‹ Contribution à l'Étude du Traitement de la Leucémie lymphoïde par les transfusions sanguines simplesChapitre 10 sur 22 · CORRE LENS · texte numérisé non relu

CORRE LENS

Temps de coagulation : 15 minutes.

Légère élévation thermique autour de 38°.

— Le 26 janvier : survient une épistaxis abondante, qui débute à 6 heures du matin. Le pouls s'accélère, et l'on décide de faire une transfusion sanguine, Un donneur universel fournit 150 gr. de sang. |

Notons dès maintenant que toutes les transfusions faites à

ce malade ont été de bras à bras, sans adjonction d'anticoagu-

lant. Elles ont été de sang de groupe O0 (IV) et chacune de 150 gr., sauf mention spéciale, pendant le premier séjour du malade.

Le malade est du groupe « Donneur Universe! » (O, IV). € Rhésus Positif. »

La première transfusion est marquée par un léger « shock » , quelques frissons, lombalgies, un peu de pâleur, qui s’amendent ensuite,

Le 27 janvier, deuxième transfusion de 150 cc.

On observe cette fois-ci un « shock » plus marqué que le précédent. D'ailleurs l'état général depuis trois jours s’altère, les gingivorragies ont repris, l’épistaxis persiste. Le malade est adynamique, d’une pâleur cireuse, semblant « saigné à blanc »

et le pronostic immédiat inspire de frès vives inquiétudes.

Une nouvelle formule sanguine montre Hématies : 3.450.000. | Leucocytes : 400.000.

(Plusieurs ponctions sternales ont été faites, à quatre reprises différentes pendant les séjours qu malade à l'hôpital, mais aucune n'a pu ramener de moelle.)

Une troisième et une quatrième transfusions sont faites le 29 et le 31

Le 31 janvier le malade se sent mieux.

Des céphalées ainsi qu’une sensation de froid qui existaient les jours précédents ont disparu,

Pas de troubles de la vision.

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La température est à la normale.

(Pour éviter des complications infectieuses, on a fait, depuis le 25 janvier, 800.000 unités de pénicilline par jour, et l’on continuera jusqu’au 7 février, soit treize jours en tout.)

Il persiste, mais de façon plus modérée

— une épistaxis de la narine gauche;

— des gingivorragies ;

— une hématurie,

L'examen général montre à ce moment

— La disparition progressive des taches purpuriques. Il persiste au niveau des membres inférieurs des taches brunâtres, ainsi

que sur la paroi antérieure de l'abdomen;

— Les adénopathies ne semblent pas avoir augmenté de volume, leur siège est identique:

— La rate n’a pas grossi, mais elle s’est modifiée dans sa consistance. Elle est beaucoup plus dure, et l’on sent -nettement son bord antérieur qui s’abaisse largement à chaque inspiration;

— Le reste de l'examen est inchangé:

— Signalons enfin que la pâleur du malade persiste, et qu’il est assez somnolent.

Le 2 février :

22 les gingivorragies, l’épistaxis se sont arrêtées ;

—— les leucémides buccales ont disparu :

— amélioration de l’état général:

— persistance des hématuries.

Les 3 et 5 février : cinquième et sixième transfusions sanguines. d

Le 5 février : arrêt des hématuries.

Les 7, 9 et 11 février : septième, huitième et neuvième trans-

fusions.

Le 11 février : l'amélioration clinique est remarquable. Aucune tendance hémorragique ne sera plus à enregistrer jusqu'à la sortie du malade.

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Sept transfusions sont encore faites, la dernière de 200 gr. le 3 mars.

A cette date, le malade demande à quitter l'hôpital. L'examen

qui est fait alors montre : <

— La rate est largement palpable Sur quatre travers de doigt,

au-dessous du rebord ecostal. Son volume est donc inchangé;

— Les adénopathies sont dures, moswiles et indolores, et n'ont

pas augmenté de volume:

— Temps de saignement : 13 minutes.

Le malade quitte l'hôpital le 5 mars 1949 (et doit y revenir

régulièrement pour observation).

Il a reçu er tout quinze transfusions de 150 ec. et une de

200 ec., soit 2 litres 450 de sang frais.

Il n'a recu d'autre part, en plus des hémostatiques essayés au début et de la pénicilline déjà cités, qu'un traitement adjuvant de vitamines C et P ïintra-veineuses : une ampoule quotidienne de 0 gr. 50 de vitamine C pendant tout son premier séjour, et

quatre ampoules d'Esculoside par jour du 22. janvier au 7 février.

En résumé, ce malade qui est arrivé avec une leucémie lymphoïde typique, à forme extrêmement hémorragique à tel point que le pronostic immédiat semblait pendant les premiers jours désespéré à court terme, a vu une amélioration spectaculaire de son état général se produire dès qu’on a atteint le chiffre de 600 gr. de sang transfusé. Cette amélioration clinique a ensuite progressé de telle facon qu’on a pu lui permettre, un mois et demi après son entrée, de quitter l’hôpital.

Mais ce que nous venons d'exposer ne concerne que le syndrome hémorragique. Examinons done maintenant le syndrome « leucémique » proprement dit.

Voici les réponses successives qu'a données le laboratoire aux demande de numérations et de formules sanguines :

19 ())=— , Moyens Pro lym- Dates Hématies Leucocyt. Polynuel. monos Lymphos phocytes 19-1 3.775.000 150.000 4 7 84 28-1 3.450.000 400.000 74 5 86 ff

72 3.015.000 160.000 2,5 7 88 25 10-2 3.020.000 100.000 N4 Eos 3 10 80 3 142 2990000 98.000 NS E. 0,5 10 81,5

On peut constater que la formule sanguine n’a pour

ainsi dire pas varié pendant tout le séjour du malade.

Cependant les prolymphocytes présents dans le sang ont diminué, puis disparu.

Mais la numération nous montre :

1° un maintien à peu près constant du chiffre des hématies sans augmentation finale;

2° une diminution progressive du chiffre des leucocytes qui va de 400.000 le 28 janvier, à 112.000 le 28 février.

Ce fait mérite d'être retenu.

Voyons maintenant la suite de l'observation qui constitue le deuxième chapitre annoncé

Le malade revient le 22 mars à l'hôpital Tenon, pour une nouvelle poussée hémorragique.

Il est resté seize jours chez lui, tout traitement ayant été interrompu. (Il a cependant recu huit ampoules d'Hépagyl en injections sous-cutanées.)

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