‹ Contribution à l'étude du traitement de la coqueluche en généralChapitre 10 sur 46 · TT · texte numérisé non relu

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notre point de vue, quel avait été l'effet du traitement institué.

Les cas les plus récents, de 1889 à juillet 1892, ont été observés dans le service et sous la direction de M. le professeur agrégé Perret, qui a bien voulu les revoir.et faire inscrire jour par jour le nombre des quintes que subissaient les malades, et, en regard, le traitement institué, dont l’effet pouvait, par ce moyen, ressortir tres clairement.

Notre statistique porte sur 240 cas. Le nombre des malades de la Clinique pendant cette période de près de vingt années a été certainement plus considérable; mais il nous à été impossible de choisir plus d’observations, soit à cause du manque de renseignements où les autres nous laissaient au point de vue du traitement suivi, soit à cause du temps trop court pendant lequel les malades avaient pu être observés, et qui n’avait pas permis de tirer des conclusions assez fermes pour l’effet de la médication.

Tous nos cas sont, de la sorte, étudiés avec assez de soin et pendant assez de temps pour nous permettre d’affirmer et de soutenir nos résultats.

Nous analyserons en détail et en suivant l’ordre de leur classification, les médications expérimentées, en faisant suivre l’exposé de nos résultats de ceux qu’ont obtenus, avec le même agent, les expérimentateurs les plus récents, français et étrangers.

Nous avons réparti les agents médicamenteux employés dans nos observations en trois classes, d’après le but recherché dans leur application, et l'élément morbide qu’on se proposait de combattre.

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Mos e= PREMIÈRE CATÉGORIE. — Médicaments dirigés contre l'élément catarrhal et inflammatoire ;

DEUXIÈME CATÉGORIE. — Médicaments dirigés contre l'élément nerveux et convulsif ;

TROISIÈME caTÉGorIE. — Médicaments antiseptiques, contre l’élèment microbien et infectieux ;

Puis, nous réservons une place à part aux insufflations nasales de poudres inertes ou antiseptiques, à cause de l’importance qu'y ont attachée de nombreux auteurs: Michaël, de Genser, Baginsky, Guerder.

QUATRIÈME CATÉGORIE. — Jnsufflations nasales ;

Enfin, dans deux derniers titres, nous classerons les médicaments empiriques consacrés par l'usage et par la pratique, et les moyens qui, sans être de vrais médicaments, et surtout, sans pouvoir constituer une médication véritable, nous ont paru avoir, sur la maladie qui nous occupe, une réelle influence.

CINQUIÈME CATÉGORIE. — Médicaments empiriques;

SIXIÈME CATÉGORIE. — Moyens divers.

Première Catégorie. — Médicaments dirigés contre l'élément catarrhal et inflammatorre.

Ipécacuanha. — L’ipécacuanha a été employé dans les cas assez rares où l’enfant était entrée dans le service au cours de la période catarrhale de sa coqueluche, avant

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l'installation franche des quintes avec reprise; ou encore dans les cas de coqueluche intérieurs contractés dans le service même par contagion et ici aussi à la période catarrhale.

Quelquefois cependant, il a été administré à la période spasmodique quand il y avait prédominance de bronchite, avec nombreux râles humides. L'action de ce médicament est double : il facilite l’expectoration et exprim: et anémie le poumon (Pécolier). La forme employée est le mélange de sirop et de poudre que les enfants prennent facilement et qui produit son effet sans aucun inconvénient. Nous en avons trouvé l'emploi noté dans six cas sur lesquels un seul n’a pas paru amélioré. Dans un cas, la diarrhée a remplacé le vomissement.

Tous les auteurs sont d'accord sur l’emploi de l’ipécacuanha à cette période et tous en constatent les bons effets. Nous ne trouvons pas qu’on l’ait donné à la Clinique pendant la période des quintes, pas plus d’ailleurs qu'au cun autre vomitif (obs. IIT, V, XVII).

Oxymel scullilique. — L’oxymel scillitique, conseillé par Netter (de Nancy), entre les mains duquel il a donné d'excellents résultats, est bien supporté par les enfants. Il a été employé seulement dans trois de nos cas, en pleine période spasmodique; on l’administrait selon la méthode de Netter, par cuillerée à café (jusqu’à trois ou cinq) toutes les dix minutes, après le repas, à cinq heures de l’après-midi. Sur ces trois cas, il est resté deux fois sans effets (obs. XX VIII) et une seule fois a diminué un peu le nombre des quintes.

Widowitz (Vienne, 1888) s’en était fort bien trouvé et pensait qu’en favorisant la sécrétion de la muqueuse respi-

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ratoire l’oxymel scillitique hâterait l’expulsion du champignon parasite qui la recouvre et dont la présence est le point de départ des quintes. D’ailleurs, il reconnaît,

comme Netter, que la durée de la maladie n’en est pas diminuée.

Deuxième catégorie. — Médicaments antispasmodiques.

Belladone. — La belladone, préconisée par Scheffer

au commencement du siècle, a toujours joui d’une réputation méritée.

Nous en avons pour témoignage les nombreux cas où elle a été utile aux malades du Service. Elle a été employée le plus tôt possible, à la période des quintes, et prolongée souvent assez longtemps. C’est surtout sous forme de sirop qu’elle à été administrée aux enfants à des doses variant, d’après l’âge, de 10 à 30 grammes : sur cent vingt-neuf cas, elle a donné seize succès manifestes, avec diminution de la durée de la maladie qui n’a été que de six semaines (dans deux cas, cinq semaines), à compter de l'apparition des quintes caractéristiques jusqu’à la disparition de la toux. Dans soixante-douze cas les quintes ont été beaucoup diminuées de nombre et d'intensité et les vomissements alimentaires ont cessé. |

Par contre, il y a quarante et un cas qui n’en ont point retiré d'amélioration, ni au point de vue des quintes, ni de celui de la durée. Cepeudant, même dans ces cas moins favorables, l’état général était bon, sauf pour dix cas où les malades ont été emportés par des complications

Hope (broncho-pneumonie, convulsions, tuberculose) (obs. IT, IV: VIII XLR XV)

Les enfants supportent assez bien la belladone, même à des doses relativement élevées, car, remarque importante à noter, sur nos cent vingt-neuf cas, douze fois seulemerit on eut à observer quelques légers phénomènes d’intoxication : dilatation pupillaire, hébétude, rougeur scarlatiniforme, sécheresse et constriction de la gorge, angoisse, mais jamais le délire qu’on voit facilement chez les adultes.

Ces accidents n’étaient nullement en rapport avec les doses; ils relevaient certainement de l’intolérance du sujet et apparaissaient subitement dès la première administration.

Dans un cas, chez une petite fille de trois ans et demi, Vingestion de 2 grammes de sirop (le quart de sa dose de vingt-quatre heures) suffit à provoquer de l’ardeur au gosier et de l’érythème scarlatiniforme de la face (obs. XIV). C’est d’ailleurs la rougeur scarlatiniforme qui s’observe le plus souvent : elle ne dure presque jamais plus de deux heures, disparaît seule et ne se reproduit plus, quand, les jours suivants, on fractionne davantage la dose pro die du médicament. La dilatation pupillaire peut aussi devenir permanente, elle est de peu d'importance. Dans aucun de nos cas, ces symptômes d'intoxication légère n’ont nécessité d'intervention active.

D'ailleurs, neuf fois les quintes étaient en même temps diminuées : nous ne voyons que trois cas où ces phénomènes d’intolérance n'ont pas été accompagnés d’effet utile.

Nous croyons devoir insister sur ce fait particulier, car

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