‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Coqueluche par les Bains d'Air CompriméChapitre 20 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etude des résultats fournis par la méthode Sécurité de cette méthode

. Quelques statistiques étrangères

Parmi les nombreuses observations qui ont été prises à l'Hôpital des Enfants, il nous a paru nécessaire de ne faire entrer que les cas probants.

On pourrait, en effet, nous objecter, que rien ne prouve que la guérison de la coqueluche ou que la diminution des quintes soient dues à l’air comprimé, qu'il y a eu une simple ccincidence heureuse et qu’on est arrivé au bon moment, de la décroissance de la coqueluche.

Cette objection aurait sa valeur si les cas traités étaient peu nembreux et si l’on n'avait pas soumis à Pair ecomprimé des ccqueluches récentes. Elle tombe d’ailleurs devant ce fait que nous frouvons dans quelques observations (Obs. V, XV), c’est que dans tous les cas où, soit volontairement, soit pour toul autre raison, les bains d'air comprimé furent cessés dans le cours du traitement, le nombre des quintes

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se mit immédiatement à remonter, pour diminuer de nouveau par le traitement.

Nous avons donc éliminé tous les cas dans lesquels la coqueluche était déjà ancienne, c’est-à-dire capable d’une guérison rapide, imputable à l’évolution même de Ia maladie. Nous avons choisi les coqueluches récentes, datant d’une quinzaine de jours, avec quintes caractéristiques survenues depuis huit ou dix jours seulement, C’est donc de la lecture de ces dernières observations que nous puiserons les résultats fournis par le traitement.

Action sur les quintes. — On admet ordinairement que le nombre des quintes augmente vers la. quatrième ou la cinquième semaine, qu'il reste stationnaire et diminue ensuite, mais qu'il peut varier, suivant bien des circonstances. Les coqueluches que nous avons vu soigner par l'air comprimé étaient toutes assez intenses, soit par la qualité, soit par la quantité des quintes. La moyenne des quintes était de 15 à 25 par 24 heures.

Les observations de M. Pravaz, de M. Franchet montrent que l’air comprimé a une action efficace sur le nombre et la’ disparition des quintes; ils notent, en effet, que, dès les premiers jours du traitement, les quintes diminuèrent.

Dans les observations que nous avons reproduites, nous trouvons les résultats suivants:

Observation I. — Nombre de quintes avant le traitement: 8; réduites à 3, après le premier bain.

Observation XII — Nombre de quintes avant le traitement: 25; réduites à 15 au quatrième bain.

Observation XV. — Nombre de quintes avant Ie traitement:

18; réduites à 4 au cinquième bain.

Les quintes diminuent, non seulement comme fréquence, mais aussi-comme intensité et comme durée. Les mères qui accompagnent leurs enfants dans la cloche, déclarent que la quinte est moins pénible et moins longue. Nous avons plusieurs fois observé que des quintes durant plusieurs minutes

et dans lesquelles on comptait de dix à vingt reprises, étaient, en quelques jours, réduites à une durée deux ou trois fois moindre; le nombre des reprises diminuant dans les mêmes proportions. Il faut aussi noter que la quinte est très rare dans le bain; exceptionnelle pendant la période de compression, ne survenant qu'à la fin de la décompression.

Il résulte de ceci: diminution de la congestion de la face, des courbatures et de la fatigue qui succèdent aux quintes prolongées.

La durée totale de la coqueluche se trouve ainsi assez rapidement abrégée, De la constatation de ce résultat, deux causes d'erreur sont à éviter: ou bien, il peut s'agir de coqueluches vieilles, ou bien de formes très légères, presque abortives. Nous avons indiqué précédemment, que nous nous étions mis à l’abri de la première erreur et nous avons évité également la seconde, en ne citant dans les observations que des coqueluches sévères, avec 12 à 15 quintes au minimum par jour. Cette durée de l'affection, chez les malades traités par l’air comprimé est évidemment variable, mais elle est bien moindre que chez les autres. Elle dépend de plusieurs facteurs, dont les deux principaux sont: l'intensité de la maladie et l'époque à laquelle est appliqué le traitement. Nous avons noté, en effet, et cette constatalion nous paraît avoir une grande valeur, que le traitement devait durer d'autant moins qu'il était appliqué plus tôt.

Observation X. — Guérison après le treizième bain. Observation XIII — Guérison après le douzième bain. Observation XVII — (Guérison après le neuvième bain.

Vingt bains constituent ordinairement la moyenne et l’on est rarement obligé de les dépasser quand on intervient au début.

La durée moyenne d’une coqueluche étant de six semaines environ, on voit donc que la durée de la maladie est abrégée.

Action sur les vomissements, la cyanose de la face et les con- ‘ . . .

vulsions. —, Les vomissements rentrent pour ainsi dire dans

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les phénomènes inhérents à la coqueluche; et l’on peut dire qu'ils constituent le caractère terminal de chaque grande quinte. Par sa répétition fréquente, le vomissement peut devenir grave en mettant les enfants dans un véritable état d'inanition, Il faut donc s’en préoccuper et ne pas négliger son traitement. Nous avons remarqué que les vomissements cèdent assez rapidement à l’action de l'air comprimé (Observations XII, XVIII, XXI) Il est facile de comprendre que les vomissements cessent de bonne heure, puisque le traitement diminuant. le nombre et la durée des quintes réduit au minimum l’action provocatrice des vomissements.

Dans toute coqueluche intense et pendant de violents accès, on peut voir survenir de la bouffissure de la face avec cyanose el des convulsions, et ceci ne doit pas nous surprendre, ainsi que le fait remarquer M. Brochin, dans son article Coqueluche du Dictionnaire encyclopédique des Sciences Médicales: «laccès de toux n'étant, en définitive, qu'une convulsion rien ne doit moins étonner que de voir ce spasme glottique et cet état semi-convulsif de tout le système musculaire de la respiration, retentir sur le système nerveux tout entier, notamment sur le système nerveux spinal, et provoquer des mouvements convulsifs des membres. Heureux, ajoute-t-il, lorsque la mort épargne les petits malades, s'ils ne conservent pas de ces attaques, des traces indélébiles, des déviations ou des déformations consécutives irrémédiables. Quelquefois, la mort peut survenir au premier accès, amenée par l’occlusion spasmodique de la glotte dont la durée dépasse les limites compatibles avec l'existence. D’autres fois, elle ne suryieut qu'après un assez grand nombre d'accès répétés, et a lieu dans ce cas-là, comme par une sorte d’épuisement nerveux et de marasme. Il n’est donc pas négligeable de rapporter ce qu'a pu faire l'air comprimé dans les quelques cas de coqueluche avec cyanose et convulsion, que nous avons observés. (Observations I, VII, X, XX, XXI)

Le catarrhe bronchique qui accompagne presque toujours la coqueluche est heureusement modifié par lair comprimé.

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