ROUES
nent beaucoup moins favorables aux cultures. Le développement des microbes de la fermentation ammoniacale s’y effectue, mais il est considérablement ralenti.
Pour expliquer à la fois cette action antiseptique et ces différences dans l’action suivant la température, Nicolaïer émit une hypothèse que ses recherches ultérieures et celles de ses successeurs devaient confirmer. € Partant de cette donnée qu’en somme l’urotropine est un composé d’ammoniaque et d’aldéhyde formique, il avait eu, dès le début de ses recherches, l'intuition que les phénomènes observés ne pouvaient être dus qu'à un dégagement de vapeurs d'aldéhyde formique, dégagement qui fait défaut à la température ordinaire et ne se produit qu'à 37 degrés ou au-dessus. Or on sait de quel extraordinaire pouvoir antiseptique est douée cette aldéhyde. Sa présence, même en quantité infinitésimale (0 gr. 02 0/00 d’après Mosso et Paoletti) suffit pour empêcher absolument le développement des micro-organismes. » (Guiart).
Toujours d’après Nicolaïer, ce dégagement de l’aldéhyde formique, dans une solution ou dans l'urine urotropinisée, se produit sous l'influence des acides minéraux, des acides organiques faibles, l'acide urique, par exemple, et des sels acides, urates, phosphates monosodiques et cette production rapide à la température d’ébullition: est plus lente à 37 degrés.
Le dégagement d’aldéhyde formique se produit aussitôt que l’urotropine arrive en contact avec l'urine, c'est-àdire dans le rein, et le dégagement devient surtout important dans la vessie. IL est probable que l’aldéhyde formi-
que une fois libre se combine en partie à nouveau avec
certaines substances contenues dans l'urine et ces combinaisons plus ou moins antiseptiques fourniraient plus tard un nouveau dégagement d’aldéhyde. Ce dégagement ne se produit vraisemblablement pas avant l'arrivée de l'urotro pine dans les reins : il est impossible d’en déceler la présence dans le sang après ingestion buccale, tandis qu’on peut en déceler la présence dans le sang d'animaux auxquels on à fait une injection sous-cutanée d'urotropine.
Les recherches et les hypothèses de Nicolaïer furent confirmées par de nombreux expérimentateurs. Citons seulement les travaux de Lœæbisch (1), de Casper (2), Zanago (3), Citron (4), Cammidge (5), surtout Suter (6) qui dans un mémoire très important sur l’urotropine
admet qu'une partie du médicament est décomposée en
1. Lossisou. « Pyélite calculeuse traitée par lurotropine. » Wiener Klin. Woch., 1897.
« Influence de l’urotropine sur les putréfactions intestinales. » Wiener med. Presse, 1901.
2. Casper. « Propriétés et indications de l’urotropine. » Deutsche medicinische Wochenschrift, 1897.
« Observations cliniques et expérimentales sur l'urotropine. » Monalsberichte über die Gesammleistungen auf dem Gebiete der krankheiten der Harn und Sexualapparates, 1898.
3. Tanaco. « Traitement médicamenteux de la diathèse urique. » El siglo medico, 1897.
4. Cirrox. « L’aldéhyde formique dans l'urine après usage de l’urotropine. » Monatsberichte über die Gesammleistungen auf dem Gebiete der Krankheiten und sexualapparates, 1898.
5. Cammince. « Urotropine comme antiseptique urinaire. » British med. Journal, 1900, et The Lancet, 1907.