TARN
Dans les appareils actuellement en usage en électrothérapie, la fréquence peut varier entre trois cent mille et trois à quatre millions d’oscillations par seconde. -
Schématiquement, un appareil de haute fréquence se compose d’une source électrique donnant une différence de potentiel assez élevée, d’une étincelle jaillissant à un éclateur, d’un condensateur et d’un solénoïde, ou fil conducteur enroulé sur lui-même. Chaque fois qu’une étincelle électrique éclatera, les charges électriques des deux faces du condensateur subiront, grâce au solénoïde une série d’oscillations successives avant d'arriver à l’état d'équilibre.
Pour la révulsion, on utilise les phénomènes de résonance des courants de haute fréquence, phénomènes surtout étudiés en France par le Docteur Oudin, inventeur du résonateur qui porte son nom.
Un résonateur repose sur le principe suivant :
Un conducteur isolé forme un système susceptible de vibrer électriquement. Si ce résonateur est mis en relation avec le solénoïde et s’il présente la même période que lui, il deviendra le siège de phénomènes de résonance ou autrement dit, il s’y développera des courants alternatifs d’une tension très élevée qui se traduiront par l’apparition de brillantes aigrettes à son extrémité libre (Zimmern et Turchini).
Dans le résonateur d'Oudin, les deux circuits sont enroulés l’un à la suite de l’autre sur une bobine verticale. Le solénoïde inférieur est relié par son extrémité libre à l’armature externe de l’un des condensa-
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teurs et l’armature externe du second condensateur peut être mise en communication, au moyen d’un curseur, avec les spires successives de l’enroulement. Le simple glissement de ce curseur permet de faire varier le nombre de tours de spires placées dans le circuit de la source de façon à modifier le circuit de la source de façon à modifier l’accord et à doser le courant. Le résonateur peut donner des effluves ou des étincelles. Les applications peuvent être locales ou générales. Pour le traitement des sciatiques, on se sert des applications locales.
La technique la plus simple, pour obtenir cette révulsion, consiste dans l’emploi de l’électrode condensatrice de Oudin. e
Cette électrode formée par une tige conductrice entourée d’un manchon de verre et tenue par un manche isolant, est reliée à l'extrémité du résonateur. Ce manchon de verre détermine un mauvais contact entre la tige et la peau, et quand l’électrode est promenée sur les téguments, il en part une quantité d’étincelles minuscules qui permettent d’analgésier une région, de la faire se congestionner et d’y déterminer une révulsion intense dont les effets se continuent longtemps après l’application. Cette révulsion, facilement supportée par nos nerfs sensitifs, n’altère pas les téguments et peut être renouvelée aussi fréquemment que l’on veut.
Grâce au grand nombre d’effluves, un courant de grande densité traverse la région traitée ; les effets analgésiques sont portés au maximum et suivant le réglage de l’appareil, il se produit plus ou moins de
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chaleur avec une action révulsive plus ou moins grande. CU I
Bissérié a rendu cette électrode réglabe en dérivant tout ou partie du courant dans le sol par l’intermédiaire du corps de l’opérateur. Cela permet de commencer l’application avec un courant nul et de l’augmenter progressivement selon la susceptibilité du patient.
L’emploi de cette électrode à manchon de verre est préférable à l'emploi d’une électrode métallique nue qui donne une révulsion intense; Oudin a démontré, en effet, que l'étincelle arrache des particules métalliques de l’électrode et peut les incruster sur les téguments. Elle provoque de minuscules hémorragies capillaires au point frappé, et si son application se prolonge quelque temps, elle détermine des phlyctènes et des escarifications dûes uniquement à la chaleur, car elle n’a pas d’action chimique.
Action des effluves de Haute Fréquence. — L'action sédative des effluves de Haute Fréquence n’est pas une action spéciale à cette méthode révulsive. Sa supériorité sur les autres procédés de révulsion, c’est d’avoir un effet révulsif considérable tout en respectant l’intégrité des téguments et de pouvoir être ainsi souvent renouvelés.
Les effets vaso-moteurs sont extrêmement énergiques. Il y a d’abord vaso- constriction, puis après un temps variable, survient au même:point une tache érythémateuse dûe à une vaso-dilatation paralytique consécutive.
Pro
Ï1 y a excitation des terminaisons nerveuses superfi-
cielles non atteintes par le processus névralgique, en
vue d’une action indirecte sur le tronc nerveux, siège de l'affection.
Cette excitation est très intense; elle ne cesse pas avec l’application, maïs elle lui survit pendant plusieurs heures. Cette surexcitabilité persistante des nerfs sensitifs de la peau aurait été, d’après Delherm et Laquerrière, démontrée récemment par des expériences précises, faites par Buchenow et Heidenhein, au moyen de décharges de condensateurs avant et après les applications. Pour nous résumer, l’effluvation de Haute Fréquence, à côté de son action révulsive, analgésique comme toute révulsion, possède une action trophique réelle, qui joue un rôle probable dans l’évolution même dela sciatique.
Pour certains auteurs les applications de Haute Fréquence sont contre-indiquées à la période aiguë des sciatiques parce que à cette période, il y a hypéresthésie cutanée dont la distribution répond au trajet du nerf. Cette hypéresthésie est parfois tellement marquée que le plus léger contact provoque de vives souffrances. Elle indique que les terminaisons des nerfs sensitifs sont touchés par la névralgie. C’est pour cela que le but visé par la révulsion ne pourrait, d’après ces auteurs, être atteint.
Personnellement, comme en témoignent quelques observations que nous rapporterons ici, il nous semble que la révulsion peut être instituée avec profit à la période aigué.
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Parfois la révulsion par la Haute Fréquence déclanche des crises douloureuses, même s’il n’y a pas d’hypéresthésie cutanée. C’est pour cela que certains auteurs conseillent d’enduire la peau de vaseline pour que les effets révulsifs soient uniquement superficiels et n’aillent pas dans la profondeur des tissus.
Ces considérations étant faites, nou pouvons dire que les sciatiques rhumatismales ne sont pas seulement rapidement atténuées ; elles semblent, dans beaucoup de cas, définitivement guéries ainsi qu’en témoignent les observations que nous rapporterons dans le dernier chapitre de ce travail.
Technique pour obtenir la révulsion de haute fréquence
C’est la technique employée par les Docteurs G. Ronneaux et H. Desgrez.
Les malades peuvent être traités par la révulsion de haute fréquence de deux façons différentes :
1° Le malade est assis à côté du résonateur de Oudin sans être relié à celui-ci. L'opérateur tient à la main le manche isolant de l’électrode condensatrice main le manche isolant de l’électrode condensative de de Oudin relié à l’extrémité supérieure du résonateur, et promène l’électrode sur la région douloureuse recouverte de la chemise et d’une flanelle. Les étincelles. jaillissent donc à travers deux épaisseurs de tissu. Elles seront d’autant plus fortes que les tissus seront plus épais. ;
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2° Le malade est traité en deux temps :
a) Il est relié à l’extrémité inférieure du résona-
teur et effluvé par un balai relié à l'extrémité supé-
rieure de ce résonateur; il est effluvé par l'opérateur, le long du nerf sciatique ét sur la région lombaire pendant dix minutes ou un quart d'heure,
b) Dans un deuxième temps, le malade est relié à la partie supérieure du résonateur et l’opérateur promène sur la région où doit s’exercer l'effet révulsif, c’est-à-dire sur la région lombaire et les régions douloureuses, une électrode à vide de Mac-Intyre qu’il tient directement à pleine main, et qu’il promène plus ou moins longuement, suivant la sensibilité du malade, sur les téguments à étinceler, recouverts ou non d’une ou deux épaisseurs de vêtement. Après quatre à cinq minutes, on termine par un étincelage plus accentué qui constitue une véritable friction de haute fréquence, en remplaçant l’électrode par un tampon de tissu métallique souple qui donne des étincelles beaucoup plus brutales et plus violentes que lélectrode à vide dont les étincelles sont plus ténues et plus courtes. C’est cette friction, plus pénible pour le malade, doit être faite pendant quelques instants seulement, mais elle a le gros avantage de faire une révulsion particulièrement. énergique. Les résultats chtenus dépendent de la tolérance du malade. Plus le malade supportera une grande intensité et une longue durée d’étincelage, plus les chances des succès théra-
peutiques seront grandes.