ne mangeait pas, ou tout au moins parce que l’on ne mangeait pas assez. Nous avons dans nos observations (Obs. XIV) un exemple bien net de ce que nous avançcons. Cette femme, grosse mangeuse, pesant au printemps de 1895, 78 kilog., prit à cette époque en vue de maigrir 1 lit. 500 de lait et trois biscuits secs par jour pour toute ahmenlation pendant six semaines. Elle a perdu pendant ce temps 5 kilog. Elle les a regagnés en peu de temps, et, au mois de décembre dernier, elle pesait à nouveau 78 kil.

Elle fut soumise alors en décembre 1895 au traitement thyroïdien, ét en deux mois elle perdit 3 kil. 500, sans aucune restriction à son régime alimentaire. ru

Ces régimes avaient aussi linconvénient de donner des résultats qui ne persistaient pas ; ainsi dans la grande majorité des cas, les malades engraissaent de nouveau, dès la cessation du traitement, pour revenir au poids qu'elles avaient avant la cure. C'est ce qui était arrivé à notre malade.

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On.a fait les mêmes reproches à la médication thyroïdienne ; ainsi Mackensie, dans son observalion, dit que cette femme, après la cessation du traitement, a engraissé de 9 livres. Chauffard fait également remarquer que sa malade augmentait de poids quand on suspendait la médicalion, pour diminuer dès qu’on la reprenait.

Les.autres auteurs qui se sont occupés de la question ne parlent pas de cette augmentation de poids après la ‘cessation du traitement. Is constatent seulement que l'amaigrissement cesse de faire des progrès, quand on suspend la médication (Charrin).

Nos observations personnelles ne nous permettent pas de trancher cette question ; ce n’est qu’en suivant les malades qu’on pourra savoir si l'effet est durable.

En résumé, le traitement par le suc thyroïdien à sur les autres méthodes les supériorités suivantes : ;

1° L’amaigrissement est continu, assez lent pendant toute la durée de la médication ;

20 Cette déperdition de poids ne s'accompagne d'aucune perte des forces, d'aucune débilitation ; les malades, au-contraire, accusent une sensation de bien-être toute particulière, et ne demandent qu’à continuer ;

3° Ce moyen est d’une facilité et d’une simplicité qui ne sont pas à dédaigner; il ne gêne en rien ie

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