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avec réussite du vaccin, au début ou dans la première quinzaine d'évolution de leur stade convulsif. * Six fois les quintes furent réduites comme nombre et l'heureuse influence de la vaccine était seule en cause, car on ne donnait à ce moment aucun médicament (obs. X). Dans deux cas, elle ne montra aucun effet utile, mais n’amena pas d’aggravation. Enfin, dans un cas, l'opération pratiquée à un moment où le nombre des quintes était déjà en décroissance par le temps, leur disparition fut accélérée. Pas d'influence sur la durée. Quoi qu’il en soit du mécanisme de son action que nous n’avons pas à étudier ici, on peut en conclure, d’accord avec H. Roger, que sans pouvoir conseiller la vaccine, comme traitement des quintes, on peut parfaitement, surtout sous menace d’épidémie de variole, vacciner les enfants, même à la période la plus pénible de la coqueluche : ils ne peuvent en retirer que des avantages. Jamais la coqueluche ne peut constituer une contre-indication à la vaccine. Il est même inutile d'attendre que les quintes aient un peu diminué, sous le prétexte de ne pas fatiguer outre mesure les petits malades. Inversement, la coqueluche n’empêche nullement la réussite de lPopération dont il s’agit, car sur nos neuf cas, nous voyons partout notée l’apparition des pustules du cinquième au huitième jour. Mais nous ne pouvons concevoir qu’on ait émis l’idée de réserver la vaccine pour le traitement éventuel d’une coqueluche à venir, et que, partant de là, on ait refusé de vacciner les enfants avant qu'ils l’aient eue. H. Roger s'élève d’ailleurs, de toute son autorité, contre une telle manière de faire.
Il nous reste encore à parler d’un moyen préconisé
M pour arrêter la quinte elle-même dans son évolution propre, et pour l'empêcher de se produire, ou sinon pour abréger sa durée. Nous voulons parler des diverses manœuvres qui amènent le soulèvement de l'os hyoïde et du larynx. 0
Un médecin suisse, le D' Naegeli, fit connaître (1889) un moyen d’arrêter les quintes de toux par la projection du menton en bas et en avant. Le médecin peut se placer en avant ou en arrière du malade; il saisit des deux mains le maxillaire inférieur et lui imprime le mouvement indiqué, en commandant au malade de faire un grand effort d'inspiration.
La plupart du temps, la quinte ne se produit pas, pourvu que cette manœuvre soit faite avant le moment où l'inspiration serait devenue absolument impossible, c’est-à-dire avant cette période d’apnée et de complet silence respiratoire dont nous avons parlé au commencement de notre travail. Naegeli pense qu’il agit de cette façon par l'élévation du larynx et de l'os hyoïde, qui produit en même temps l'ouverture de la glotte, l'entrée plus facile de Pair dans la trachée et la résolution du spasme réflexe.
Quant à nous, persuadé du peu d’effet des médications que nous avons passées en revue, sur la durée de la maladie, que nous avons trouvée bien rarement diminuée, convaincu par là de la nécessité où l’on est de s’attacher surtout à combattre les quintes, d'abord pour en restreindre le nombre, puis pour en modérer la violence afin de s’opposer autant que possible à la production des complications que nous estimons être amenées, surtout par les quintes en elles-mêmes, nous devons examiner
A Ent au point de vue pratique ce moyen spécial de traitement.
Nous l’avons vu souvent employer sous nos yeux par les personnes du service, nous l'avons employé nousmêmes, et nous avons, en effet, fréquemment fait avorter la quinte en évolution. La manière de faire, employée à la clinique est celle-ci: on applique les mains de chaque côté du cou du malade, les index sur les oreilles, les autres doigts sur la nuque, et avec l’extrémité des pouces, on cherche à passer au-dessous des deux grandes cornes de l’os hyoïde qu’on soulève. La base de la langue est projetée en haut, le larynx tiré dans la même direction, et l’on conçoit que la glotte puisse être de cette facon moins hermétiquement fermée et permette le passage de l'air pour l'inspiration.
Cest donc un moyen d'atteindre au moins un des éléments constitutifs de la quinte, d'après l’analyse que nous en avons faite plus haut.
Dans notre collection d'observations, nous avons trouvé neuf fois la mention de l’application de ce procédé suivie du résultat obtenu. Toutes les fois la réussite fut immédiate, et on le pratiquait d’une manière si courante qu’on négligeait la plupart du temps d'en faire une mention spéciale sur l’observation clinique, |
Cependant cette manœuvre est assez délicate, et réclame l'emploi d’une main légère et prudente. Tout le monde ne peut pas l’employer, car il en résulterait pour l'enfant plus de mal que de bien. Quelqu'un qui cherche rait sans précaution à soulever l'os hyoïde d’une facon brutale et avec force provoquerait sûrement de la suffocation et des phénomènes de cyanose et d’asphyxie. C’est ce qui restreint beaucoup l'emploi de cette méthode, le
hou médecin ne pouvant certainement pas l’appliquer lui-même. On pourrait cependant montrer à l’exécuter fructueusement, au moins aux mères des petits malades, qui auraient le plaisir de voir qu’elles leur apportent ainsi un reel soulagement.
Résumé. — Pour donner, en terminant, un aperçu général de la manière dont on a traité les petits coquelucheux de la Clinique, on peut dire que la direction du traitement a été la suivante :
I. À la période catarrhale, légers vomitifs, sirop d’ipéca, jamais de purgatifs, ni de révulsifs.
IT. A la période quinteuse, traitement hygiénique de la quinte pour prévenir, autant que possible, les accidents qu’elle peut causer. Comme médication active, à diriger contre le nombre et l'intensité des quintes, puisque, comme nous l’avons vu, ilest difficile d'espérer obtenir le raccourcissement et encore moins l’avortement de la maladie, on s’est bien trouvé de la belladone, de l’antipyrine, de la phénacétine, du bromoforme, de la teinture de Droséra, du chloral et du bromure de potassium.
III. A la période terminale on a souvent permis la sortie des malades avant la complète disparition des quintes, comptant sur les bons effets du changement de séjour.