‹ Contribution à l'étude du traitement de la blennorrhagieChapitre 13 sur 26 · EurManx, The therapeut · texte numérisé non relu

EurManx, The therapeut

2. Gurart. « Valeur thérapeutique de l’urotropine et de l’helmitol ». Annales des maladies des organes génito-urinaires,

nr tueux, le salol appartient par ses fonctions chimiques à la série aromatique.

Le salol non modifié par le suc gastrique se dédouble dans l'intestin en acide salicylique et en acide phénique, tous deux absorbables par la muqueuse intestinale. D'après les expériences de Von Nenki c'est à l’action du suc pancréatique qu'est dù ce dédoublement. Il se produit encore, mais plus lentement, et en minime quantité sous l'influence des microbes de l'intestin.

Cependant ce dédoublement est variable et inconstant, d'où la toxicité du salol est sujette à des variations suivant les individus et chez un même individu d’un jour à l’auire:

Certains auteurs ont pensé que les deux substances antiseptiques, par suite de leur élimination par les urines, influeraient favorablement sur la blennorragie.

Dreytous {1}, un des premiers, préconisa le salol dans le traitement de la blennorragie.

Pour lui le salol répond aux desiderata suivants :

1° IL forme la base d’une thérapeutique scientifique, ralionnelle, des organes urinaires ;

2° ['aune efficacité spéciale dans une des affections des organes urinaires infectieuse par excellence, la blennorragie où le salol agit comme une injection phéno-salicylée qui pénètre bien plus intimement, plus universellement que toutes les injections intra-urétrales faites par les moyens

chirurgicaux à notre portée.

1. Drevrous. Communications à la Société médicale des hôpitaux. Séance du 12 novembre 1886.

Dans sa communication à la Société médicale des hôpitaux, Dreyfous relate sept observations de blennorragies traitées, les unes parle salol seul, les autres par le salol et les balsamiques. Il conclut de ses observations : « Le salol a une action non douteuse sur l'écoulement blennorragique. Cette action parait due à ce que le salol rend l’urine aseptique et probablement antiseptique. Il agit donc comme une injection antiseptique sans présenter aucun des inconvénients des injections urétrales et d’une façon plus parfaite qu'aucune d’entre elles.

« Le salol employé seul a une réelle efficacité. Le traitement est bien supporté (sauf quelques bourdonnements à une dose élevée, 7 à 8 grammes, dose qu’il sera inulile, je crois, d'atteindre), produit comme résultat la diminution ou même la disparition de l'écoulement, qui reparait quand on cesse le salol et la suppression de la douleur, qui reparait également quand on cesse Ile médicament.

I y a avantage cependant à employer simultanément le copahu et le cubèbe pour accélérer la guérison... Le salol peut avoir dans la thérapeutique de la blennorragie une action analgésique comparable, comme efficacité et rapidité, à celle du salicylate de soude dans le rhumatisme. Peutêtre peut-il prévenir l'apparition du rhumatisme blennorragique. »

Enfin sur le mode d'action du salol Dreyfous dit :

« Il parait démontré par les expériences de Nenki Lépine, Montange, que le salol se décompose dans l'intestin, sous l'influence du suc pancréatique en acide salicylique. Or tous les auteurs affirment que c’est sous

la forme d'acide phénylsulfurique ou mieux de phényl-

Mis RTE

sulfate de soude que l'acide phénique est éliminé par les reins. Il n’est pas démontré que le phénylsulfate de soude soit antiseptique... Le salol agirait done comme l'acide salicylique lui-même, avec cette différence que l'acide salicylique est très mal toléré par les malades, tandis que le salol est supporté, même à une dose très élevée, d’une façon vraiment surprenante. »

Sans aller aussi loin que ne le faisait le promoteur de cette médication, nombre d'auteurs ont obtenu avec le salol des améliorations rapides des accidents blennorragiques.

Bazy a oblenu des résultats excellents chez les prostatiques et les rétrécis et les blennorragiés. Il donne le médicament à la dose de 4 grammes par jour, mais donne des doses moindres lorsque par suite de lésion rénale, l’élimination urinaire est insuffisante.

Mumford administrant 10 à 60 centigrammes, trois fois par jour, a guéri de nombreux écoulements blennorragiques.

Hirtz associe le salol au santal ou au copahu. Dans deux tiers des cas observés, il a obtenu des résultats remarquables, dans un tiers des cas aucune amélioration ne s'est produite.

Albarran cependant dénie au salol toute action antiblen-

norragique.

Aïnsi donc, parmi les différentes substances utilisées dans le traitement interne, trois surtout, le santalol, l’urotropine et le salol paraissent avoir une influence particulièrement heureuse. M. le D: Leprince a eu l'idée d’administrer simultanément ces trois médications, qui chacune

isolément avait fait ses preuves, dans les proportions sui-

vantes :

D AlO PE een, , 0,05 Urotropime.7. 0,05 DE Lie) RO 0,20

Ces trois corps jouissent chacun de propriétés antiseptiques à des titres différents, et notamment de propriétés antigonococciques. De plus, chacun des trois corps apporte dans le mélange, outre ces propriétés communes aux trois médicaments, des propriétés qui lui sont propres, c'est-àdire le santalol les propriétés balsamiques, l'urotropine et le salol leur action diurétique en même temps qu’analgésique. Ainsi est justifié le nom d' « Eumictine » que M. le D' Leprince a donné à cette nouvelle association. De plus, les trois corps au lieu d’être enrobés dans de la gélatine comme les capsules ordinaires, sont enrobés dans des capsules de gluten. Ces capsules traversent l'estomac sans subir de modifications. Ce n’est que dans l'intestin que ces capsules se dissolvent sous l'influence des sucs intestinaux, on évite ainsi les actions morbides sur l'estomac.

Nous nous sommes livré sur ce produit à des expériences de laboratoire et à des essais thérapeutiques. Dans l’un et l’autre cas nous avons obtenu des effets très enconrageants.

Cremer

Mr

Au point de vue clinique nous avons surtout expérimenté sur des urétrites de femmes. Or chez la femme, l’urétrite donne lieu à des symptômes moins accentués, évolue d’une facon moins caractéristique et plus torpide que l’urétrite de l’homme. Cependant nous pouvons conclure que les phénomènes inflammatoires, cèdent rapidement au traitement, que la durée de séjour des femmes retenues à Saint-Lazare pour urétrite est sensiblement diminuée avec ce nouveau mode de traitement.

Nous avons administré ce médicament à. quelques hommes atteints de blennorragie aiguë, mais il s'agissait de malade non hospitalisés que nous avons perdus de vue ; cependant nous avons deux observations très intéressantes, prises dans le service du Dr Queyrat à Ricord, de cystites hématuriques et de pyélo-néphrite au début, dans lesquelles une guérison tout à faitremarquable a été obtenue.

Ce médicament s’ordonne à la dose de six à douze capsules par jour. Nous avons généralement employé la dose de douze capsules ce qui fait que nous administrons

chaque jour en deux prises.

0 gr. 60 de salol.

0 gr. 60 d'urotropine

(ei

r. 40 de santalol.

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Par conséquent des doses minimes de chacun de ces médicaments.

L'on sait que «le mélange des antiseptiques donne un total plus élevé que ne le ferait supposer la somme des

composants » (Roger. Les maladies infectieuses), par con-

séquent avec de très faibles doses, nous avons obtenu des effets antisepliques extrêmement puissants.

Cette médication présente en outre l'avantage de pouvoir traiter la blennorragie dès son début. La méthode antiphlogistique n'est « en réalité que l’expectation, fille des vieilles théories sur la spontanéité, la nature instinctive de l'inflammation, manifestation de la force organique qu'il valait mieux ne pas troubler ». (Augagneur.) En traitant la blennorragie dès son début, on supprime en grande partie la période douloureuse, on évite aussi par la désinfection des voies urinaires, la pullulation et le transport au lieu des microbes pathogènes.

Enfin la dose très faible des médicaments employés empêche toute action nocive sur les reins ou l'estomac. Dans aucune de nos observations nous n’avons observé de douleurs rénales ou d’albuminurie. jamais nous n’avons eu

une raison quelconque de supprimer la médication.

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