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APPRÉCIATION DES PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

Nous allons maintenant essayer de donner une courte appréciation des procédés opératoires que nous avons décrits.

Traitement médical. — Tes lavages antiseptiques de la vessie, les cathétérismes fréquents,la sonde à demeure peuvent donner des résultats excellents contre la cystite et les complications qui en dépendent, mais ces moyens sontimpuissants contre la cystocèle elle-même.

Les pessaires que l’on a employés et vantés, pour guérir la hernie vaginale de la vessie, ont à leur actif quelques sucès trop souvent passagers. Nombreux sont leurs inconvénients. Ils jouent le rôle de corps étrangers amenant l'irritation de la muqueuse vaginale et une leucorrhée abondante, ils exigent des soins dé propreté incompatibles souvent avec les habitudes de certaines malades peusoucieuses desrègles de l'hygiène.Un pessaire ne doit pas rester plus de huit mois en place : il en est qui restent oubliés des années dans le vagin ; les malades ne semblent se rappeler leur introduction que lejour où elles en souffrent, c’est-à-dire au moment où le pessaire a produit des ulcérations et même des

Ms fistules vaginales comme on en observe chaque année de trop fréquents exemples.

Nousavons eu en vue ici les pessaires leviers, mais ce sont surtout les pessaires à tige et les pessaires à ailettes qui sont passibles de ce reproche, car 1ls exercent une trop grande pression sur les parois vaginales.

Il est bien évident que si la vulve est trop large et le périnée détruit, les pessaires ne seront 1c1 d'aucune utilité puisqu'ils ne pourront tenir en place.

Episiorrhaphié et épisiopérinéorrhaphie. — Ce sont des procédés à rejeter complètement. Ils ne s'adressent pas du tout à l’affection et laissent même par la suite la cystocèle se frayer un passage au dehors par distension des grandes lèvres qui n’ont pas assez de force pour résister à la pression venue d’en haut. Ils sont incommodes et mal acceptés des malades encore jeunes, chez lesquelles tout rapprochement sexuel est devenu impossible ; de plus,il ne sont pas sans danger ; la vessie peut venir s’étrangler dans l’un des deux pertuis laissés à la partie supérieure et inférieure de la vulve.

Périnéorrhaphie et colpopérinéorrhaphie. — Ces deux opérations ont l'avantage de s’adresser à une des cause fréquentes de cystocèle, On devra y avoir recours chaque fois que la vulve est trop large et que le périnée est absent. La périnéorrhaphie ne sera que le complément d’une autre opération.

Opérations pratiquées sur la paroi antérieure du vagin. — Ici on a au moins le mérite de s'adresser

Ag

à l'affection elle-même, mais il faut proscrire les caustiques qui dépassent souvent le but proposé, la striction mécanique et l’écrasement pour les mêmes raisons, car on agit en aveugle, on risque de comprendre dans les tissus que l’on veut enlever une partie de la vessie, ce qui donne lieu à des fistules et à de graves complications.

La colporrhaphie antérieure est préférable, on voit mieux ce que l’on fait, surtout si l'on a la précaution de mettre un doigt dans la vessie, mais souvent cette opération laisse la cystocèlese reproduire par distension de la paroi vaginalet, rès souple et très lâche.

Colpocystorrhaphie. — Le procédé de Byford n’est pas d’une exécution facile, de plus 1l est dangereux, car on ne voit pas assez ce que l’on fait.

Opérations sur la paroi antérieure du vagin, l’utérus el la vessie. — Mackenrodt, Villa et Aubeau ont ce grand avantage de choisir pour opérer la voie vaginale qui est sans danger. De plus, leurs procédés sont excellents, car ils s’adressent à l’affection elle-même {hernie vaginale) et en empêchent le retour en fournissant à la vessie un point fixe qui est la face antérieure de l’utérus; mais quand il y a prolapsus utérin, ils ne sauraient être employés sans hystéropexie préalable.

Le procédé de Gersung ne nous paraît pas bien pratique.

Quant au procédé de Delbet, il ne s'applique qu’à des cas restreints, ceux où l’hystérectomie est néces-

saire.

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