‹ Contribution à l'étude du traitement de la blennorrhagieChapitre 9 sur 26 · RO · texte numérisé non relu

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très manifeste dans les cyslites : rapidement les douleurs terminales de la miction, la fréquence des besoins diminuent ou disparaissent, sans préjudice des résultats favorables obtenus du côté de l'urètre.

Dans la période chronique de la blennorragie, on obtient aussi de bons résultats de l’emploi du santalol, mais leur rapidité dépend des conditions d'ancienneté de l'écoulement, de son contenu microbien ou aseptique, et de l’état anatomique de la muqueuse urétrale.

Dans toutes les observations ayant trait à son emploi, Ducoudray n’a jamais trouvé de motif capable d’en faire suspendre l'usage. Il ne suscite aucune douleur lombaire el s'emploie à doses minimes, puisqu'on ne dépasse jamais dans une journée la dose de 3 grammes.

Ce qu'il y a de plus important peut-être dans son emploi c’est qu'il n’a pas d'action nocive sur le rein et que l'on ne l’a jamais vu provoquer d'albuminurie.

Des expériences faites sur des lapins, il résulte que les urines recueillies et analysées chaque jour n’ont jamais présenté la moindre trace d’albumine et les animaux se sont toujours bien portés A l’aulopsie l’on ne peut relever

aucune lésion rénale.

$S 2. — L'Urotropine (1)

L'urotropine fut préparée pour la première fois en 1860 par Buttlerow qui l’obtint en faisant passer un courant de

gaz ammoniac sec sur de la poudre de dioxyméthylène. 1. Nous avons, pour la rédaction de ce chapitre de notre thèse, fait de nombreux emprunts au travail très complet que

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L'étude qu'il fit de ce nouveau corps qu’il dénomma d’après sa composition hexaméthylène tétramine, était une étude purement chimique. Comme il était alors impossible de soupçonner les services que l’hexaméthylène-tétramine était appelée à rendre par la suite, elle n’avait frappé l'attention de personne et les médecins ignoraient même son existence.

Ce n’est qu’en 4894, que Nicolaïer, de Gœættingue, eut l’idée d’en faire l’objet de recherches expérimentales et cliniques. C’est lui qui remplaça l’ancienne dénomination de Buttlerow el nomma le nouveau corps utropine (de ouoov urine et rcexe:v, modifier), indiquant ainsi le pouvoir qu'il possède à un si haut degré de modifier les urines pathologiquement altérées. Les recherches de Nicolaïer publiées dans une série de mémoires parus entre 1894 et 1901 (1) laurent l’origine de travaux très nombreux qui, confirmant

M. Guiard a publié en 1905 dans les Annales des maladies des organes génilo-urinaires, La valeur thérapeutique de l’urotropine et de l'helmitol.

1. Nicoraïer. Sur l'emploi thérapeutique de l'urotropine. Centralblatt für die medic. Wissenschaften, 1894.

Id. Sur l'emploithérapeutique de l’urotropine. Deutsche mediciuische Wochenschrift, 1895.

Id. Sur le traitement de la cystite avec fermentation ammoniacale de l'urine par l'urotropine. Der Aerzllische Praktiker,

Id. Expériences cliniques sur l’urotropine. Zeitschrift jür Künische Medizin, 1899.

Id. Etude expérimentale et clinique sur l’urotropine et l'helmitol. Deutschen Arch. für Klinische Medizin, 1904.

Id. Action de l’urotropine sur les maladies des voies urinai-res et particulièrement de la vessie. Edition Cotti, 1907.

les données exprimées par Nicolaïer, mirent en lumière les avantages thérapeutiques nombreux de cette substance nouvelle que le savant professeur de Gættingue venait de tirer de l’oubli.

Propriétés physiques et chimiques. — L'urotropine, que Buttlerow préparait primitivement en faisant passer un courant de gaz ammoniac sur de la poudre de dioxyméthylène, se prépare actuellement en faisant passer un courant de vapeurs de formol dans l’ammoniaque concentré:

La formule de la réaction est la suivante:

6 CH°O + 4 AzH° = CH” Az +6H°0

Les avis au point de vue de sa constitution définitive sont encore partagés mais on peut admettre qu'elle est une combinaison d’aldéhyde formique avec l’ammoniaque.

C'est un corps incolore. transparent, cristallisé en rhomboïdes très brillants et très stables quand il est conservé à l'abri de l'humidité; ayant un goût d’abord sucré qui devient ensuite légèrement amer. Très soluble dans l'eau à la température ordinaire (81,3 0/0), beaucoup moins dans l’alcool (14 0/0 à froid, 7 0/0 à chaud).

L'urotropine se combine très facilement avec les acides pour former des sels. Elle se combine également avec d’autres corps, notamment avec le brome. Cette combinaison avec le brome est utilisée pour la recherche de l'urotropine. Si, à une urine non albumineuse chargée d'urotropine, on ajoute quelques gouttes d'eau bromée, on détermine un précipité jaune orangé qui se dissout si l'on agite le tube, mais se reforme par l'addition d’une nouvelle

quantité de réactif. L'eau bromée peut, avec une urine

albumineuse non chargée d’urotropine, donner un précipité jaunâtre qui pourrait être confondu avec celui que donne l’urotropine. Par conséquent avant de rechercher l’urotropine dans une urine, il faut préalablement faire disparaître l'albumine que cette urine pourrait contenir. :

Actions physiologique et thérapeutique. — L'urotropine s'élimine très rapidement par l'appareil urinaire où elle arrive très rapidement en nature et sans avoir subi aucune modification.

D'après Nicolaïer on peut déceler sa présence dans l'urine quinze minutes après l’ingestion. D’après Casper on pourrait même déceler sa présence dix minutes après l'ingestion. La durée de l'élimination varie avec la quantité de médicament absorbée, en général l'élimination dure de quinze à trente heures. Cependant Casper en aurait trouvé, mais une fois seulement quinze jours après la suppression du remède.

Au point de vue thérapeutique l’urotropine jouit de trois propriétés importantes (Manquat) :

1° Elle dissout l'acide urique qu'elle entraine dans l'urine et même l’urine des malades soumis à son usage devient capable de dissoudre ?n vitro des concrétions uratiques ;

2 Par le passage dans les reins l’urotropine qui était restée intacte dans le sang donne lieu à la formation de formaline qui communique à l’urine ses propriétés antiseptiques ;

3° Enfin l'urotropine est diurétique, mais d’une façon inconstante et variable.

Les doses massives de 6 et même 10 grammes sont très

bien supportées par l’homme ; la dose de 4 grammes par jour, mème prolongée, ne cause aucune manifestation morbide chez les individus qui y sont soumis.

Action antiseptique. — Ce sont les deux propriétés diurétique et antiseptique de l’urotropine qui sontutilisées dans le traitement de la blennorragie. La diurèse est généralement augmentée d’une façon notable mais ce qui est particulièrement intéressant dans son action, ce sont les modifications antiseptiques de l'urine.

C’est à Nicolaïer que revient l'honneur d'avoir montré le premier les avantages très manifestes que l’on pouvait relirer au point de vue antiseptique de ce nouveau produit et ses données, d’abord timidement exprimées, furent confirmées d’une manière éclatante par toute la série de recherches entreprises sous son influence et une suite de travaux attestèrent non seulement les succès déjà signalés, mais encore d'autres applications plus ou moins utiles.

Dans son premier travail sur l'urotropine, Nicolaïer indique que l'addition de cette substance dans la proportion de 1 0/0 à divers milieux de culture (urine aseptique ou solution alcaline stérilisée de gélatine), avait pour elfet deles rendre impropres au développement des microbes de la fermentation ammoniacale dont on les ensemence. Toutefois Nicolaïer constata que cette action antifermentescible ne s'exerçait pas à la température ordinaire, mais seulement si le milieu de culture était maintenu à une température de 37 degrés. Sices mêmes milieux de culture avaient été préalablement stérilisés pendant dix minutes à la vapeur d’eau sous pression ou maintenus

quelque temps à la température de 37 degrés, ils devien-

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