CHAPITRE PREMIER
Historique
La cloche à plongeur représente la première application de l’air comprimé aux besoins de l’homme; cette cloche était connue des anciens, si l’on en croit le passage suivant d’Aristote dans ses Problèmes: «On procure au plongeur, dit-il, la faculté de respirer en faisant descendre dans l’eau une chaudière ou une cüve d’airain qui ne se remplit pas d’eau st on la forçe à s’enfoncer perpendiculairement. »
Même à cette époque, on aurait perfectionné cette cloche à plongeur en renouvelant l'air à l’aide d’un tuyau qu’Aristote compare à la trompe de l’éléphant. Si lon en croit même Roger Bacon, les anciens auraient connu le scaphandre, puisqué, d’après cet illustre physicien, Alexandre le Grand se servit de «machines à air avec lesquelles on marchait sous l'eau ‘sans péril de son corps, ce qui permit à ce prince d’observer des secrêts de la mer. »
Cependant, la découverte de cette cloche à plongeur en a ‘été rapportée à Sturmius, professeur de physique, en Allemagne, àu XVIe sièche. Dans le modèle qu’il construisit, le renouvellement de l'air n'avait pas lieu, aussi les hommes les plus robustes, he pouvaientils y prolonger leur séjour au ‘delà d’une heure. "AN
1e fe
En 1786, Smeaton se servit pour la première fois d'une pompe foulante dans le but de faire parvenir dans la cloche à plongeur l’air nécessaire à la respiration.
En 1820. Hamel fit une descente dans une cloche à plongeur afin d'analyser ses sensations; il nota les phénomènes se passant du côté du tympan et de la trompe d'Eustache en disant que «la cloche des plongeurs pourrait servir de remède dans le cas de surdité provenant de la trompe d’Eustache». Il vit de plus que le jeu de la respiration se faisait très facilement.
En 1826, Colladon remarqua l'accroissement de l'appétit chez les ouvriers et la guérison, par l’usage de la cloche, d’un plongeur dont la respiration était difficile.
Jusqu’alors on n'avait fait qu’entrevoir la possibilité d’une application de l'air comprimé; son emploi thérapeutique restait donc à découvrir.
C’est à trois médecins français, Junodg, de Paris, Tabarié, de Montpellier, et Pravaz, de Lyon, que revient l'honneur d’avoir introduit dans la thérapeutique un agent dont la puissance est chaque jour constatée par ceux qui l’emploient et dont l’usage est devenu de plus en plus fréquent.
L'idée d'employer le séjour dans l’air comprimé comme agent thérapeutique date de 1834; elle appartient à Junod, qui a, le premier, proposé dans un mémoire, présenté à l'Académie des Sciences, d'employer comme mode de traitement des divers états pathologiques les effets de la condensation et de la raréfaction de l'air sur toute l'habitude du corps. En 1835 il fit connaître son premier appareil imaginé pour le traitement des malades. II fit voir que dans l'air comprimé le jeu de la respiration est facilité, que la capacité vitale du poumon augmente, que les inspirations deviennent plus profondes et moins fréquentes. Mais dans l'appareil qu'il imagina, les compressions et les décompressions avaient lieu avec brusquerie. Aussi sa méthode fut-elle jugée sévèrement par l’Académie des Sciences, à la suite d’un rapport fait par Magendie.
La conclusion de ce rapport signifiait que «les appareils
At de
à compression et à raréfaction ne paraissaient susceptibles d'aucune application médicale, mais que, placés dans un cabinet de physique, ils pourraient fournir l’occasion d’expériences curieuses et d'observations utiles ».
En 1836, Pravaz et Tabarié communiquèrent à l'Académie des Sciences les résultats des recherches qu'ils avaient faites en même temps sur les effets du séjour dans l'air comprimé, le premier à Lyon, le second à Montpellier.
Bientôt, en 1840, Tabarié fonda le premier établissement aérothérapique à Montpellier. C’est à lui et à Pravaz {de Lyon), qu'on doit, en 1852, la solution de la question au point de vue pratique. Ces médecins insistent en effet, sur la nécessité de comprimer et de décomprimer l’atmosphère des chambres pneumatiques d’une manière lente et ils fournissent les moyens d'arriver à ce résultat. Ils indiquent les pressions les plus favorables pour obtenir tels ou tels phénomènes physiologiques, et, partant de là, pour les utiliser dans le traitement de certaines maladies. Ils notèrent l'influence de l'air comprimé, sur l’ampleur et la fréquence des inspirations, sur la durée de l’expiration et enfin, ils signalèrent l’accroissement de l’appétit, l'augmentation des forces et l’exagération de certaines sécrétions.
Bien que Tabarié et Pravaz eussent multiplié Teurs expériences et démontré, par des faits précis, de 1841 à 1844, la valeur du bain d'air comprimé, dans certaines maladies des voies respiratoires, notamment, leur œuvre ne fut jugée favorablement par l’Institut qu'en 1852 qui accorda à chacun des inventeurs un prix de 2.000 francs.
Dès lors, cette thérapeutique était fondée. Malgré l'origine française de cette méthode, elle ne se répandit chez nous qu'avec peine, tandis qu'à l'étranger, de nombreux établissements d'air comprimé furent installés: en Autriche, en Suède, en Ecosse, en Italie, en Danemark, en Russie, en Allemagne...
Aujourd'hui, les appareils destinés au traitement par l'air comprimé sont assez nombreux: On en trouve: En Allemagne:
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à Hanôvre, à Stuttgard, à Wiesbaden, à Johannisberg, à Reichenhall, à Ems. s :
En Danemark: à Altona; en Suède: à Stockholm; en Ecosse: à Benrhydding; en Angleterre: à Londres; en Italie: à Milan.
En France: à Paris, deux établissements; d’autres à Nice, Montpellier, Lyon, Lille, Bordeaux. Monsieur P. Delmas ayant fait usage lui-même, à Arcachon, de la cloche à air comprimé, eut l’idée de créer un établissement aérothérapique. Get établissement fonctionna à Longchamps en 1897, et à la mort de ce dernier, l'appareil, avec ses cloches, fut donné à l'Hôpital des Enfants, où, depuis son installation, il est dirigé par M. le Dr J. Delmas.
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