‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Névralgie sciatique par les Agents physiquesChapitre 30 sur 45 · RAS · texte numérisé non relu

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Les séances seront d’abord quotidiennes, puis trihebdomadaires. L’intensité que nous utilisons varie de 10 à 12 milliampères. La durée des séances est d'environ 20 minutes; chaque série comporte 12 à 15 séances.

La principale indication du courant galvanique est

dans les névralgies graves et rebelles, accompagnées

d’atrophie musculaire ou de modification des réflexes. Au bout d’un certain nombre de séances, il se produit déjà une amélioration marquée portant surtout sur le symptôme douleur. Avec les applications, cette amélioration se confirme et s'accroît, puis au bout d’un certain temps variable avec la gravité de la névralgie, on assiste au retour des réflexes et à l’augmentation du volume des muscles.

Il peut arriver que dans les névralgies très anciennes ou très graves, l’amélioration tarde à se produire. I1 faut savoir insister. On pourra d’ailleurs associer la diathermie au courant galvanique.

Par prudence on continue le traitement pendant quelques semaines sous la forme de séances plus courtes et progressivement espacées, après la cessation des douleurs. Delherm et Laquerrière vont même plus loin. Ils font faire tous les mois d’abord, tous les ans ensuite, des cures préventives de facon à empêcher le retour de la névralgie, avec des intensités beaucoup plus grandes (40 milliampères par exemple). Chacune de ces cures dure trois semaines.

L’addition de l'ion médicamenteux dans les sciati- | ques est actuellement préconisé par la plupart des

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auteurs-et des cas de guérison par l’ionothérapie ont été signalés, dans lesquels le courant continu, appliqué suivant une intensité convenable et pendant un temps assez long, était demeuré sans résultat.

La méthode de l’ionisation repose sur le phénomène de l’électrolyse des solutions salines. Il suffira de placer l’ion, qu’on veut faire pénétrer dans l’organisme, dans le circuit, de façon qu’il soit dans le bon sens par rapport au courant; les métaux et les alcaloïdes seront à l’électrode positive, les métalloïdes et les radicaux acides seront à l’électrode négative.

On a démontré que l’ionisation médicamenteuse ne peut transporter les ions thérapeutiques que dans les couches profondes de la peau. Mais le médicament, après s’être emmagasiné dans la peau, diffuse ultérieurement d’une façon lente et continue vers la profondeur, puis ensuite est repris par la circulation générale et est éliminé par les urines. Cest en cherchant à établir la réalité de la pénétration des ions dans l'organisme que les premiers expérimentateurs s’attachèrent à retrouver dans les urines les produits qu’ils avaient introduit par l’électrolyse.

Labatut pratiqua pendant 4 jours, sur un sujet, une application d’ionisation avec une solution lithinée : intensité 4 milliampères, durée 1/2 heure. Chaque jour il procéda à l’analyse spectrale des urines afin d'y découvrir la raie caractéristique du lithium et il est arrivé aux conclusions suivantes :

1° 11 y a transport du lithium dans l’organisme, à travers la peau.

2° L’élimination du lithium n’est pas immédiate, mais se fait dans un rythme notablement retardé.

3° Cette élimination n’est complète que quelques jours après la cessation des séances.

Bergonié et d’autres expérimentateurs ont abouti aux mêmes conclusions, et Bourguignon et Conduché sont allés même, à la suite d'expériences rigoureuses et d'analyses précises avec une solution médicamenteuse, à doser la quantité de médicament employé après chaque séance d’ionisation, la quantité absorbée par l'organisme et celle éliminée par les urines.

C’est sur tous ces travaux que sont basés la thérapeutique et la technique de l’ionisation médicamenteuse. En connaissant les propriétés des divers médicaments, on pourra introduire dans l'organisme celui qu'on jugera le plus efficace pour guérir la maladie qu’on veut traiter.

Pour les sciatiques nous nous servons de l’ion salicyle en ionisant le salicylate de soude, du calcium que nous employons sous forme de chlorure de calcium, et de l’iode en ionisant une solution d’iodure de potassium, nous conformant, du reste, aux indications du docteur Bourguignon.

On peut opérer aussi une ionisation double en mettant par exemple le salicylate de soude au pôle — et le chlorure de calcium au pôle +; de même, avec le chlorure de calcium au pôle +, on peut mettre l’iode au pôle —. Cette méthode a un grand avantage puisque le malade profite d’un double bénéfice, les médicaments ajoutant leurs actions.

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La technique est également la même que celle utilisée en galvanisation ordinaire; seule la question des. électrodes est à retenir parce qu’elle prend en ionisation un importance particulière.

Les électrodes seront constituées par des plaques métalliques recouvertes de huit à seize épaisseurs de

tissu hydrophile ou de-compresses de tissu. Ces compresses, qui doivent être toujours les mêmes.

pour chaque solution, sont trempées l’une dans une solution de KI à 1 %, l’autre dans une solution de chlorure de calcium à 1 %. Après les avoir exprimées, la compresse de KI sera placée au pôle positif, celle imbibée de chlorure de calcimu sera au pôle négatif. ê

On applique les électrodes sur la région douloureuse, et en nous confirmant aux règles de la technique galvanique, on évite les brûlures du courant continu, qui d’une façon générale ne résultent que d’une faute: de technique.

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Les moyens thermiques ont aussi leur valeur dans les sciatiques tronculaires et dans les cas légers de sciatique funiculaire. On peut se servir de tissus chauffants, de compresses chauffantes électriques, de douches d’air chaud. Les bains de lumière en boîte, les Infra-Rouges en séances quotidiennes d’une heure et plus de durée peuvent exercer une action sédative

très appréciée des malades.

Ces moyens réalisent un mode de thermothérapie où la propagation de la chaleur se fait par conductibilité. Ils réalisent une hyperthermie active de la ré-

-gion traitée, produisent une stimulation des glandes

sudoripares, mais leur action n’est pas profonde. Ils

peuvent guérir. une sciatique simple, bénigne, mais

peuvent surtout être utiles à la période aiguë des sciatiques où chez certains malades l’hypérestésie est tellement marquée et où les douleurs sont si facilement exacerbées par-le moindre contact, qu’il est impossible de faire aucun autre traitement.

Quand on veut une action calorifique profonde, on a recours à la diathermie. C’est un mode spécial d’uti-

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liser les courants de haute fréquence et qui a été signalé par d’Arsonval en 1895. Ces courants, en circulant dans l’organisme entre deux électrodes placées au contact des téguments, produisent des effets calorifiques. Mais alors que les autres modes produisent de la chaleur par conductibilité, la chaleur étant transmise à l’organisme par couches successives, ici elle est endogène, c’est-à-dire qu’elle est fabriquée par les molécules elles-mêmes du sujet, suivant la loi de Joule.

Quand un électrolyte comme le corps humain est traversé par un courant électrique, il oppose au passage du courant une certaine résistance. Il en résulte une. élévation de température proportionnelle à la résistance éprouvée R, au carré de l’intensité du courant et au temps pendant lequel le courant passe.

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Par cette chaleur endogène, la diathermie est sédative, mais à ces propriétés sédatives elle joint une action trophique qui résulte des modifications circulatoires apportées dans la profondeur des tissus et Jusque dans l’intimité des nerfs malades, par l’augmentation de température.

Tout appareil de haute fréquence peut être utilisé; mais il est plus commode d’avoir un appareil construit spécialement pour cet usage. Dans cet appareil, la longueur de l’étincelle sera réduite le plus possible; en prendra un gros solénoïde et au besoin même, au lieu de brancher les deux électrodes aux deux extrémités de ce solénoïde, on utilisera seulement une déri-

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vation prise sur quelques tours de ‘spires. Il y a, en effet, intérêt à prendre un voltage faible.

Les électrodes peuvent être en argile, en étain nu ou recouvert de tissu hydrophile. Elles doivent pouvoir bien se mouler sur les téguments et présenter une surface bien lisse pour éviter la production d’étincelles et par conséquent les brûlures. Delherm et Laquerrière ont fait construire des électrodes composées d’une toile métallique très fine et très souple en contact avec la surface cutanée, ce qui s’oppose à la production d’étincelles, et d’un épais matelas de tissu hydrophile mouillé placé au-dessus, ce qui humidifie la peau.

Suivant le siège de la lésion causdâle et le siège de la lésion maxima, on placera l’une des électrodes à la région lombaire ou à la fesse, l’autre à la cuisse ou au mollet. Kowarschik recommande le procédé à trois électrodes : une médiane appliquée au-dessus du genou et deux autres relieés au même fil, l’une sous la fesse ou au niveau du sacrum, l’autre en forme de bracelet au-dessus de la région tibio-tarsienne. Elles sont solidement fixées soit par des bandes Velpeau, soit par la poire à air deBelot. On fait passer progressivement l'intensité maxima supportable par le malade. C’est en effet le patient qui doit guider le médecin. À aucun moment il ne doit éprouver la sensation de brûlure. L’intensité variera de 600 à 1200 milliampères suivant la surface de section des portions des membres traversées par le courant. Les séances dure-

ront en moyenne une demi-heure et seront répétées à raison de deux ou trois par semaine.

Si pendant la séance, comme la chose se produit fréquemment, des douleurs plus ou moins violentes s’éveillent, on interrompra et on réduira l'intensité au minimum, et si pareil fait se reproduit à trois ou quatre applications consécutives on suspendra ce procédé de traitement. Quelques auteurs tels que Bordier, voient dans pareille exacerbation, l’indice d’une séda- - tion prochaine; d’autres voient au contraire, une contre-indication de la diathermie qui aurait eu pour résultat de rendre le nerf plus sensible au courant diathermique. On ne peut discuter ces deux thèses, car si au bout de deux ou trois séances de diathermie le malade a senti la douleur s’exarcerber, il est difficile de lui faire accepter quelques autres séances.

Il est indiscutable, quelques cas mis à part, que la diathermie exerce une action sédative manifeste et même‘amène aussi à des guérisons complètes, comme nous pourrons le prouver avec les quelques observations qui vont suivre.

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