‹ Contribution à l'Étude du Traitement de la Leucémie lymphoïde par les transfusions sanguines simplesChapitre 9 sur 22 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

L'observation que nous allons publier maintenant a été recueillie dans le service de Monsieur le Docteur CARRIÉ.

Elle se caractérise par deux chapitres chronologiques distincts

. 1° celui du premier séjour du malade à l’hôpital,

- pendant lequel nous verrons son état réagir très nettement à la thérapeutique, tant du point de vue hémorragique que du point de vue leucémique;

2° celui du deuxième séjour à l’hôpital, après une interruption de traitement de seize jours. Cette deuxième période sera marquée par une action moins com: plète du traitement transfusionnel qui se contentera cette fois d'empêcher une aggravation de l’allure déjà très inquiétante de ia maladie.

Monsieur C..., âgé de cinquante-cinq ans, ouvrier spécialisé en métallurgie, entre à l'hôpital le 18 janvier 1949, pour purpura,

Il n’a jamais présenté aucun trouble pathologique jusqu'au 1 décembre 1948. A cette date a débuté une certaine asthénie qui a été attribuée à une bronchite survenue en même femps, et se caractérisant par de la toux et une expectoration banale, Pas de fièvre.

Cette bronchite a traîné. Au bout d'un mois (le 9 janvier

exactement), apparaissent des gingivorragies

EU

— d'abord intermittentes et provoquées par les minimes traumatismes locaux (brossage des dents, matiseation) ;

— puis bientôt continues.

Le 11 janvier survient une. épistaris.

ee Et l’état général s’altère. L'asthénie devient très marquée mais 5 #0 ne s'accompagne à aucun moment d’élévation thermique.

À Le, malade signale quelques poussées de prurit.

1 Enfin apparaît un purpura généralisé qui le décide à se faire EN hospitaliser.

De” Dans ses antécédents, on ne retrouve rien à signaler, aucune La s * Æ : Fa étiologie personnelle ou familiale n'est à retenir pour son pur- EX. pura. ?

k I1 n’a jamais été malade avant le 1#* décembre, date à laquelle ES? il a cessé son travail.

È Aucun contact ancien ou récent avec le benzol.

do A son entrée, le malade se plaint ; SP

L d — de céphalée légère, sans troubles oculaires ni auditifs: Ni:

A — de toux peu intense, avec légère expectoration teintée de F , sang par les gingivorragies.

4 A noter de la constipation, des selles normales.

pe Les urines sont sanglantes.

Etat général : asthénie marquée. Pas de fièvre : température à 37°.

Tension artérielle : 146 1/2.

Cœur eliniquement normal.

L'examen montre le 18 janvier 1949

1° Un purpura généralisé :

— fait de pétéchies, ecchymoses, bosses sanguines ;

— disséminé sur tout le corps: |

— prédominant au niveau des jambes où l’on note des taches

de pigmentations différentes, témoins de plusieurs poussées purpuriques.

au existe un halo hémorragique au niveau des simples points de piqûre des injections intra-veineuses. Quant aux intra-muscu- Jaires et Sous-cutanées, elles provoquent à chaque fois de véritables hématomes Saignant pendant plusieurs heures.

Le signe du lacet est extrêmement pasttie:

2° Une polyaténopainie

— au niveau des chaînes trapézienne, jugulaire, axillaire, épitrochléenne, inguinale (lus développée à droite). dx

Ces adénopathies sont faites de ganglions ‘durs, irréguliers,

sans péri-adénite, mobiles, indolores, de grosseur variable : en

règle du volume d’une grosse noisette.

On peut constater en outre leur asymétrie de distribution et l'irrégularité de leur volume dans la même chaîne ganglionnaire. 3° Une splénomégalie :

3e percutable sur 10 centimètres environ;

— palpable : le bord antér.eur de la rate débordant le rebord costal de 5 centimètres environ:

— non douloureuse, lisse, bien mobile. .

Pas d’hépatomégalie.

Aucune circulation collntérale. s: 6

4° Un syndrome hémorrisique :

— important, se traduisant par des gingivorragies abondantes ; — entraînant une fétidité de l’haleine;

— quelques épistaxis ;

—une hématurie abondante;

— pas de melœna.

Le reste de l'examen permet de découvrir

— sur la face interne de la joue gauche : une leucémide de

la taille d’un petit pois ;

— et sur la joue droite une petite leucémide de 4-millimètres %

environ de diamètre. Fond d'œil normal.

L'examen neurologique ne montre rien d'anormal : les réflexes

tendineux existent, vifs aux membres inférieurs, normaux aux membres supérieurs, :

La force musculaire est intacte. :

Pas nn signe d'Argyll-Robertson; pas de signe de Babinski.

Ni sucre ni albumine dans les urines. (Présence de sang.)

En résumé, le purpura et le syndrome hémorragique, la polyadénopathie, la splénomégalie, les signes cutanéo-muqueux, Sont ceux d’une leucémie lymphoïde à forme hémorragique, et la preuve en est apportée par la formule sanguine, qui montre :

Hématies : 3.778.000.

Leucocytes : 150.000.

- Dont le pourcentage est

PolVnuClEaÎ res RE ET EE Movens MONO ne. Re ceemranre RER UN LYINPHOCVIES SE SNS Re strate tele 84 Prolymphocyies TT ME te ANUS Te dents 5

Plaquettes : 50.000.

Très nombreuses ombres de Gumprecht.

Mais nous devons insister ici sur le fait que l'allure clinique de la maladie était tout à fait celle d'une leucémie aiguë. Et c'est pourquoi l’on n’a pas osé recourir à la radiothérapie, étant donné

les aggravations que l’on a pu observer après son application dans de pareils cas.

Et d'autre part nous avons, pour des raisons analogues, rejeté , l'usage de l’uréthane dans ce cas où il semblait particulièrement contre-indiqué.

Dans les jours suivants, on note

— Le 24 janvier : diminution nette du purpura et cessation des gingivorragies, sous l'influence semble-t-il des hémostatiques que l’on administre (hémocoagulène, vitamine C intra-veineuse 0 gr. 50 par jour).

Mais persistance des hématuries.

Temps de saignement : 23 minutes.

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