OBSERVATION III
V...,31 ans, économe et commissaire du bord, est atteint d'une diarrhée chronique, contractée lors d’un séjour antérieur
dans un pays intertropical. Il se plaint, en outre, d'une pesan-
Deer CN
teur de l'épigastre, après les repas, de bouffées de chaleur, de palpitations cardiaques. Le matin en se levant, il a souvent la bouche amère et pâteuse, sans aucun autre signe d’éthylisme. Sans être fort buveur, il ne manque jamais son apéritif (Pernod, Angustura) avant chaque repas. Il a des éructations d'une odeur butyrique et l'habitude de cracher après les repas. L’appétit est diminué, mais le malade fait effort pour sauvegarder à ses propres yeux sa réputation de gros mangeur, ce qui l'amène souvent à vomir copieusement une heure après. En somme, il présente aussi cette anorexie, symptôme commun à la plupart des dyspeptiques et permettant d’exclure d'emblée l’hyperchlorhydrie.
Mon traitement opiacé arrête sa diarrhée, mais le bicarbonate de soude à faible dose (0,50 cg. en cachets) n’améliore pas notablement son état stomacal. Je persuade alors au malade de renoncer pour un temps à ses habitudes alcooliques et gastronomiques, à se soumettre à la diète lactée, mitigée par du bouillon et des fruits doux {oranges, sapotilles, mangos). Le malade ayant suivi ce régime pendant trois jours s'est déclaré suffisamment soulagé pour reprendre son régime habituel.
Cependant, je lui ai conseillé de s'abstenir de toute viande pendant quinze jours et de remplacer le vin par du lait additionné d’eau de Vichy, de reprendre la diète exclusive dès la réapparition de son vomissement. Le succès de cette médication fut très manifeste à chaque retour de ce symptôme, de plus en plus rare.