PARTIE EXPÉRIMENTALE
Pour l'étude expérimentale de l'influence bactéricide de l’eumictine, nous avons procédé de la façon suivante :
On recueille les urines d’un sujet avant et six heures ou huit heures après l’ingestion de six capsules d’eumictine,
soit après l’ingestion de
0 gr. 30 de salol 0 gr. 30 d’urotropine 0 gr. 20 de santalol.
Les urines sont filtrées avec le filtre Berkefeld immédiatement après l’émission. Puis chacun des deux échantillons d’urine est additionné en quantités déterminées à des bouillons de culture.
Ces bouillons de culture étaient : pour le gonocoque et le streptocoque, du bouillon additionné d'un volume égal de liquide ascitique. Pour le bacille d’Eberth el le staphylo-
coque, du bouillon ordinaire.
1. ‘Les expériences que nous décrivons ici, ont étéfaites par nous:sous la direction de M. le Dr Stassano quiia bien voulu'mettre à notre disposition sa compétence en matière bactériologique.
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A une première série de tubes contenant 10 centimètres cubes de bouillon, on ajoute 2 ou 3 centimètres cubes d'urine émise avant l’ingestion d’eumictine, puis à une autre série de tubes cortenant la même quantité de bouillon de culture, on ajoute la même quantité d'urine émise après l’ingestion des capsules.
Ensuite ces différents milieux de culture additionnés d'urine chargée ou non des principes de l’eumictine, sont ensemencés à l’aide d’une anse de platine plongée dans une culture liquide, de façon à ensemencer autant que possible les milieux de culture d’une quantité sensiblement
égale de culture etle tout est porté à l’étuve à 37 degrés.
Les effets les plus saillants ont été observés vis-à-vis du gonocoque et du bacille d'Eberth, mais surtout vis-à-vis du gonocoque :
Dans les milieux de culture additionnés d'urine chargée d'eumictine le développement du gonocoque se faisait plus tardivement que dans les milieux additionnés d'urine normale. Ce retard, que nous avons retrouvé dans toutes nos expériences, variait entre quelques heures et deux ou trois jours, quatre jours même dans une de nos expériences. Ces différences dans les retards observés tiennent vraisemblablement à ce que les urines n’ont pas toujours été recueillies dans les mêmes conditions, et aux mêmes heures.
Dans les cultures de bacille d'Eberth nous avons constaté un retard mais moins sensible.
En examinant dans Jes jours suivants les-troubles pro-
duits par les microbes:en suspension dans les milieux et
LS pee tes les dépôts au fond des tubes, on peut suivre la continuaton de l’effet empêchant.
Nous nous proposons de rechercher dans des expériences ultérieures au bout de combien de temps le gonocoque perd sa vitalité dans les deux séries de bouillon de culture.
Dans nos premiers essais nous n'avons constaté aucune différence dans le développement du streptocoque et pour celui du staphylocoque, ni comme retard, ni comme quanüité, ces microbes semblant se développer tout aussi bien et aussi rapidement dans les milieux additionnés on non d'eumictine. Mais ceci tenait probablement à la facilité avec laquelle ces microbes se développent dans tous les milieux. Dans des expériences plus récentes, nous avons essayé de réduire au minimum la quantité d’ensemencement et nous avons constaté un certain degré d'effet empêchant qui est plus marqué pour le streptocoque.
Ces différentes expériences ne concordent pas absolu: ment avec celles de Nicolaïer, de Suter, et en général de tous les auteurs qui ont étudié l'effet bactéricide de l’urotropine. Mais il importe de faire remarquer que ces différents expérimentateurs se servaient de quantités d'urotropine bien supérieures à celles que nous avons employées, puisque dans toutes les expériences que nous avons vues relater, l'on se servait d’une quantité d'urotropine d’au
moins À gramme. S +
Il seraitintéressant de pouvoir déterminer, d'une façon précise, quelle est la part qui revient dans ces résultats à
chacun des trois éléments constituants de l’eumictine.
Nous avons fait fabriquer des capsules de gluten de même forme et de même dimensions que les premières, renfermant un seulement des trois éléments et dans les mêmes proportions que celles qu’ils possèdent dans le mélange.
Nous avons pour cette deuxième série d’expériences, un nombre trop restreint de cas pour pouvoir conclure d’une façon précise. Ces expériences ont été faites comme les premières.
Le salol nous a paru avoir des effets particulièrement retardants sur le gonocoque. Le santalol et l'urotropine ont une action retardante mais, semble-t-il, moins considéble que celle du salol. D'une façon générale, avec aucun de ces trois corps nous n'avons obtenu, à beaucoup près,
des effets retardants aussi manifestes qu'avec l’eumictine.
OBSEN VAT ONS ©