SARA
La cystopeæie. — Nous empruntons à M. Thévenot ses conclusions sur la cystopexie,conclusions qu’il a publiées dans la Semaine gynécologique du 14 juin 1898.
Le petit nombre d’observations ne permet pas de se faire une opinion exacte de la valeur de ces différentes méthodes. La voie extra-péritonéale paraît inférieure à la voie péritonéale. Il est en effet très difficile d’obtenir dans le tissu cellulaire rétro-pubien des adhérences cicatricielles aussi solides que les adhérences péritonéales.
D'autre part, on n'agit que sur la face antérieure de la vessie. On doit avoir de la peine, s’il n'y a pas en même temps fixation de l'utérus, à maintenir réduite la cystocèle, qui réclame surtout une traction sur la face postérieure de la vessie.
La voie intra-péritonéale permet d'élever davantage la vessie et surtout de placer les fils sur une plus grande étendue. Cette manœuvre est beaucoup favorisée par l'introduction d’un corps étranger dans la vessie. Le doigt intra-vésical vient butter contre la face postérieure de cet organe, et lorsqu'on le fléchit pour l’amener dans les lèvres de l’incision abdominale, on applique contre le péritoine pariétal, non seulement le sommet de la vessie, mais toute la partie de la face postérieure située au-dessus du point que le doigt est venu heurter. Il en résulte, comme nous avons pu nous en rendre compte, soit à l'’amphithéâtre, soit dans les opérations auxquelles nous avons assisté (Thévenot), que dans une vessie ainsi fixée le point culminant répond, non pas au sommet de la vessie, mais à un point situé plus ou moins loin sur sa face postérieure.
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Cette méthode a sans doute un inconvénient, c'est de nécessiter la dilatation de l'urètre. L’urètre revient vite sur lui-même, à ce point que le deuxième jour les malades souvent ne perdent plus leurs urines; et ce qu'il y a lieu de redouter, ce n’est pas l’incontinence d'urine mais l'infection possible de la vessie.
Ces inconvémients sont compensés par des avantages sérieux.
Nous avons vu que la vessie se trouvait portée en bonne position au moment du passage des fils. Il est vrai que rien n’est plus facile que de saisir la vessie dans la cavité péritonéale soit avec des pinces, soit mieux avec les doigts et de venir l’étaler derrière l’incision de la paroi abdominale. D'autre part, le doigt dans la vessie permet de faire un toucher bi-manuel (un doigt intra-vésical, un doigt intra-péritonéal) et d'apprécier ainsi l'épaisseur des parois vésicales, ce qui est un renseignement des plus précieux.
Enfin, grâce à lui, nous suivons la marche de l'aiguille dans l’intérieur des parois vésicales et nous ne craignons pas dé voir la pointe s’égarer dans la cavité vésicale. Ces renseignements ne peuvent être fournis que par le doigt et cela ne nous permet pas de le remplacer par une tige rigide quelconque, un gros hystéromètre, par exemple, pénétrant dans la vessie sans nécessiter la dilatation de l'urètre. De plus, le doigt donne des renseignements sur les rapports anormanx qui existent entre l’utérus et la vessie (Condamin).
Enfin, l'emploi des aiguilles broches, qui sont d'un emploi plus facile, est aussi à considérer.
Les observations sont encore trop peu nombreuses
MAT en et trop récentes pour que l’on puisse juger de la question d’une façon presque définitive. Les résultats immédiats ont été excellents. Tuffier déclare cette opération logique, inoffensive et efficace. Les quelques cas que nous avons pu observer dans la clinique de M. Laroyenne confirment cette opinion (Thévenot).
Malgré la dilatation de l’urètre, les malades ne perdent guère leurs urines plus de vingt-quatre heures et il faut ensuite les cathéteriser. Elles ont eu pendant quelques jours des besoins fréquents d’uriner, dus à l'irritation causée par le doigt dans l’intérieur de la vessie et qui ont rapidement disparu à l’aide de lavages au nitrate d'argent. La miction redevient alors normale. Il faut encore quelques années pour savoir ce que deviendront les opérées : mais le succès des tentatives doit encourager les chirurgiens dans la cystopexie.
En tout cas, dans l'examen de ces résultats, 1l y a lieu de distinguer deux cas : ceux où la cystopexie a été pratiquée seule et ceux où elle accompagne l’hystéropexie. Cette dernière opération contribue puissamment à fixer la paroi postérieure de la vessie, et suffit souvent à réduire la cystocèle sans que la cystopexie soit nécessaire. On doit donc s’attendre à obtenir bien plus facilement une réduction parfaite du prolapsus vésical, si les deux opérations sont pratiquées simultanément.
On ne peut absolument pas se prononcer sur le dernier procédé employé par M. le professeur Laroyenne : tout porte à croire que cette fixation de la partie postérieure de la vessie à la paroi antérieure de l'utérus doit contribuer puissamment à la réduction de la cystocèle.
Re | Miel. à
Quant au procédé de Lowson, bien qu'il ait donné des succès à son auteur, nous ne croyons pas que ces succès soient durables, car le péritoine se laissera fatalement distendre à la longue et, avec sa distension, réapparaîtra la cystocèle vaginale.