‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Névralgie sciatique par les Agents physiquesChapitre 29 sur 45 · COURANT GALVANIQUE · texte numérisé non relu

COURANT GALVANIQUE

L'emploi du courant galvanique, dans le traitement

des névralgies, fut préconisé par Remack, en 1856.

C’est un procédé des plus utiles qui mène dans nombre de cas, un soulagement assez rapide, et même dans des cas évoluant depuis plusieurs semaines ou davantage, exerce une action sédative au bout de quelques séances.

Le traitement est basé sur la vieille expérience de de l’électrotonus... |

En admettant une action similaire du courant sur les nerfs moteurs et sur les nerfs sensitifs, on considère le pôle positif comme calmant et déprimant, et le pôle négatif comme excitant et stimulant. Cependant, actuellement on considère les bons résultats de la galvanisation comme étant sous la dépendance des phénomènes électrolytiques.

Sous l'influence du passage du courant dans le tronc nerveux malade, il y aurait déplacement d'ions, et comme conséquence, modification de l’état d’excitation de ce tronc nerveux. Ce qui caractériserait le mode d'action du courant galvanique, c’est la pénétration en profondeur jusque dans l’intimité du nerf malade.

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Tandis que dans les méthodes révulsives, il y a seulement excitation des terminaisons nerveuses superficielles non atteintes par le processus névralgique en vue d’une action indirecte sur le tronc nerveux, siège de l’affection, ici, il y a influence directe sur l’excitabilité et sur l’état de nutrition de ce tronc nerveux par l'intermédiaire des phénomènes électrolytique.

On peut l’employer avec prudence à la phase aigüe de la sciatique, mais il faut savoir qu’il y a des cas où l’hyperesthésie cutanée est tellement marquée, et où les douleurs sont si faciles à exacerber, que le malade ne peut supporter que de faibles intensités, et même ne peut supporter le contact de l’électrode.

Le matériel nécessaire pour pratiquer la galvanisation comporte :

1° Une source de courant continu à courbe aussi rectiligne que possible : piles ou accumulateurs.

2 Un réducteur de potentiel susceptible de limiter exactement à la quantité voulue le débit de cette source.

3° Un milliampéremètre pour mesurer ce débit.

4° Une clef de courtade pour permettre de changer facilement, par une simple manœuvre, la polarité des électrodes. #

5° Des fils conducteurs du courant.

6° Des électrodes.

On dispose une cathode indifférente de grande surface (300 à 400 centimètres carrés) dans la région

eo

lombaire ou dans la fesse, pour couvrir largement les racines du nerf depuis leur émergence médullaire jusqu’à leur sortie par les trous de conjugaison. La deuxième électrode doit être placée sur les points où l’on atteint facilement les troncs et les branches du sciatique. En général on la met au mollet ou au cou-de-pied. On ferme alors le circuit et on manœuvre lentement et progressivement l’appareil de craduation. Si le malade accuse une douleur marquée en un point, ou si des phénomènes douloureux se manifestent malgré une intensité modérée, il y a lieu de chercher l’origine de l’intolérance. Cette intolérance pourrait provenir de l’épiderme par une éraillure, une écorchure ou un bouton. L’interposition d’un bout de papier sec, ou de préférence d’un papier huilé (Delherm et Laquerrière) sur la petite lésion, suffit pour la mettre à l’abri du passage du courant; elle pourrait provenir aussi de l’électrode qui peut être inégale-

ment mouillée, ou avoir des points trop près de la.

peau par suite d’un mauvais pliage de l’étoffe. On remettrait alors l’électrode dans des conditions satisfaisantes.

Une fois que l'intensité désirée est obtenue, on

laissera le courant passer, mais en surveillant le gal-

vanomètre, car l'intensité pourrait monter peu à peu sans qu’on augmente cependant la force électromotrice.

Le temps nécessaire écoulé, on diminue progressivement l'intensité du courant, on interrompt le circuit, on retire les électrodes, on essuie la peau et au besoin on la saupoudre de talc.

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