CURE
Deux ou trois fois par semaine, cette petite opération est répétée ; les malades d’ailleurs s’y soumettent avec beaucoup de complaisance, persuadés qu'il n’éprouveront que peu de douleur, et un très grand soulagement.
LSRa
Dans l'intervalle des séances de scarification, nous leur faisons laver l'œil avecune solution de sublimé à un pour 5000 ; et dans quelques cas, s’il y a un peu d'inflammation nous badigeonnons avec le nitrate d'argent À la fin du traitement, nous leur faisons faire des lavages au tannin, à l’eau boriquée, mais à ce moment, il ne reste aucune trace de granulations. Il faut ordinairement un ou deux mois pour arriver à ce résultat.
Cette méthode ne nous a jamais donné de phénomènes réactionnels intenses, quelquefois un peu de rougeur, d'injection qui durent tout au plus deux ou trois heures. Par contre, elle nous a foujours donné une amélioration très sensible dès le début. Le larmoiement, la photophobie diminuent pour ne pas dire cessent après trois ou quatre séances. Nous verrons dans nos observations des malades traités depuis de longues années par toutes les méthodes classiques, implorant les soins de tous les oculistes, souffrant, larmoyant toujours, incapables du moindre effort, reprendre leur travail de suite après le début du traitement et cela sans gêne. D'ailleurs nous noterons ces différentes phases dans l’histoire de nos malades.
Il va sans dire, ce que j'ai fait présumer au chapitre précédent, que ci le cul-de-sac conjonctival est parsemé de granulations, nous l’excisons, mais contrairement à Galezowski, nous pratiquons cette excision en deux ou trois séances ; et de cette facon nous n'avons pas de phénomènes de réaction. Cette opération a été pratiquée chez une de nos malades.
Enquoi consiste donc la supériorité denotre méthode? Quels sont ses avantages ?
LRO
Notre méthode va droit au but cherché : nos scarifications, nos frictions expriment du tissu les cellules mononucléés néoplasiques ; ces incisions sur les granulations et sur les granulations seules nous permettent d'arriver à ce résultat sans toucher au tissusain sous-jacent. Nous antiseptisonsle région infectée : la poudre, la solution dont nous faisons usage, nous permettent de porter le principe antiseptique jusque sur la région malade. L’hémorrhagie provoquée décongestionne la muqueuse, autre résultat important qui n’est pas obtenu par les cautérisations. Enfin, et supériorité incontestable sur toutes les méthodes chirurgicales, par la régularité absolue des séances, leur ténacité, par la lenteur du processus qui amène la guérison, nous obtenons un tissu cicatriciel irréprochable ; non seulement il n’est pas rétractible, mais encore il est souple, et tout germe pathogène a disparu. Ce beau résultat est obtenu sans avoir de phénomènes réactionnels appréciables.
Au point de vue du malade lui même, notre méthode a encore des avantages réels : Elle ne nécessite que l’anesthésie locale, et elle est à la portée de tout praticien. Elle évite donc aux granuleux, soit l’hospitalisation avec tous ses inconvénients, soit un séjour dans une ville. De plus les malades en retirent un bénéfice immédiat si certain, qu'ils viennent eux-mêmes demander qu'on leur fasse des scarifications pour pouvoir continuer à vaquer à leurs travaux qu’ils reprennent de suite après l'opération ; témoin ce granuleux dont parle Deval, qui tailleur de son état, venaittousles ma. tins sonner à la porte du médecin pour se faire scarifier
SF 60 les paupières, ce qui lui permettait de travailler la journée.
Mais ilest temps de passer aux faits, beaucoup plus éloquents que nos paroles. Nous allons donc résumer nos observations, et il nous sera permis d'y ajouter quelques dernières considérations.