CHAPITRE VII
Nos résultats
En feuilletant la littérature médicale, nous avons trouvé quelques observations relatives au sujet qui nous occupe, nous ajouterons celles des malades qui font la base de notre ouvrage. Ces malades ont été soignés pour la plupart par le docteur Coronat, qui a bien voulu nous abandonner à peu près le traitement de deux d’entre eux. Nous les avons revus dernièrement, et nous nous sommes convaincus de la durée de la guérison qui peut maintenant être considérée comme définitive.
On nous objectera peut-être la longueur de notre traitement, l’assurance de notre diagnostic et la possibilité de guérison par un autre moyen thérapeutique. Que l’on me permette, avant la relation de nos observations, de répondre à ces objections.
Les scarifications, telles qu’elles ont été pratiquées, ont toujours amélioré, Deval nous le dit, il n’a jamais eu d’insuccès. Lelièvre, dans sa thèse, publie trois observations, que nous lui emprunterons, où nous verrons que les trois malades, dont il parle, furent soignés alternativement par les caustiques et par les scarifications. Les scarifications seules donnèrent des
FO résultats. Tous nos malades, avant de venir nous trouver, avaient épuisé toute la série des traitements indiqués par les classiques : aucun n'avait guéri. D'ailleurs, leurs histoires sont particuliérement édifiantes : donc premier résultat, guérison sûre.
De plus cette guérison est obtenue sans avoir jamais eu aucun des accidents dont parle Darier, jamais de cicatrices vicieuses, trichiasis, symblépharon, entropion. Au contraire les paupières traitées réacquièrent la souplesse, la surface lisse si nécessaires au bon fonctionnement de l'organe ; deuxième résultat positif.
L'on va nous objecter encore, ai-je dit, la longueur de notre traitement. Examinez tous les traitements médicaux, que j'ai énumérés, et l’on n’en trouvera pas certainement un qui guérisse plus rapidement que le nôtre, si tant est qu’il guérisse, ce qui est exceptionnel. Notre méthode a sur eux la supériorité qu’il donne des résultats toujours positifs, ce qui pour le malade, est un avantage considérable, puisqu'elle lui permet sa vie ordinaire.
Aux traitements chirurgicaux, curettage, excision, notre manuel opératoire est supérieur, en ce qu'il en nécessite pas d’anesthésie générale, et qu'il ne donne jamais d'accidents post opératoires.
D'ailleurs la longueur de notre traitement qui n’a rien d’excessive, n'est-elle pas nécessaire pour la transformation lente, mais sure du tissu pathologique en tissu plus résistant et normal, n'est-elle pas utile pour la sureté de la guérison ?
L'on pourra nous dire encore que nous faisons une erreur de diagnostic, et que le trachome que nous
Te
arr es noise avons cru guérir, était une conjonctivite granuleuse fausse. Mais qu'importe, puisque cette conjonctivite rebelle a guéri ! De plus, cette objection ne sera plus possible quand l'on apprendra que chez tous nos malades le diagnostic de trachome avait été porté par plusieurs savants oculistes. | Enfin dernière objection : nos conjonctivites granuleuses auraient pu guérir par un autre procédé thérapeutique : nous répondrons par la relation de nos observations : on y verra, en effet, qu'avant les scarifications toute une série d’autres traitements avaient été appliqués et que tous n'avaient donné que des résultats négatifs.