‹ Contribution à l'étude du traitement de la coqueluche en généralChapitre 16 sur 46 · GA MEL · texte numérisé non relu

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quatre mois. Sur 8 cas où l'effet fut nul, 2? eurent une terminaison fatale, le troisième guérit en trois mois et demi.

Enfin, dans le dernier, le remède fut mal supporté et les quintes augmentées d’une manière évidente par les insufflations qui les provoquaient. En somme, sur 7 Cas, nous avons 3 bons cffets sur les quintes, 3 effets nuls et 1 mauvais. Sur la durée, 2 réussites et 5 insuccès.

La poudre de sous-nitrate de bismuth, employée de la même manière donne : sur 4 Cas, 3 bons effets, 1 nul. Dans un cas, mélangée à partie égale de sulfate de quinine, la toux en fut augmentée. Le sulfate de quinine, employé seul, donna peu d’effet, 2 cas sans amélioration. L’alun, allié au sulfate de quinine, donne également, dans 2? cas, 2 insuccés.

Le soufre, également employé en poudre dans 2 Cas, donna une seule fois un peu d'amélioration. I] serait intéressant de pouvoir contrôler le résultat obtenu par Mohn, en 1888, avec les fumigations de vapeurs de soufre dont il obtint, en 5 cas, 5 guérisons qu'il qualifie d’instantanées.

La poudre de résine de benjoin n’a pas paru mériter une expérimentation bien longue; sur un total de 3 Cas, elle fut sans effet dans 2 qui guérissent en trois mois et demi (obs. XIV, XXII), et sur le troisième, elle eut l'effet inverse d'augmenter les quintes, qui finirent cependant par céder au médicament continué pendant un mois et

demi. Baginsky avait relevé cette excitation primitive et conseillait de ne pas s’en laisser influencer. Nous sommes loin d’avoir le même nombre de succès que lui.

En effet, malgré la différence qu’il y a entre les diverses

De

poudres employées dans nos insufflations, nous croyons pouvoir les grouper ensemble pour totaliser leurs effets et nous trouvons : sur 21 cas, 8 effets utiles seulement, 8 effets nuls et 5 paraissant nuisibles. Il y a, comme on le voit, une certaine distance entre les succès obtenus ici et ceux que Michaël chiffre par 74 pour 100.

Cinquième catégorie. — Médicaments empiriques.

L’emploi des médicaments que nous venons de passer en revue étant basé sur l’analogie de leurs propriétés en général, avec le but que l’on se propose d'atteindre soit dans l’élément catarrhal ou convulsif, soit dans l’élément infectieux, les fait appeler médicaments rationnels. Ceux que nous avons réunis dans la quatrième partie sont nommés, par tous les auteurs, empiriques, parce que leur action n’est pas bien expliquée, et parce que leurs effets en général ne semblaient rien avoir qui pût les faire choisir pour les opposer à la coqueluche.

La teinturede Drosera, fournie par le Drosera rotundi folia (L.), appelé vulgairement Rossols, étudiée par P. Vigier au point de vue pharmaceutique, a joui, depuis 1878, d’une vogue dont l’origine est difficile à trouver. Louvet- Lamarre (de Saint Germain) a cru y trouver un calmant de Pélément convulsif ; il lui attribue, d’après ses observations, le pouvoir de diminuer la violence des quintes et d’abréger de moitié la durée de la maladie. (Communic. Société de thérapeutique, 1878).

Henri Roger dit lavoir expérimentée sans parti pris, en 1878 et 1879; l’ayant donnée dans 10 cas, à la dose

progressive de 1 à 8 grammes par jour, il n’en retira aucun avantage.

M. Jules Simon l’ayant administrée jusqu’à 10 grammes par jour la déclare absolument inerte. Certains auteurs lui ont pourtant reconnu une vertu eupeptique et le pouvoir d'arrêter les vomissements. M. Sevestre ne la méprise pas.

Nous la trouvons mentionnée dans notre statistique, et l’impartialité nous oblige à enregistrer les résultats qu’elle a donnés même récemment (obs. X, XI, XXII).

Elle a servi dans vingt-troïs cas ; on peut remarquer qu’elle était administrée de préférence dans des cas assez intenses, avec quintes fortes et nombreuses.

Dans huit cas seulement elle reste sans effet, dans trois cas le succès fut incontestable : une fois les quintes tombent de onze à trois par jour, une autre fois la maladie est réduite à une durée de trente-cinq jours ; la troisième, des vomissements qui compromettaient l’état général de la malade disparurent dès les premières doses.

Dans dix cas, le nombre des quintes fut notablement diminué et leur intensité atténuée. Dans l’un d’eux, où après avoir vu décroître les quintes, sous l’influence de la teinture de Drosera donnée neuf jours de suite, à la dose quotidienne de XL gouttes à une fillette de deux ans, on la supprima pour faire la contre -épreuve; les quintes reparurent plus nombreuses qu'auparavant. Enfin deux cas ne donnèrent à constater qu'une légère diminution.

Nous avons dit que les formes de coqueluche dans lesquelles on donna la teinture de Drosera se montraient graves avant la prescription de ce remède. Nous ne sommes pas surpris de voir que, dans cinq cas, la maladie aboutit

2 One à la mort par broncho-pneumonie. Dans trois de ces cas la rougeole avait compliqué la coqueluche.

Dans les autres cas terminés favorablement, la durée fut moyenne, c’est-à-dire de trois mois à trois mois et demi, sauf le cas de trente -cinq jours relaté plus haut,.et trois cas de deux mois.

Les doses assez irrégulières étaient de X à L gouttes progressivement, pour une enfant de cinq ans, âge maximum, dans cescas, et X à XXV gouttes en moyenne à trois ans (âge minimum).

Presque toujours le médicament fut continué au moins huit jours, soit pendant une seule période, soit pendant plusieurs successives, mais séparées par des temps de repos.

Ainsi, les quinze succès obtenus sur vingt-trois cas (soit 65 0/0), nous permettent de dire que l’on aurait tort de se priver des bons effets que peut donner au besoin la tein ture de Drosera, surtout quand on a épuisé les effets d’un autre médicament, ou quand on est embarrassé pour en changer. Nous ne pensons pas toutefois qu’on puisse en faire l'agent exclusif d’une médication systématique : beaucoup d’autres moyens auraient pour cela plus d'avantages. Mais elle est bien supportée par les enfants, d’un maniement très facile, et quelle que fût la dose prescrite n’a jamais donné lieu à aucun accident.

Ammoniaque. — L’ammoniaque conseillée comme stimulant dans les formes hyposthéniques par un ancien médecin de l’Antiquaille de Lyon, le D' Levrat-Perroton, et administrée par lui à la dosede VIà VIII gouttes dans une potion à prendre par cuillerées toutes les heures, a donné certains résultats. H. Roger constate son innocuité, sinon

son utilité ; mais il ne recommande pas l’usage de l’'ammoniaque en inhalations non plus qu’en badigeonnages qu’avait essayé Gübler.

L’ammoniaque a servi dans un certain nombre de nos cas, toujours à l’intérieur et en potion. Le chlorhydrate d’ammoniaque a donné lieu deux fois à l'amélioration et à la raréfaction des quintes, une fois il fut sans aucun effet. Le carbonate d'ammoniaque, donnéassocié à l’ipéca, resta deux fois sans efficacité (obs. V) et fut utile une

fois.

Sixième catégorie. — Médications diverses.

Nous avons réuni dans cette dernière partie certains agents thérapeutiques qui, sans pouvoir entrer dans une des classes précédemment établies, ont eu un certain effet sur la coqueluche, dans le cours de laquelle on les avait employés sous des indications spéciales.

Ainsi, l’oxalate de cerium, vanté par les médecins anglais et administré d’ailleurs dans d’autres affections que la coqueluche pour combattre les vomissements, dans quelques dyspepsies, dans la grossesse et dans certaines formes de tuberculose pulmonaire, paraît avoir une action sédative sur l’excitation nerveuse réflexe.

Malheureusement, cette heureuse influence ne s’est pas manifestée dans les trois cas où nous le trouvons expérimenté dans notre statistique. Une seule fois, en effet, l’oxalate de cerium arrêta les vomissements (obs. XII).

L'iodure de fer a été très utile pour soutenir l’état

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général des malades, ou pour le relever dans les cas trop fréquents où les enfants qui entraient à la Clinique présentaient avec la coqueluche un état de véritable misère physiologique. Dans quatre cas nous le trouvons spécialement mentionné. Il produisit une amélioration rapide dans trois cas, et fut une seule fois impuissant à combattre un mal trop avancé.

Nous trouvons aussi l’iodure de potassium avec deux insuccès et une amélioration à son actif (obs. IT).

A plusieurs reprises, on a soumis les malades à l’inhalation desvapeurs produites par la combustion de #rochisques (Vichot). Ces fumigations ont quelquefois calmé un peu la toux quinteuse. Elles semblaient supportées assez facilement. Nous les trouvons d’ailleurs enregistrées six fois, avec la mention de leurs effets. Dans un seul cas les quintes augmentèrent, il y eut insuccès absolu. Dans deux cas, l'effet constaté fut nul ; enfin dans les trois autres, les quintes dimivuèrent véritablement en nombre et en intensité, mais jamais la durée de la maladie n’en fut abrévée : l'amélioration était tout à fait relative, et réclamait pour se maintenir la continuation des séances. On faisait par jour une ou deux séances de deux heures, dans un local approprié à cet usage.

Vaccine. — Plusieurs des malades du service ayant été vaccinées pendant le cours de leur coqueluche, nous avons pensé qu’il serait peut-être intéressant de rechercher quelle influence l’action du virus vaccin en général pou vait avoir eue sur la coqueluche. En compulsant les nombreuses observations qui nous ont servi à établir les bases de notre statistique, nous avions pu voir que, dus neuf cas, des enfants atteints de coqueluche furent vaccinées,

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